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The X Files, le film  (1998)

X-Files: Fight The Future

Elektra (2 juin 1998) - 1:07:36 | Original Score [musique originale]


 

On retrouve le célèbre thème musical de la série TV, avant que des percussions et des cordes dissonantes viennent installer une atmosphère plus macabre et inquiétante pour les premières secondes du générique de début, annonçant la tonalité sombre et mouvementée du film de Rob Bowman. Mark Snow nous offre une reprise inédite de son célèbre thème agrémenté de rythmiques électroniques entraînantes...



[© Texte : Cinezik] • 0075596221764
The X Files, le film

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1-Threnoby In X 3.13
2-B.C. Blood 2.27
3-Goop 4.18
4-Soda Pop 4.45
5-Already Dead 1.43
6-Cave Base 1.32
7-Remnants 2.11
8-Fossil Swings 0.58
9-Plague 3.23
10-Goodbye Bronschweig 2.49
11-A Call To Arms 0.57
12-Crossroads 2.17
13-Corn Hives 3.05
14-Corn Copters 2.35
15-Out Of Luck 1.01
16-Stung Kissing/Cargo Hold 4.12
17-Come and Gone 5.28
18-Trust No One 2.51
19-Ice Base 1.34
20-Mind Games 3.53
21-Nightmare 2.44
22-Pod Monster Suite 5.21
23-Facts 2.34
24-Crater Hug 2.06

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Le film s'adresse en particulier aux fans de la série TV d'origine, les autres risquant fort de manquer de nombreux détails qui peuvent nuire à la compréhension de l'intrigue et de l'univers de 'X-Files'. Néanmoins, force est de constater que le film s'avère aussi particulièrement impressionnant sur grand écran, bien qu'il n'apporte pas grand chose de neuf par rapport à la série. On notera une séquence de fin assez spectaculaire dans laquelle Mulder s'introduit dans le Q.G. extra-terrestre pour chercher Scully, scène dont l'esthétique surnaturelle et claustrophobique n'est pas sans rappeler une séquence cauchemardesque assez similaire vers la fin du 'Fire In The Sky' de Robert Lieberman - on pense aussi à 'Alien' par moment, influence plus qu'évidente et ce dès le début du film dans la scène des cavernes préhistoriques qui rappellent beaucoup l'exploration de la gigantesque épave dans le chef-d'oeuvre de Ridley Scott. Evidemment, le film doit aussi beaucoup à la musique de Mark Snow, fidèle compositeur qui a signé la quasi totalité des musiques pour la série TV de Chris Carter, et qui, avec 'X-Files Fight The Future', se voit enfin offrir la possibilité de placer la barre plus haut en faisant cette fois-ci intervenir un orchestre symphonique en plus de ses traditionnels synthétiseurs. Qui dit plus gros budget dit bien évidemment musique plus massive et plus spectaculaire, et avec 'X-Files', Mark Snow nous prouve qu'il est aussi à l'aise avec un orchestre qu'avec des synthés. Evidemment, on retrouve le célèbre thème musical de la série TV, bien qu'il n'apparaisse finalement que peu de fois tout au long du film. Avec l'introductif 'Threnody In X', Snow rappelle le célèbre motif de 6 notes avant que des percussions et des cordes dissonantes viennent installer une atmosphère plus macabre et inquiétante pour les premières secondes du générique de début, annonçant la tonalité sombre et mouvementée du film de Rob Bowman. Le compositeur se fait plaisir en nous offrant une reprise inédite de son célèbre thème agrémenté ici de rythmiques électroniques entraînantes (ce thème apparaît en fait dans le film pour la scène où Mulder et Scully recherchent la route les conduisant à l'installation du mystérieux champ de maïs).

Le ton est donné dans le macabre 'B.C. Blood' qui accompagne avec fureur la séquence introductive des hommes préhistoriques et du mystérieux parasite extra-terrestre. Cordes dissonantes, cuivres massifs, percussions agressives, sonorités électroniques cauchemardesques tout est fait pour nous plonger dans une atmosphère de terreur pure qui évoque la menace du sinistre parasite. Autant dire que la musique sonne de manière bien plus impressionnante que dans la série TV, l'apport de l'orchestre étant bien loin d'être négligeable. De la même façon, 'Goop' confirme cette voie choisi par Mark Snow tandis que le morceau bascule progressivement dans l'action avec orchestre et rythmiques électroniques pour l'arrivée de l'équipe de Bronschweig au début du film. Le compositeur installe dès le début une certaine atmosphère de noirceur et un climat glauque et inquiétant qui rappelle sa musique pour la série TV mais en bien plus spectaculaire. Idem pour 'Soda Pop' qui impose une forte atmosphère de suspense et de tension dans la scène de la bombe dans l'immeuble du FBI, à l'aide de cordes, de synthé et de percussions. A noter cette façon dont Mark Snow rappelle brièvement le célèbre thème tout au long de sa partition en usant de brefs motifs aux cuivres ou aux cordes et qu'il transforme et développe tout au long de son oeuvre, une approche musicale plus subtil qui permet d'éviter la reprise redondante de ce thème dans son intégralité. Dès lors, il devient assez intéressant d'analyser la façon dont Mark Snow s'amuse à développer son célèbre motif de 6 notes tout au long de son score (associé aux différentes ambiances de sa musique), installant ainsi une balise musicale indissociable des aventures de Mulder et Scully.

'Already Dead' paraît déjà plus proche de la musique de la série TV, avec son utilisation très mystérieuse d'un piano fluide et d'un mélange cordes/synthé très atmosphérique. A vrai dire, c'est cette approche atmosphérique qui témoigne le mieux des véritables qualités d'une musique sombre et mystérieuse parfaitement ancrée dans cette histoire de conspiration gouvernementale et d'invasion extra-terrestre. 'Remnants' permet alors au compositeur de mettre l'accent sur l'horreur qu'inspirent les parasites extra-terrestres avec son atmosphère atonale particulièrement macabre, faite de glissendi de cordes et de nappes pesantes de synthétiseur. Plus massif, 'Goodbye Bronschweig' renoue avec le style horrifique de 'B.C. Blood' avec un martèlement de timbales plus sauvage évoquant la mort de Bronschweig, attaqué par un alien au cours d'une expérience qui tourne mal. On notera ici les gargouillis et les nuages de sons des cordes, des effets orchestraux indissociables d'un langage musical avant-gardiste que le compositeur a sut utiliser avec brio, en plus de ses traditionnels synthés atmosphériques. Le morceau finit dans un bref mais terrifiant chaos orchestral qui semble en dire long sur la menace des extra-terrestres (parfaitement personnifiés dans la musique avec des nappes de synthé s'apparentant au son d'un choeur féminin mystérieux). 'Crossroads' sort un peu du lot avec son motif orchestral plus majestueux et déterminé lorsque Mulder et Scully recherchent en voiture la route les conduisant à la mystérieuse équipe gouvernementale. Dommage que le réalisateur ait choisi de délaisser cette brillante pièce orchestrale (dans laquelle on retrouve une brève reprise aux trompettes du motif principal) au profit de la reprise du thème principal entendu dans 'Threnody in X'.

On notera la façon dont le compositeur fait brillamment monter la tension tout au long du film. Plus les deux héros se rapprochent de leur but, plus la musique tend progressivement vers l'action, surtout à partir du très bon 'Crossroads'. 'Corn Copters' confirme ce changement de direction, le mystère laissant la place à de l'action pur et dur pour la scène de la poursuite en hélicoptère dans le champ de maïs (scène inspirée dit-on du 'North by Northwest' d'Alfred Hitchcock). Le morceau est dominé ici par les percussions (acoustiques ou électroniques), un bourdonnement de cordes et des cuivres massifs et agressifs. Excitant et massif, 'Corn Copters' confirme le fait que Mark Snow est aussi très à l'aise dans le domaine des musiques d'action hollywoodiennes, un genre qu'il manie ici avec brio et qui renforce le côté impressionnant du film de Rob Bowman. C'est dans ce climat de tension et d'action que se distingue alors radicalement le très inspiré mais trop bref 'Stung Kissing' pour la scène du baiser entre Mulder et Scully (scène qu'attendaient tous les fans de la série avec impatience). Snow impose ici un climat de tendresse et de mélancolie romantique qui rompt radicalement avec le reste du score, bien que l'on sente ici une certaine retenue poignante qui ne va pas tarder à être interrompue par des cordes plus sombres lorsque Scully se fait piquer par une abeille contenant le mystérieux virus extra-terrestre.

Les sombres et mystérieux 'Come and Gone' et 'Trust No One' nous introduisent progressivement dans la dernière partie du film, qui débute avec 'Ice Base'. A noter ici l'utilisation d'un choeur féminin synthétique lorsque Mulder, équipé d'un antidote, se met en quête de Scully, qui se trouve quelque part dans une base souterraine sous l'Antarctique. L'atmosphère se veut plus sombre dans 'Mind Games' tandis que la partition atteint son climax dans les frénétiques 'Nightmare' et 'Pod Monster Suite'. 'Nightmare' illustre la scène où Mulder recherche Scully dans l'installation souterraine extra-terrestre, la musique imposant ici - comme l'indique le titre du morceau - une vraie ambiance cauchemardesque et claustrophobique, avec son lot de cordes frénétiques, de cuivres massifs, de synthé atmosphérique et de percussions électroniques omniprésentes. 'Pod Monster Suite' fait monter la tension d'un cran et renforce cette atmosphère chaotique et cacophonique (accentuée par de multiples ruptures de rythmes et un martèlement incessant de percussions électroniques) alors que Mulder et Scully s'échappent ensemble du complexe extra-terrestre. Snow installe ici une vraie ambiance d'urgence et de danger avec un long crescendo de tension particulièrement efficace à l'écran, véritable climax de tension de la partition de 'X-Files: Fight The Future'. C'est donc avec un certain soulagement que l'on peut enfin respirer grâce au magnifique 'Crater Hug' pour la scène du décollage de l'immense OVNI laissant un gigantesque cratère dans la calotte glacière à la fin du film. 'Crater Hug' se distingue par son approche plus orchestrale dans laquelle résonne un certain lyrisme symphonique parfaitement inattendu, et qui évoque à la fois les retrouvailles entre Mulder et Scully et l'émerveillement de Mulder lorsqu'il assiste au décollage de l'OVNI, véritable concrétisation d'une passion hors norme du personnage pour tout ce qui touche au monde des extra-terrestres. On appréciera ici l'écriture particulièrement majestueuse et des trompettes et de cordes qui concluent le film en beauté, avec une ultime mais brève reprise du motif principal qui annonce le fait que l'aventure est loin d'être terminée.

Il est certain que la partition de 'X-Files : Fight The Future' permet à Mark Snow de marquer un point, là où l'on était en droit de se demander ce que le compositeur allait bien pouvoir faire pour la musique du film de Rob Bowman. Restant fidèle à ses synthétiseurs atmosphériques, Mark Snow nous livre une partition où la fusion orchestre/électronique permet d'offrir au spectateur/auditeur le meilleur des deux mondes, tandis que sa musique s'ancre au plus profond de l'intrigue conçue par Chris Carter et filmée par Rob Bowman. On pourra toujours critiquer le côté extrêmement répétitif de cette musique, ainsi qu'une certaine lourdeur redondante qui peut s'avérer lassante au fil des écoutes, mais ce serait passer à côté des nombreuses qualités d'une musique qui, à défaut d'être LE chef-d'oeuvre impérissable du compositeur, n'en demeure pas moins une composition de qualité qui laisse envisager de futurs grands projets pour Mark Snow, si ce dernier se décidait enfin à sortir de l'univers d'X-Files pour choisir des projets bien plus audacieux et recherchés. En tout cas, les fans de la série-TV devraient se ruer sur cette excellente BO, tandis que les autres pourront toujours apprécier à sa juste valeur l'illustration musicale des aventures de Mulder et Scully!

Quentin Billard

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