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Critiques BO

musique personnelle et authentique
Man Of Steel (Hans Zimmer)

Sylvain Rivaud - Publié le 30-05-2013


Hans Zimmer a tenté d’écrire la musique la plus adaptée au film de Zack Snyder avec une sincérité évidente. On reconnaît son style et la relative absence d’orchestre est bien la preuve que le compositeur s’y est attelé essentiellement lui-même.

 

Le compositeur l'avait affirmé à plusieurs reprises en 2012 et nous l'avait confirmé lors de notre entrevue à Paris : MAN OF STEEL serait un nouveau tournant de sa carrière avec une approche plus mélodique que ses succès précédents, en particulier la trilogie Batman de Christopher Nolan pour laquelle son approche anti-mélodique avait été très critiquée (le compositeur semble avoir tenu compte de ces remarques), tout en affirmant que chaque film étant différent, il ne souhaitait pas du tout opter pour la même approche, ni être sous l'influence de John Williams qui avait composé la musique du film de 1978.

Hans Zimmer a donc fait table rase des attentes et a tenté d'écrire la musique la plus adaptée au film de Zack Snyder. Ce qui frappe à l'écoute de ce score c'est la sincérité évidente dont il est issu et le coeur qu'il y a mis. On reconnaît son style entre mille et la relative absence d'orchestre est bien la preuve que le compositeur s'y est attelé essentiellement lui-même. On a parfois l'impression d'entendre des démos plutôt qu'une musique complètement orchestrée : c'est la spontanéité de Zimmer qui se révèle ici, avec ses faiblesses mais aussi sa force, car pour le coup sa musique est bien plus personnelle et authentique ici que dans ses derniers scores pour la saga "Pirates des Caraïbes" et "Batman".

En définitive, les fans de Zimmer vont retrouver leur compositeur en bonne forme, et ses détracteurs vont entendre dans MAN OF STEEL tout ce qui leur font détester Zimmer ! Une chose est sûre : Zimmer y a mis du coeur et on ne l'avait pas entendu aussi spontané et personnel depuis longtemps. Clairement, il a été libre de faire ce qu'il veut, sans pression. Malgré tout, il est difficile d'affirmer que Hans Zimmer a été très inspiré sur ce score, et encore moins innovant. MAN OF STEEL regorge de facilités et de morceaux plus ou moins anecdotiques, à côté de quelques fulgurances dont il a le secret. On reste assez proche en terme esthétique de THE DARK KNIGHT RISES. Certes il y a un thème, mais ce n'est pas non plus LE thème. Difficile de juger de son impact sans avoir vu les images.

Comme à son habitude, Zimmer a produit un disque qui s'écoute sans pause entre les morceaux, qui s'enchaînent en fondus.

Détail de l'album piste par piste :

1. Look at the Stars : ouverture calme et méditative, Zimmer esquisse son thème en léger crescendo, annonçant un score épique, bien que pour le moment tout est encore en retenue.

2. Oil Rig : morceau extrêmement percussif, dans la lignée de THE DARK KNIGHT RISES.

3. Sent Here for a Reason : passage atmosphérique et très aérien, éthéré, avec un peu de piano, qui fait référence d'une certaine manière à "The Fortress of Solitude" du score de John Williams pour le SUPERMAN de Richard Donner de 1978.

4. DNA : nouveau motif bouclé de 4 notes, repris en ostinato avec grand orchestre, cuivres et synthés. Ici, on est très proche du style ultra massif et vif de "The Dream is Collapsing" d'INCEPTION.

5. Goodbye My Son : une voix féminine s'élève avant la reprise du thème, puis en choeurs.

6. If you Love These People : ça faisait longtemps qu'on avait pas entendu de guitare électrique chez Zimmer, la voilà le retour, dans un morceau percussif et épique qui nous rappelle les années 90 du compositeur. Pour le coup, ça sonne un peu anachronique et les synthés sont très présents, mais l'âme de Hans Zimmer est bien là. Le motif de 4 notes revient.

7. Krypton's Last : le thème associé à Superman est joué au violoncelle.

8. Terraforming : gros morceau d'action de presque dix minutes, dans la tradition du Zimmer que l'on connaît bien, avec grosses envolées de cuivres, percussions tonitruantes, cordes en ostinato. Rien de bien original, mais on est en terrain connu et les amateurs apprécieront. Là encore on retrouve son style épique des années 90 avec choeurs d'hommes synthétiques, par exemple, comme dans CRIMSON TIDE (1995).

9. Tornado : Passage percussif puis intimiste, avec apparition du piano, sans grand relief.

10. You Die of I Do : morceau assez percussif et massif.

11. Launch : nouvelle variation du thème principal. On retrouve ici comme dans d'autres pistes des sonorités héritées de DA VINCI CODE, ainsi qu'une voix de femme.

12. Ignition : morceau percussif sans véritable mélodie.

13. I Will Find Him : morceau en crescendo, là encore très percussif, et clairement épique, avec une autre variation du thème.

14. This is Clark Kent : passage plus intimiste, avec une reprise du thème au piano.

15. I Have so many Questions : morceau jumeau de "Launch", lent et assez mystérieux, puis une reprise au violoncelle du thème principal.

16. Flight : LE morceau final, avec la reprise épique du thème principal, comme dans "Chevaliers de Sangreal" de DA VINCI CODE. C'est l'accomplissement des multiples variations du thème, et semble évoquer l'acceptation du destin de Superman par lui-même.

17. What are you going to do when you are not saving the World ? : reprise intimiste du thème dans sa variation associée à Clark Kent (piste 14), également repris en crescendo massif. Zimmer en mode épique, clairement. Après tout, c'est ce qu'on attendait de lui sur ce film.

 

Sylvain Rivaud - Publié le 30-05-2013

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