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La prévention de l'usure   (2009)

• Gilles Charmant •

• Musique composée par Jean-François Hoël

[© Texte : Cinezik] •

La prévention de l'usure

Autour de cette BO


Interview du réalisateur Gilles Charmant

Pourquoi avoir fait le choix d'une comédie musicale ?

Gilles Charmant : A l'époque j'avais commencé à en revoir beaucoup parce que je voulais montrer à ma fille, qui avait onze-douze ans, des comédies musicales américaines que j'avais bien aimé comme CHANTONS SOUS LA PLUIE, mais aussi les films de Jacques Demy, LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT, LES PARAPLUIES DE CHERBOURG...Je m'étais replongé dans le monde des comédies musicales et je me suis dis que ce serait bien d'en faire une en court-métrage parce qu'on en voit pas beaucoup. Je voulais en faire une qui soit un peu plus un hommage aux comédies musicales américaines, que ce soit vraiment des chansons qui soient très écrites et qui restent en mémoire, à la différence de pas mal de courts-métrages ou même de longs-métrages de comédies musicales françaises, qui viennent de la Nouvelle Vague et qui sont plutôt des dialogues chantés. Là on avait envie avec les musiciens d'écrire des petits tubes à chaque fois qui rentrent dans la tête.

Le chant, était-il un critère essentiel dans le choix des acteurs ?

G.C : Non, pas vraiment. Dès le début je me suis dis qu'on allait pas prendre des chanteurs qu'on allait faire jouer mais qu'on allait essayer de trouver des comédiens qui si possible devront savoir chanter. Ce n'était pas un critère très important. Je me fie un peu à mon instinct, je déteste faire des castings : en général, il faut que ce soit une première rencontre.
Les chansons n'étaient pas encore écrites à l'époque du casting, du choix des comédiens. Donc je les ai rencontré, on les a un peu filmés, les eux principaux en tout cas, et puis après il s'est avéré qu'ils chantaient bien, heureusement ils chantaient bien, ils avaient un instinct pour chanter.
Ce ne sont pas des chanteurs professionnels, donc il a fallu un peu les coatcher, faire pas mal de prises aux enregistrements. Et justement, ça donnait une certaine fragilité aussi dans leur jeu. Ils ne chantent pas complètement, parfaitement, naturellement, donc ça les rendait plus crédible.
Ce que je trouve toujours un peu difficile dans la comédie musicale, c'est que quand tout à coup les acteurs se mettent à chanter, si on n'aime pas trop la comédie musicale, c'est tout de suite dérangeant. C'est quelque chose qui est assez répandu. On sort de l'histoire, on arrive moins bien à s'identifier aux personnages dès qu'ils se mettent à chanter. Par contre si on arrive à bien intégrer ça dans l'histoire, si ça fait partie de l'histoire la chanson, ça marche mieux, et c'est ce que je me suis efforcé de faire.

La musique de ce court-métrage est très singulière...

G.C : Oui. j'ai écrit les paroles mais la musique a été écrite par Jean - François Hoël, qui est musicien dans une troupe qui s'appelle les Zig Zazou, qui vient du théâtre de rue et qui fait des spectacles musicaux - notamment le dernier qui s'appelle « brocante sonore » - mais dont les instruments de musique sont des objets du quotidien. « Brocante sonore » ça se passe dans une usine imaginaire, où les comédiens - les Zig-Zazou - font de la musique avec des perceuses... Et ça m'avait beaucoup plu, d'où l'idée ensuite de la séquence qui se passe dans une usine d'emballage d'aspirateurs où le personnage principal travaille. Ses collègues l'aident à prendre une décision importante dans sa vie en chantant, dans l'usine, en l'entraînant dans une espèce de danse et de chant un peu folle.

Interview réalisée par Floriane Jenard.

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