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Le Village  (2004)

The Village

Hollywood Records (27 juillet 2004) - 0:42:24 - En Digital | Original Score [musique originale]



Omniprésent, le violon soliste retranscrit ici toutes les émotions du film et plus particulièrement cette mélancolie poignante et retenue à fleur de peau, une caractéristique principale du superbe score de James Newton Howard. La partition de The Village ainsi fait preuve d'une grande sensibilité, épousant la romance de l'histoire, les émotions et la psychologie des personnages. Chef-d'oeuvre.

[© Texte : Cinezik] •

Le Village

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Noah Visits (2:35)

2. What Are You Asking Me? (6:01)

3. The Bad Color (3:57)

4. Those We Don't Speak Of (3:59)

5. Will You Help Me? (2:34)

6. I Cannot See His Color (1:31)

7. Rituals (2:01)

8. The Gravel Road (4:31)

9. Race To Resting Rock (1:16)

10. The Forbidden Line (2:17)

11. The Vote (6:03)

12. It Is Not Real (3:36)

13. The Shed Not To Be Used (2:03)

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Nos articles sur cette BO

James Newton Howard retrouve Shyamalan pour la quatrième fois sur 'The Village', pour lequel le compositeur nous offre une nouvelle grande partition de qualité, typique de ce que l'on pouvait attendre de meilleur sur un film de Shyamalan. Si le film déçoit quelque peu, il n'en est pas de même pour la musique qui renouvelle l'exploit d'une quatrième grande partition après les trois scores mémorables que sont 'The Sixth Sense', 'Unbreakable' et l'inoubliable musique hantée de 'Signs'. La nouvelle grande idée de James Newton Howard sur 'The Village' provient de l'utilisation de la violoniste soliste Hilary Hahn, fameuse violoniste classique de chez Deutsche Grammophon qui apporte à la superbe partition orchestrale d'Howard tout son talent et sa sensibilité. En ce sens, Hilary Hahn est la véritable héroïne du film, puisqu'elle est même créditée au générique de fin, ce qui est un fait exceptionnel dans l'histoire du cinéma. Rarement un musicien d'une partition de musique de film aura été tant soutenue par le compositeur et le réalisateur d'un film, qui va même jusqu'à rendre hommage à l'interprétation divine de la brillante musicienne en la créditant dans le générique de fin. Omniprésent, le violon soliste retranscrit ici toutes les émotions du film et plus particulièrement cette mélancolie poignante et retenue à fleur de peau, une caractéristique principale du superbe score de JNH. La partition de 'The Village' ainsi fait preuve d'une grande sensibilité, épousant la romance de l'histoire, les émotions et la psychologie des différents personnages. On s'éloigne donc ici du style suspense de 'Signs' même si les frissons ont ici leur mot à dire dans la BO de 'The Village'.

'Noah Visits' nous introduit au thème principal, un motif de cordes basé sur une cellule de 8 notes au ton mélancolique, et qui évoque l'univers des villageois et plus particulièrement des secrets douloureux que cache Edward Walker (William Hurt), le chef du village. Les cordes introduisent le thème, accompagnées par les arpèges virtuoses du violon soliste qui apporte cette couleur inimitable à la musique dans le film. Il est même incroyable de constater à quel point le violon apporte une dimension particulière au film, preuve du savoir-faire d'un James Newton Howard toujours aussi inspiré lorsqu'il s'agit d'écrire la musique d'un film de Shyamalan, loin de la médiocrité ambiante de certaines productions hollywoodiennes du moment. 'What Are You Asking Me?' introduit quant à lui le second thème du score, confié ici au violon soliste avec cordes et harpe. La musique surprend aussi de par la qualité de l'écriture et des harmonies très recherchées. Le score se rapproche ainsi par moment du style de 'Snow Falling on Cedars', auquel on compare très souvent le score de 'The Village' de par son côté mélancolique rêveur et l'utilisation d'un instrument soliste (dans 'Snow Falling on Cedars,' James Newton Howard avait fait appel au violoncelle de Ron Leonard). L'excellent second thème de violon surprend de par sa simplicité et sa pudeur qui ne le rend que plus émouvant, personnifiant à merveille l'histoire d'amour poignante entre Ivy et Lucius, elle aussi empreinte d'une certaine pudeur. On notera dans 'What Are You Asking Me?' l'intrusion de flûtes qui semblent être associés au caractère 'folklorique' du village et que l'on entend dès le sinistre générique de début (honteusement absent de l'album pour une raison totalement inconnu, si ce n'est que le score a été enregistré par les musiciens AFM, comme pour 'Signs'). 'What Are You Asking Me?' fait sans aucun doute partie des plus morceaux du score de 'The Village', représentant toute la dimension romantique, émotionnelle et mélancolique du film et de sa musique.

Plus sombre, 'The Bad Colors' fait régner un certain climat d'appréhension alors qu'Ivy découvre par terre une fleur rouge, la couleur interdite qui attire les créatures des bois. Après un début atmosphérique où intervenaient brièvement les flûtes et une partie électronique plutôt sinistre et dissonante, la musique prend très vite une tournure plus psychologique avec l'utilisation d'envoûtants traits de violon dans une ambiance qui rappelle une fois encore les moments sombre de 'Snow Falling on Cedars'. La terreur est alors magnifiquement suggérée dans l'incontournable 'Those We Don't Speak Of', illustrant l'une des meilleures scènes du film: une créature pénètre le village, obligeant les villageois à se cacher dans leurs maisons. Ivy, sur le pas de sa porte, tend la main dans l'obscurité, espérant réussir à toucher celle de Lucius, qui se trouve encore à l'extérieur. La terreur inspirée par la créature est suggérée ici par un bref sursaut introductif, des cuivres dissonants, des tambours tribaux agressifs et une partie électronique sinistre. Puis, en l'espace de quelques secondes, la terreur laisse la place à un pur moment d'émotion lorsque, filmé au ralenti, Lucius apparaît brusquement devant Ivy et l'entraîne dans la cave où ils vont se cacher, attendant que la menace soit passée. Les arpèges du violon d'Hilary Hahn viennent alors anéantir soudainement ce climat de terreur comme si l'on venait de changer brusquement d'univers au détour d'une brillante transition inspirée, l'émotion l'emportant magnifiquement sur les frissons, toujours avec ce sens de la retenue cher au compositeur et que l'on retrouvait déjà dans 'The Sixth Sense' ou 'Unbreakable'. La dernière partie de 'Those We Don't Speak Of', grand moment du score de 'The Village', est radicalement touché par la grâce, suggérant avec subtilité et par le biais d'harmonies de qualité l'amour entre Ivy et Lucius, personnifié à travers un effet de ralenti lui aussi très inspiré, preuve du talent de cinéaste de M. Night Shyamalan. A noter que le morceau se conclut sur une magnifique reprise au violon du thème 'romantique' qui semble en dire long sur la scène, d'où l'importance de la musique dans ce film, et comme dans tous les autres films de Shyamalan.

Des pièces comme 'Will You Help Me?' ou 'The Gravel Road' sont très représentatives du climat mélancolique qui s'installe très vite dans la partition, de même qu'une pièce comme 'I Cannot See His Color' se veut plus ambiguë, illustrant les tourments intérieurs d'Ivy, qui ne voit pas la 'couleur' de Lucius à travers son regard intérieur. Le travail autour des harmonies et du jeu du violon est ici fort remarquable, JNH jouant sur la subtilité de chacun des éléments sans jamais nuire à la retenue de la musique. On notera une très belle reprise du thème romantique au piano et accompagné par les arpèges du violon dans 'The Gravel Road', le piano et le violon dialoguant comme dans une véritable sonate 19èmiste, à laquelle vient s'ajouter la flûte. Dans la scène, Ivy poursuit son chemin dans les bois en quête du remède qui sauvera l'homme qu'elle aime. Puis, très vite, le climat s'assombrit soudainement, laissant place à un nouveau sentiment d'appréhension, de doute, d'angoisse. JNH suggère ici ce sentiment avec le piano, une tenue de synthé, des cloches et une tenue du violon, et ce n'est que par un nouveau rappel du thème principal aux cordes et au violon que le compositeur arrive à brillamment relâcher la tension malgré une fin plus ambiguë pour le morceau. Le motif sombre associé au mythe des créatures réapparaît au début de 'The Forbidden Line', sans aucun doute l'un des moments les plus sombres du score, lorsque Lucius, n'écoutant que son courage, décide de franchir la ligne interdite. JNH utilise alors des sonorités macabres du synthétiseur avec toute une série d'effets sonores sinistres qui installent clairement un climat de suspense et de danger quasiment angoissant. Une fois encore, l'effet à l'écran est saisissant, preuve incontestable de l'importance de la musique dans ce film qui, loin de s'avérer être un discours redondant de ce que présentent les images, rentre au coeur de chaque scène et arrive à susciter une émotion que les images seules ne sauraient être en mesure d'exprimer (cf. le magnifique et passionné 'The Vote' et son violon envoûtant).

'It Is Not Real' est le dernier grand moment de terreur incontournable du score. Introduit par un sursaut terrifiant, le morceau réutilise les effets électroniques glauques et les tambours sauvages de 'Those We Don't Speak Of' pour la scène où la créature attaque Ivy dans les bois. Comme à l'accoutumée, c'est l'émotion et la mélancolique qui prennent la place des frissons lorsque l'on découvre enfin le secret de Noah et celui du village, ce qui explique la reprise du thème du village avec cordes, harpe, flûtes et violon. Bizarrement, l'album se conclut sur une pièce atmosphérique particulièrement sombre, qui ne correspond en rien à la fin du film, 'The Shed Not To Be Used'. La pièce correspond en fait à la scène où Edward Walker révèle le secret de la grange interdite à Ivy. On notera ici l'utilisation de tenues dissonantes et envoûtantes avec piano, cloches, cordes, violon et harmoniques de la harpe. Après une écoute aussi riche d'émotion dans le film et une seconde écoute toujours aussi intense sur l'album (et ce malgré l'absence de nombreux morceaux du score - 42, 29 minutes, c'est peu, mais c'est mieux que rien!), comment conclure autrement que par une seule et même phrase: 'The Village' est sans aucun doute le nouveau chef-d'oeuvre de James Newton Howard! Sans atteindre pour autant le génie de l'inégalable 'Signs', la partition de 'The Village' témoigne de la sensibilité et de l'immense talent de l'un des meilleurs compositeurs officiant actuellement à Hollywood (pour ne pas dire LE meilleur!). Avec 'The Village', c'est un quatrième sans-faute dans la collaboration musicale entre James Newton Howard et M. Night Shyamalan, car, si le film déçoit par rapport à nos attentes, le score s'avère être une nouvelle grande surprise du compositeur, toujours aussi inspiré. A l'écoute de la partition de 'The Village', difficile de trouver un équivalent récent à Hollywood tant les harmonies, l'écriture et le style général relèvent de l'inspiration quasi divine. Poignante, la musique de 'The Village' reflète parfaitement toutes les dimensions du film (suspense, émotion, romance, mélancolie, etc.) en lui conférant un petit 'plus' typique des scores pour les films de Shyamalan, la 'JNH's touch', incomparable et inégalable. Difficile aujourd'hui de trouver des partitions aussi passionnantes, aussi poignantes, aussi envoûtantes, aussi artistiques, aussi passionnées que le nouvel opus musical de JNH, si ce n'est en comparant cette oeuvre aux précédentes écrites pour 'The Sixth Sense', 'Unbreakable' et 'Signs', des partitions indispensables qui s'avèrent déjà être des piliers fondamentaux dans la carrière très éclectique du compositeur. Vous l'aurez donc compris, nous sommes réellement en présence du nouveau chef-d'oeuvre de James Newton Howard!

Quentin Billard

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