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Rize  (2005)

Wagram (12 septembre 2005) - 62:35 | Album


 

Les titres sont très pulsatifs avec des rythmes bien martelés et fusionnent parfaitement avec la danse. La musique est jouée essentiellement par des percussions et des tambours sur un rythme tribal très énergique proche de la transe.



[© Texte : Cinezik] •
Rize

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1.Flii Stylz / Rize w/dialogue snippet (3:55)
2.Flii Stylz & Tenashus / Break It On Down(Battlezone) (4:47)
3.Dizzee Rascal / Fix Up, Look Sharp (3:46)
4.Flii Stylz & Dap / Clownin`Out (2:52)
5.Flii Stylz / I Krump w/dialogue snippet (3:29)
6.Christina Aguilera / Soar (4:46)
7.The Edwin Hawkins Singers / Oh Happy Day (5:09)
8.Flii Stylz, Lil`C & Bloezart / Get Krumped (4:10)
9.Flii Stylz, Dap & Tenashus / Make You Dance (3:43)
10.Flii Stylz / Beaztly (3:15)
11.Dap & Planet Asia / Ready To Brawl (3:29)
12.Flii Stylz / Recognize (4:26)
13.Five Blind Boys Of Alabama / By And By (3:18)
14.The Caravans / Seek Ye The Lord (3:15)
15.Alice Ridley / Amazing Grace (3:26)
16.A&J Music Productions, Flii Stylz & Red Ronin / Rize Score Suite (4:44)

Nos articles sur cette BO

Un documentaire produit et réalisé entre 2002-2005 par David LaChapelle

Lancé par Andy Warhol, David LaChapelle est d’abord connu pour ses photos de stars bariolées (très retouchées !) et ses vidéoclips assez hots de Christina Aguilera ou Britney Spears. Fidèle aux principes du mouvement pop, il occupe une position assez ambigu dans la profession : un pied dans l’artistique l’autre dans le show-business… Il déclare lui-même aux groupes qui le réclame n’accepter de faire leurs vidéoclips que s’ils seront diffusés sur MTV ! Sur Rize, son premier long métrage, il a renoncé aux filtres et autres trucages en réalisant pendant trois ans ce documentaire brut, filmé le plus souvent caméra à l’épaule sans images accélérées, comme nous le précise un carton au début du film. Le film est dans l’ensemble très plaisant. On y suit la vie de Tommy le Clown, ancien dealer des ghettos du sud de Los Angeles qui a décidé de se reconvertir dans l’animation de quartier et les cours de danses hip hop. Il se balade dans la rue habillé en costume rouge et blanc, perruque arc-en-ciel et visage maquillé de blanc. Le succès est tel que son style devient un véritable mouvement auprès des jeunes. Le ballet du ghetto comme il le dit lui-même ! Le réalisateur filme l’exubérance de la communauté et alterne les sessions de Clown-Dancing avec l’interview des participants ; des jeunes gens vraiment doués qui se déhanchent au son du hip-hop, jambes secoués, postérieur en avant avec une frénésie proche parfois de la sauvagerie ! Le corps à corps est parfois brutal mais jamais agressif. Il s’agit en fait d’un mélange astucieux de danse tribale Africaine, de hip-hop et de stripper-dance (danse lascive) appelé le Krump… On y côtoie Tight Eyed, Dragon, Miss Prissy, Lil C, Lil Mama, Daisy, Cereal Man (!), La niña, El niño… tous des véritables passionnés qui ont appris la danse dans la rue sans suivre de cours particuliers… Il existe aussi des rivalités (fraternelle bien sûr) entre les groupes. Les Clowns et les Krumpers qui s’affrontent sur un ring, dans une salle gigantesque où chacun déploie tout son potentiel artistique afin de remporter la victoire. La danse, la musique et le déguisement sont combinés en un gigantesque show populaire, dans le même esprit que les matchs de catch à l’américaine !

La musique hip-hop occupe évidemment une place de choix. Les titres sont très pulsatifs avec des rythmes bien martelés et fusionnent parfaitement avec la danse. Une séquence clé est le morceau Rize Score Suite. Le réalisateur marque la filiation avec l’Afrique ancestrale en alternant des documents d’archives (Les danses traditionnelles des guerriers du Nouba) avec la Stripper-Dance, interprétée par les krumpers... La musique est jouée essentiellement par des percussions et des tambours sur un rythme tribal très énergique proche de la transe. On entend également quelques morceaux plus soul, comme Soar de Christina Aguilera que Lachapelle utilise comme illustration sonore pour marquer l’harmonie au sein du groupe. Un clan très ouvert puisqu’il est composé aussi bien d’enfants, "les juniors" que de "Poids Lourds" ! Il n’y a que des noirs mais LaChapelle nous montre vers la fin du film quelques asiatiques et un blanc qui s’adonnent eux aussi à la discipline du Krump. Un art décidément en pleine expansion !…

Dans le dernier tiers du documentaire, le ton est plus dramatique et le réalisateur insiste particulièrement sur les conditions déplorables de certains quartiers de Los Angeles, particulièrement celui d’Ingelwood où le cambriolage et les tueries (pas seulement entre gang) sont hélas trop fréquents. On à même droit à l’interview très cocasse du vendeur en pompes funèbres qui semble avoir une situation très enviable ! LaChapelle a le bon goût de ne pas abuser de ses tics récurrents de mise en scène. Le tout est sobrement filmé, sans effet de style, quoique un peu trop découpé lors des scènes de combats* entre les bandes… Par contre, à la fin du film il semble renouer avec ses vieux démons, en filmant des danseurs aux ralentis, torses nus, dos au ciel, la sueur le long du corps au son du gospel song "Oh Happy Days"… images convenues qui cassent un peu l’esprit initial des krumpers. Précédemment, ils expliquent justement qu’ils ne veulent pas que leur style soit rattrapé par l’industrie du spectacle… On reste sceptique ! Sur ce clip, on ne peut d’ailleurs s’empêcher de penser à Leni Riefenstahl filmant Les Dieux du Stade, un film sur le culte du corps commandité par le régime nazi ! Rize à néanmoins le large mérite de montrer pour une fois une image très positive de la banlieue sans aucun discours emphatique de circonstance. Le tout au son d’une musique explosive qui se marie parfaitement bien avec la danse ; ce qui ne gâche rien à l’ensemble. Un bon petit documentaire sans prétention sur l’univers encore juvénile du Krump qui donne vraiment envie de s’intéresser à cette discipline étonnante…

* c’est le mot qui est utilisé ironiquement par les Krumpers pour désigner le concours de danse entre les deux équipes.

Julien Mazaudier

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