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When A Stranger Calls  (2006)

Lakeshore Records (US : 16 mai 2006) - 60:00 | Import



Malgré ses quelques défauts, le score de When A Stranger Calls s’avère être une petite réussite qui, sans être d’une folle originalité, apporte tout ce qu’il faut de frisson et de suspense au film de Simon West.

[© Texte : Cinezik] •

When A Stranger Calls

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Carnival (4:51)
2. Fateful Drive (2:57)
3. The House (3:43)
4. Exploring (5:16)
5. Have You Checked The Children? (5:11)
6. Tiffany (2:55)
7. Knock, Knock, Who's There? (7:18)
8. Curtain Call (3:14)
9. 60 Seconds (3:39)
10. Inside The House (4:12)
11. Stranger (3:48)
12. Hunting Jill (4:07)
13. Gotcha! (2:44)
14. The Hospital (3:58)
15. Aftermath (2:42)

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Le nouveau film de Simon West (Con Air, Tomb Raider), When A Stranger Calls (Terreur sur la ligne) n’est autre que le remake du film homonyme de Fred Walton réalisé en 1979 avec Charles Durning et Carol Kane dans les rôles principaux. On retrouve dans la version 2006 une ambiance et une histoire évidemment similaire : Jill Johnson (Camilla Belle) est une jeune étudiante qui finance ses études en faisant baby-sitter pour un couple fortuné. Une nuit, alors qu’elle garde les enfants, elle reçoit un mystérieux coup de fil d’un individu qui lui demande de vérifier s’il n’est rien arrivé aux enfants. L’homme en question finit par la harceler à plusieurs reprises au téléphone. Inquiète, Jill décide alors d’appeler la police. Ces derniers finissent par localiser l’appel et l’informent que ceux-ci proviennent de la maison dans laquelle la jeune femme se trouve. La terreur ne fait que commencer pour la pauvre baby-sitter. Le scénario somme toute très classique du film devrait néanmoins prévoir un bon suspense dans ce thriller hollywoodien dont la sortie est prévue en France courant juillet 2006.

La musique de When A Stranger Calls a été confiée à Jim Dooley, plus connu pour être l’un des compositeurs de musique additionnelle à Media-Ventures pour le compte de Hans Zimmer. Depuis quelques années, Dooley commence à percer dans les scores solos, When A Stranger Calls représentant son premier véritable gros effort en solo sur un long-métrage hollywoodien (le compositeur a aussi écrit pas mal de musiques pour des courts-métrages et s’est essayé à l’exercice de la musique de jeu vidéo en 2005 sur SOCOM 3: U.S. Navy Seals). Le score de When A Stranger Calls s’apparente au style de la plupart des musiques de thriller hollywoodien d’aujourd’hui: orchestre brutal, noir et torturé, percussions agressives, effets électroniques macabres et dissonants, etc. Dooley suit ici les traces de Christopher Young pour nous proposer un score évoquant le suspense et la tension du film comme il se doit. L’introduction ‘The Carnival’ annonce déjà la couleur avec effets synthétiques glauques à souhait, cordes sombres, synthétiseurs atmosphériques pesants, effets de dissonances multiples et traditionnelle partie de piano. On retrouve d’ailleurs le piano dans ‘Fateful Drive’ qui expose le thème principal un brin mystérieux et mélancolique (dans la lignée du thème de The Ring de Hans Zimmer, pour lequel Dooley avait d’ailleurs déjà écrit de la musique additionnelle). Les morceaux sont généralement très longs et atmosphériques, Dooley s’autorisant alors de longs développements d’ambiance suffocantes et macabres parfaites pour l’atmosphère du film de Simon West.

‘Exploring’ amorce le climat plus orienté suspense de la musique avec ses traditionnelles cordes dissonantes et effets électroniques sombres (à noter ici l’importance accordée aux basses dans le mixage de l’album – l’écoute au casque en devient même assez spectaculaire). ‘Have You Checked The Children ?’ (qui s’inspire de la fameuse phrase-clé du film) confirme la noirceur absolue de la partition de Dooley en créant un sentiment d’oppression, de peur et de malaise certain, comme si le danger semblait être omniprésent. Le thème de piano aux notes fragiles et légères continue de flotter entre deux nappes de synthétiseur atmosphériques comme pour rappeler la détresse de la baby-sitter face à la menace du psychopathe qui la harcèle au téléphone (on appelle ça le syndrome ‘post-Scream’). Hélas, la longueur de certains passages de suspense atmosphérique comme ‘Knock, Knock, Who’s There ?’ rendent l’écoute de ces passages bien difficiles en dehors des images du film. Seuls les béophiles avertis et les fans d’ambiances noires pourront trouver un grand plaisir à l’écoute de ces pièces qui nous immergent complètement dans l’obscurité (à noter que l’on sent toujours ici l’influence du The Ring de Zimmer).

La terreur pointe enfin le bout de son nez dans l’agité ‘Curtain Call’ avec ses cordes agressives, suivies d’un ’60 Seconds’ particulièrement pesant et d’un ‘Inside The House’ d’une agressivité rarement entendue chez Jim Dooley, morceau atonal extrêmement chaotique et dissonant qui n’évite hélas pas les débordements cacophoniques (l’inclusion au milieu de cette terrifiante masse sonore de cordes électroniques un peu ‘cheap’ limite musique de ‘série-B à suspense’ n’arrangeant hélas pas les choses!). Du chaos, il est justement question dans cette longue série de pièces à terreur entendues essentiellement dans la dernière partie du film, illustrant la traque et les courses poursuites entre Jill et le mystérieux psychopathe. ‘Stranger’, ‘Hunting Jill’, ‘Gotcha!’ et ‘The Hospital’ contenant autant de sursauts orchestraux que de débordements orchestraux/électroniques parfois à la limite de la saturation. Dooley semble néanmoins prendre un malin plaisir à renforcer le sentiment de terreur pure dans ces passages extrêmement violents et parfois très cacophoniques. ‘Aftermath’ calme finalement le jeu en nous faisant réentendre une dernière fois le thème principal au piano avec cordes et harpe dans une version apaisée pour la fin du film.

When A Stranger Calls confirme le fait que Jim Dooley possède un potentiel certain qu’il mériterait de mette dorénavant bien plus en avant en choisissant des films plus ambitieux et personnels comme il le fait parfois dans les courts-métrages pour lesquels il travaille régulièrement. Dommage que son style soit encore trop impersonnel et toujours autant inspiré des travaux de Hans Zimmer et de l’écurie Media-Ventures. Dooley aurait tout intérêt à s’émanciper le plus vite possible de son mentor pour pouvoir travailler sur la maturité et la personnalité de sa musique. En tout cas, malgré ses quelques défauts, le score de When A Stranger Calls s’avère être une petite réussite qui, sans être d’une folle originalité, apporte tout ce qu’il faut de frisson et de suspense au film de Simon West.

Quentin Billard

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