Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusCannes 2019

EN

VOIR

PLUS

The Terminal  (2004)

Decca (15 juin 2004) | Original Score [musique originale]


 

La musique de The Terminal délaisse l'artillerie lourde habituelle et nous propose une musique plus légère et intimiste, ancrée dans l'univers de comédie dramatique du film, avec deux sympathiques thèmes aussi mémorables l'un que l'autre. On appréciera le côté tzigane/Europe de l'Est du thème de Navorski et la côté nostalgique et rétro du 'Love Theme'...



[© Texte : Cinezik] •
The Terminal

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Tale of Viktor Mavorski
2. Dinner With Amelia
3. A Legend is Born
4. Viktor and His Friends
5. The Fountain Scene
6. The Wedding of Officer Torres
7. Jazz Autographs *
* Featuring Randy Kerber (Piano) and Michael Valerio (Bass)
8. Refusing to Escape
9. Krakozhia National Anthem and Homesickness
10. Looking for Work
11. Gupta's Deliverance
12. Finding Coins and Learning to Read
13. "Destiny"... "Canneloni"... and the Tale of Viktor Navorski (Reprise)
14. A Happy Navorski Ending!

Nos articles sur cette BO

John Williams et Steven Spielberg se retrouvent pour la 20ème fois sur 'The Terminal', les deux éternels complices du cinéma U.S. ayant collaboré ensemble depuis 'The Sugarland Express' en 1974. Comme pour le récent 'Catch Me If You Can', la musique de 'The Terminal' délaisse l'artillerie lourde habituelle et nous propose une musique plus légère et intimiste, ancrée dans l'univers de comédie dramatique du film. John Williams a abordé cette histoire d'apatride coincé dans un terminal d'aéroport avec une certaine légèreté et un entrain caractéristique du style comédie de Williams. Pour se faire, le compositeur a écrit deux sympathiques thèmes aussi mémorables l'un que l'autre. Le premier est confié à une clarinette et un accordéon sur fond de cordes rythmées. Le timbre de la clarinette et de l'accordéon confèrent au thème une certaine couleur européenne qui se rattache bien évidemment au personnage de Viktor Navorski, la clarinette possédant un côté très légèrement tzigane qui nous renvoie ici aux origines de Navorski - il vient d'un petit pays d'Europe de l'est, et, effectivement, la musique Klezmer populaire juive d'Europe de l'Est a très souvent recours à la clarinette et à l'accordéon. Sympathique, le thème de Navorski possède un côté entraînant sans pour autant tomber dans la facilité de la mélodie gentillette grâce à ses quelques accents tziganes parfaitement maîtrisés. Le thème fait parfois penser à certains passages légers de l'univers des partitions des 'Harry Potter'. En tout cas, à force d'être répété tout au long du film, ce thème de clarinette/accordéon finit par devenir parfaitement indissociable du personnage de Viktor Navorski.

Le second thème, plus doux et intimiste, fait office de traditionnel 'Love Theme', un thème romantique particulièrement soigné et qui possède un côté nostalgique un brin rétro, nous renvoyant à certaines musiques de comédie à l'ancienne, genre années 50/60, mais sans le côté mielleux de certaines musiques de cette époque, car, grâce à son côté légèrement jazz slow, le 'Love Theme' apporte une certaine subtilité à la musique et évite le traditionnel côté 'cordes sirupeuses' trop souvent usité dans les thèmes romantiques pour ce genre de film. Le thème romantique évoque bien évidemment la romance entre Navorski et Amelia, le compositeur nous en proposant plusieurs variantes tout au long du film. Souvent confié au piano, aux vents et aux cordes, ce très joli 'Love Theme' nostalgique prend une proportion plus émouvante dans 'Destiny...Canneloni...and the Tale of Viktor Navorski (reprise)' au cours d'un final brillant où Navorski a enfin accompli son but à New York. Williams reprend alors le thème aux cordes dans une version plus ample et toujours aussi nostalgique, avec ce côté rétro très comédie romantique à l'ancienne. C'est frais, c'est agréable et cela fonctionne très bien dans le film, un point c'est tout.

'A Legend is Born' développe de son côté l'aspect plus comédie du film avec des cordes et des vents plus enjoués lorsque Navorski commence à se faire une certaine réputation dans l'aéroport en venant à l'aide à des personnes en difficulté. Le morceau évoque alors toute la sympathie du personnage et offre au film un certain climat de bonne humeur (comme dans le jovial 'The Wedding of Officer Torres' qui évoque maints passages de 'Home Alone' par exemple), alternant avec les morceaux plus intimistes comme le très beau et poétique 'The Fountain Scene' (scène où Viktor amène Amelia près de la fontaine qu'il a lui-même construit au fond d'un couloir sombre) ou 'Jazz Autographs' et sa reprise au piano jazzy du 'Love Theme' lorsque Viktor montre à Amelia les autographes de jazzmen de son père (d'où le côté nostalgique du morceau - par rapport à la romance avec Amelia, et par rapport au souvenir ému du père de Navorski). On notera un passage plus nuancé dans 'Finding Coins and Learning To Read' évoquant le temps qui passe dans le terminal lorsque Navorski trouve un moyen de manger et commence à apprendre à lire l'anglais. Le morceau est dominé ici par des cordes et un piano minimaliste à la Thomas Newman. Plus enjoué, 'Looking for Work' nous renvoie à la bonne humeur de 'The Wedding of Officer Torres' évoquant la débrouillardise de Navorski et son côté chaleureux (scène où Viktor obtient du travail dans l'aéroport en tant qu'ouvrier).

'Krakozhia National Anthem & Homesickness' se détache du reste du score avec son climat plus mélancolique, d'abord introduit par l'hymne de la Krakozie composé par Williams, la seconde partie étant nettement plus mélancolique avec son joli thème d'accordéon et de cordes évoquant la soudaine solitude de Navorski lorsqu'il comprend qu'il ne pourra pas revenir dans son pays et qu'il est coincé dans cet aéroport pendant très longtemps. Le thème d'accordéon pourrait alors évoquer ici le souvenir nostalgique du pays du héros. A noter que la scène où Navorski découvre le coup d'état en Krakozie aux informations télévisées est accompagnée par le morceau le plus sombre et le plus triste de tout le score, reflétant alors le sentiment d'un Navorski bouleversé à l'annonce de ce dramatique évènement survenu dans son pays natal. Mais il s'agit du seul véritable morceau sombre, le reste de la musique s'empressant de nous ramener dans un univers plus chaleureux et rassurant, comme dans 'Dinner with Amelia' ou l'amusant 'Refusing To Escape' évoquant l'espièglerie du personnage de Tom Hanks lorsque ce dernier refuse de s'échapper du terminal et évite ainsi de tomber dans le piège que lui tend Frank Dixon, l'histoire trouvant une conclusion plus paisible dans 'A Happy Navorski Ending!' où revient une dernière fois le 'Love Theme' aux cordes.

Il est clair que si vous vous attendez à un nouveau grand chef-d'oeuvre de John Williams sur cette vingtième collaboration à un film de Steven Spielberg, 'The Terminal' risque fort de vous décevoir, car, à l'image du film, la musique de Williams constitue un effort mineur qui ne marquera certainement pas la carrière du compositeur, bien que ce dernier continue de nous prouver qu'il est toujours aussi inspiré lorsqu'il s'agit de mettre en musique un film de son éternel complice et ami, Steven Spielberg. La musique de 'The Terminal' épouse le ton chaleureux et intimiste du film avec ses deux thèmes que l'on retient aisément après une première écoute, même si 'The Terminal' est le genre de score dont on a rapidement fait le tour. Une fois encore, l'impact émotionnel de la musique dans le film est indiscutable, bien que le score ne possède rien de particulier qui en fasse une grande partition hautement mémorable. On appréciera le côté tzigane/Europe de l'Est du thème de Navorski et la côté nostalgique et rétro du 'Love Theme', nous dévoilant le côté plus intimiste de la sensibilité musicale d'un John Williams qui, en attendant une dernière incursion dans l'univers épique des 'Star Wars' avec le très attendu 'Episode III', en profite pour nous emmener dans le terminal d'un aéroport américain avec cette nouvelle partition comédie qui, bien que très sympathique, ne restera certainement pas dans les annales, et ce au même titre que l'anecdotique mais néanmoins agréable 'Catch Me If You Can'.

Quentin Billard

Autres BO du compositeur

Vos avis