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Festival du Film de Pau 2012 : 3 questions à Vadim Sher pour son ciné-concert
Pau, 6 décembre 2012

- Publié le 07-12-2012
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Le Festival du Film de Pau qui se déroule du 4 au 9 décembre 2012 a proposé un Ciné-concert dirigé par Vadim Sher autour du film russe "La Maison de la rue Troubnaïa" de Boris Barnet.3 questions au compositeur et un extrait vidéo.

 Voir notre page dédiée au Festival du film de Pau

 

Ciné-concert : "La Maison de la rue Troubnaïa" de Boris Barnet

Le film muet est accompagné en direct par Vadim Sher (piano, orgue) et Dimitri Artemenko (violons). Cette création musicale a remporté en 2007 le 1er prix de la compétition «Rimusicazioni» au Festival international de Bolzano (Italie).

Plus de 80 ans après sa sortie, cette comédie burlesque n'a rien perdu de son charme, de sa légèreté et de son humour. La bande-originale, pleine de surprises et d'amusement, chorégraphie l'image et rend le film très actuel.

Extrait du ciné-concert

 

3 questions à Vadim Sher :

Cinezik : Vous étiez juré au Festival de Pau l'année dernière, est-ce que vous travailliez déjà sur ce ciné-concert ?

Vadim Sher (à gauche au piano sur la photo) : On m'a invité en effet l'année dernière à être jury dans le festival, cela a abouti à la rencontre avec la directrice qui m'a proposé de revenir pour le ciné-concert.
Ce ciné-concert a été crée en 2007, il a donc déjà cinq ans. Il a évolué car on essaie entre chaque concert d'améliorer les choses. On découvre à chaque concert de nouvelles sources d'inspiration qu'on essaie d'intégrer en live, puis de garder par la suite. L'image inspire énormément. Même si les choses sont écrites à l'avance, l'interprétation évolue.

Quel est le principal enjeu du ciné-concert pour un compositeur ?

V.S : Le plus grand enjeu est l'absence d'un réalisateur. On prend toute notre responsabilité pour traduire en musique l'émotion que le réalisateur a voulu donner. Il ne faut pas le trahir en faisant des contresens. Il ne faut pas non plus que la musique prenne le dessus par rapport à l'image, on est sur un fil. On est sur scène, c'est un concert, mais le film doit exister. C'est une question d'équilibre. En composant, on fait une maquette avec l'ordinateur et des synthés, pour voir le résultat sur le film avec du recul, car une fois qu'on a composé, cela peut ne pas fonctionner.

Quel est votre parcours, d'abord musicien en Russie puis des ciné-concerts en France ?

V.S : Je suis né en URSS, le plus grand pays du monde, mais dans une de ses républiques qui est devenu en 1991 l'un des plus petits états d'Europe, l'Estonie. Au moment de l'éclatement de l'Union soviétique, je suis parti en France pour aller dans un pays où je puisse trouver du travail dans la musique. Je sortais de l'école de musique en Russie avec une formation très classique. En arrivant en France, j'ai fait une rencontre décisive avec un couple célèbre : Shirley et Dino qui m'ont proposé en 97 de faire la musique de leur spectacle "Cabaret citrouille", et je me suis rendu compte que j'aimais travailler pour le théâtre. Et de là je suis arrivé au cinéma. Le travail du musicien de scène n'est pas si différent du cinéma. On travaille dans les deux cas avec un metteur en scène, en ayant à faire avec l'image et le texte en même temps. La seule différence, c'est que le théâtre est un travail moins solitaire, la musique se crée en même temps que le spectacle, tout au long de la création. Alors qu'au cinéma, on arrive bien souvent à la fin, même si je trouve que le compositeur a sa place au tournage. j'ai d'ailleurs toujours demandé d'y assister. Ainsi, le ciné-concert est une manière pour moi d'allier le cinéma et le plaisir de la scène. Mais je ne veux pas non plus m'enfermer dans le ciné-concert. J'adore faire cela, mais en France on aime mettre les gens dans des cases, alors j'ai peur de me retrouver dans la case "compositeur pour le cinéma muet", je n'aimerais pas. C'est une de mes activités, j'aime beaucoup aussi les réalisateurs vivants !

Propos recueillis le 6 décembre 2012 à Pau par Benoit Basirico

 

- Publié le 07-12-2012

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