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The Tempest  (2011)

Zarathustra Music (14 décembre 2010) | Original Score [musique originale]



Elliot Goldenthal retrouve pour la cinquième fois sa compagne Julie Taymor après le téléfilm FOOL'S FIRE et les films TITUS, FRIDA et ACROSS THE UNIVERSE. Pour cette BO, Goldenthal convoque les voix de Beth Gibbons (Portishead) et Reeve Carney (Carney).

[© Texte : Cinezik] •

The Tempest

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. O Mistress Mine (Reeve Carney)
2. High Day Two-Step
3. Alchemical Lightshow
4. Full Fathom Five
5. Hell Is Empty
6. Brave New World
7. Admired Miranda
8. Ariel Swarm
9. Where the Bee Sucks
10. Rough Magic
11. Lava Dogs
12. Prospera's Coda (Beth Gibbons)

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Elliot Goldenthal retrouve sa compagne Julie Taymor pour une adaptation de la pièce "La Tempête" de Shakespeare avec Helen Mirren. La partition surprend car s'éloigne du tout venant orchestral de la BO pour employer de grosses guitares, instrument plutôt habituel du métal, du rock indé, d'autant que le compositeur emploie les voix de Beth Gibbons (Portishead), de Reeve Carney et Ben Whishaw (acteurs du film) et les services des musiciens Benjamin Curtis (Secret Machines - duo de rock psychédélique), Page Hamilton (Helmet - groupe de métal), Mark Stewart (Ornette Coleman, jazz, et collaborateur de Trent Reznor, Tricky, Massive Attack...) et le compositeur joue lui-même du clavier.
Il s'agit ainsi d'une véritable musique de "groupe", quasiment enregistrée en live, animée par une énergie collective, où chacun apporte sa touche. La partition se fait ainsi tantôt lourde comme du rock métal ("High Day Two-Step"), tantôt ambiante et psyché ("Alchemical Lightshow"), tantôt bruitiste ("Lava dos"), et même free-jazz sur "Ariel Swarm" et on pense à John Zorn. Le morceau "Lava Dogs" est carrément du Grindcore (musique extrêmement directe, rapide et brutale, avec des "blast beats" de batterie et riffs de guitare basiques et ultra rapides).
Le compositeur se lâche un peu, après des années loin du cinéma à écrire un opéra, il semble avoir eu envie de s'énerver un peu. Ici, loin d'une partition savante, le musicien explore de nouveaux territoires.

Cependant, nous étions habitués aux expérimentations musicales et instrumentales du maître Goldenthal qui a su associer des instruments peu employés dans le cinéma, ajouter des cuivres à une masse orchestrale sur ENTRETIEN AVEC UN VAMPIRE, distorde les guitares (HEAT), étrangler les cuivres (IN DREAMS).
C'est surtout à TITUS que nous pensons, autre partition pour un film de Julie Taymor, avec une même impression de chaos, sans ligne de conduite, dans une manière de désorganiser les lignes musicales. Jouissant d'une liberté hors norme, Elliot Goldenthal s'en donne à coeur joie.
A l'écoute de "Hell is empty" et son baroquisme, nous nous rappelons que le compositeur avait signé la musique de BATMAN FOREVER.
Sur certains morceaux, Goldenthal privilégie son seul clavier ("Admired Miranda", "Rough Magic") pour une atmosphère, un moment de répit. Goldenthal sait alterner les tensions et les repos, la sagesse et l'agitation. Des pistes de 30 secondes en côtoient d'autres de 4 à 7 minutes. Là encore, aucune règle s'impose.

Beth Gibbons achève le disque de manière céleste, avec une voix venue d'outre-tombe, lugubre mais belle comme un diamant noir, en toute cohérence avec l'ensemble, car l'instrumental écrit par Goldenthal prolonge les ambiances précédentes, avec le texte de Shakespeare (c'est le cas pour les quatre chansons de la BO).
Voilà une musique de film audacieuse et époustouflante.

Benoit Basirico

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