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Une musique d'action habituelle pour JNH, malheureusement gâchée par des sonorités électroniques trop envahissantes
The Bourne Legacy (James Newton Howard)

Quentin Billard - Publié le 19-09-2012


Pour JNH, rien de bien neuf avec « The Bourne Legacy » : le compositeur reste fidèle à son style synthético-orchestral largement proéminent chez lui depuis son rapprochement évident avec Hans Zimmer et ses sbires du studio Remote Control. Ainsi donc, le score de « The Bourne Legacy » s'inscrit dans la continuité directe de l'esthétique musicale moderne et rythmée voulue par John Powell sur les trois précédents épisodes de la franchise. 

Pas de surprise donc : James Newton Howard va là où on lui demande d'aller, point barre. « Legacy » introduit le film en rappelant subtilement le motif principal composé par John Powell sur les anciens films, l'ouverture servant de pont entre les scores de Powell (le thème mystérieux de basson, le motif rythmique des cordes) et la nouvelle partition de JNH, traduisant de façon implicite l'idée de « l'héritage » de Bourne. On retrouve ici le traditionnel mélange entre sonorités électroniques-synthétiques modernes et parties orchestrales sensiblement limitées au traditionnel trio cordes/cuivres/percussions. A cet univers de technologie high-tech et d'espionnage moderne, JNH répond comme Powell par une esthétique musicale toute aussi moderne, typiquement dans l'ère du temps (du moins pour l'époque), bien que déjà usée jusqu'à la moelle dans les films d'action américains de ces 20 dernières années. Ainsi donc, JNH expérimente autour de ses sonorités synthétiques sombres, froides et quasi mécaniques comme c'est le cas dans « Drone », à grand renfort de guitare électrique, loops, rythmes électro et cordes menaçantes. A noter à partir de 2 minutes un rythme plus nerveux et tendu des cordes graves, assez caractéristique des musiques d'action habituelles de JNH, malheureusement gâché par des sonorités électroniques trop envahissantes et trop présentes. Néanmoins, LE style action de James Newton Howard est toujours là et plaira à coup sûr aux fans du compositeur.

Après un premier morceau d'action rudement solide pour « Drone » lors de la séquence d'attaque du drone aérien, « NRAG » impose un climat plus tendu à base de nappes sonores et instrumentation plus réduite, tout comme « You Fell in Love », dominé par des cordes lentes et amères (on retrouve à 1:22 le motif de basson de John Powell !). Dans « Program Shutdown », c'est le début des ennuis pour Aaron Cross et ses compagnons, tués les uns à la suite des autres sur ordre de la CIA. On retrouve ici un style musical emprunté à « Salt », autre partition d'action récente de JNH qui surfait déjà sur des formules musicales similaires : à noter ici, en plus des rythmes électroniques, l'emploi de la guitare électrique (parfois filtrée, un peu comme dans « The Dark Knight » de Zimmer) et même de quelques sonorités orientales pour rappeler l'idée qu'Outcome se trouve implanté un peu partout dans le monde. De l'action, JNH nous en offre en veux-tu en voilà avec « High Powered Rifle », morceau d'action speed et nerveux à l'image du film, dominé par ses cuivres syncopés agressifs, ses cordes déchaînées et ses percussions synthétiques survoltées, traduisant l'idée de la course contre la montre et de la traque. Si l'on devine un soupçon de mélancolie dans la première section du sombre « They're All Dead », on retrouve les rythmes nerveux de « High Powered Rifle » ou « Drone » dans « Manila Lab », là aussi dominé par la guitare électrique et le motif d'action de cordes emprunté à « Drone », développé dans « You Belong Here ». Même chose pour l'agité « Doctor of What ? », l'agressif « Wolf Attack » et le survolté « Aaron Run ! », nouvelle illustration musicale musclée d'une scène de course poursuite et probablement l'un des meilleurs morceaux d'action du score de JNH avec la longue course poursuite finale en moto de l'impressionnant « Magsaysay Suite ». James Newton Howard n'offre donc rien de nouveau avec « The Bourne Legacy » et prolonge le travail de John Powell en conservant un style totalement similaire sur le film de Tony Gilroy, inspiré des productions Remote Control. La musique est mixée suffisamment fort à l'écran pour pouvoir retenir notre attention, apportant un rythme et une tension nécessaire aux images. Mais encore une fois, on ne peut qu'être déçu quand on connaît le potentiel réel du compositeur, autrefois prometteur, aujourd'hui en panne d'inspiration flagrante et en pilotage automatique sur la plupart de ses partitions pour le cinéma : vivement les retrouvailles entre JNH et Shyamalan, qui semble apparemment être le seul réalisateur d'aujourd'hui pour lequel JNH s'investit dans son travail avec davantage de passion et d'inspiration !

 

Quentin Billard - Publié le 19-09-2012

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