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Rollerball  (2002)

Virgin Records (12 mars 2002) - 0:59:11 | Original Score [musique originale]



c'est avec joie que l'on retrouve, l'espace de quelques secondes éparses, une vraie patte Serra, que ce soit dans les harmonies ou les percussions. Tous des petits moments qui font passer Rollerball pour ce qu'il est : un album malade qui était peut-être riche de promesses mais qui a été avorté avant l'heure...

[© Texte : Cinezik] •

Rollerball

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

01. Eghnev* (2:49)
02. Letzgo** (3:27)
03. Body Go (3:50)
Performed by Hardknox; Written by Lindy Laiton, Steven Proctor and Pete Glenister
04. Kornovol* (:56)
05. Kwinsky* (3:45)
06. Orora* (2:00)
07. Serokin* (3:03)
08. Koshmor** (1:43)
09. It.s A Show Time (4:16)
Performed by Rappagariya; Written by Q, Yamada-Man; Music by Zenzo Miyoshi
10. Blootim* (2:25)
11. I Am Hated (2:37)
Performed by Slipknot; Music & Lyrics Written by Slipknot
12. Shreflov** (2:12)
13. Reitnov* (6:50)
14. Oportu** (3:14)
15. Baroof* (6:06)
16. Enoff** (4:06)
17. Panchoff* (2:00)
18. Ride (3:08)
Performed by Beautiful Creatures; Written by DJ Ashba, Joe LeSte
*Composed by Eric Serra
**Composed by Eric Serra & Nicolas Fiszman

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Voilà donc la nouvelle aventure d'Eric Serra en territoire américain, quelques années après l'audacieuse tentative de modernisation musicale de l'agent 007. Car Rollerball est bien un album dans la droite lignée de Goldeneye. Il semble en effet que pour ses partitions américaines, le compositeur délaisse toute thématique pour se concentrer presque exclusivement à l'agencement des timbres (essentiellement électroniques). Ce principe est ici poussé à l'extrême : point de thèmes, à l'exception de quelques notes à consonance arabe ("Shreflov", "Enoff"), ou de quelques accords récurrents ("Eghnev", "Reitnov") ; mais tout est construit pour jouer avec les sonorités métalliques, ce qui est bien en phase avec le sujet du film. En effet ces sonorités s'accordent non seulement avec les images (pistes métalliques, roues, balle argentée…) mais aussi avec l'esprit même du jeu, sauvage, agressif, anarchique.

Le point de vue musical d'Eric Serra est donc on ne peut plus judicieux et sa démarche se révèle honorable et intéressante, d'autant plus qu'il souhaitait ajouter à tout cela une touche arabisante (en référence au Kazakhstan où est censé se passer le film, ainsi qu'au statut pluriethnique des "équipes"), ce qui aurait apporté un décalage intéressant tout en étant synonyme de danger, comme au temps de Léon.

Hélas, le compositeur n'a pas pu aller au bout de ses idées à cause des événements (sa partition à consonances arabes ne passa pas le "11 septembre"), et il dut rafistoler d'urgence un nouveau score avec les moyens du bord. Le résultat est un album qui nous présente des morceaux moins peaufinés que prévu, et qui semblent être plus destinés à remplir un timing que d'avoir été écrits à l'image près. Eric Serra ne retrouve pas ainsi la légendaire osmose avec l'image qui faisait la force de ses scores pour Besson… Mais si Wasabi amorçait déjà cette tendance moins "mickey-mousing" [forme musicale héritée des premiers dessins animés où la composition évoque de manière redondante, quasi-pléonastique, les actions visualisées à l'image. Ex. Un personnage monte un escalier sur la pointe des pieds, les cordes exécutent une gamme montante en pizzicati (cordes pincées) - NDLR], les morceaux réussissaient à avoir une vie propre sur disque. Rollerball n'entre pas dans ce cas de figure… "Kornovol", par exemple, donne l'effet de superposer les guitares, tandis que "Kwinsky" ressemble à une démo pour boîtes à rythmes…

Ainsi, Rollerball peut appeler le rejet à la première écoute car l'oreille ne sait trop où naviguer parmi cette déferlante électronique sans cohésion apparente. Mais ce cap passé, au fur et à mesure, certaines parties du travail ressortent, et l'espoir de retrouver le Serra des grands jours subsiste avec "Serokin", l'un des meilleurs morceaux du score. Après une introduction un peu tapageuse, il installe dans la première partie une ambiance qui évoque le "Fatal Weakness" de Goldeneye, tout en utilisant des percussions bien personnelles avant de nous livrer dans la seconde partie son thème arabe supporté par un solo de basse des grands jours et des percussions à la Nikita évoluées. C'est du Serra pur jus, reconnaissable entre tous… mais qui fait figure d'exception dans ce score.

Alors soyons honnêtes, Eric Serra dépasse ici le stade de la solution de secours, car on trouve dans la partition une véritable application à agencer les sons (par ailleurs étonnamment variés dans une même palette métallique) pour livrer au bout du compte un travail intéressant… Même si le résultat ressemble plus à une formidable banque de sons qu'à de la vraie musique.

Toutefois, c'est avec joie que l'on retrouve, l'espace de quelques secondes éparses, une vraie patte Serra, que ce soit dans les harmonies ("Orora") ou les percussions ("Reitnov" qui nous ramène les grelots de Léon)… Tous des petits moments qui font passer Rollerball pour ce qu'il est : un album malade qui était peut-être riche de promesses mais qui a été avorté avant l'heure... Dommage.

David Reyes

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