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Interview Jérôme Rebotier : la musique éclectique de SAHARA
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Interview réalisée à Paris le 6 février 2017 par Benoit Basirico - Publié le 09-02-2017
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Jérôme Rebotier, connu pour ses comédies (“Papa ou Maman”, “Le Prénom”...) signe avec SAHARA (sorti le 1er février 2016) la musique de son premier film d'animation, pour le premier long métrage de Pierre Coré. Ses instrumentaux s’associent à des chansons, fruit de diverses collaborations. Rencontre dans le cadre de la participation mensuelle de Cinezik à l'émission "Vive le cinéma" de Aligre FM.

  Ecoutez l'interview au sein de l'émission de radio (dés 6:15):


Interview Jérôme Rebotier

Cinezik : Pour SAHARA, deviez-vous imaginer une musique du désert ?

Jérôme Rebotier : L'idée de Pierre Coré était de ne pas se focaliser sur le fait que le film soit dans le Sahara. Le désert est plus symbolique qu'autre chose. On a travaillé sur divers genres de musique. On a fait chanter des enfants en polynésien, on a fait des musiques avec le rappeur Sly Johnson, des musiques plus pop, et du score d'orchestre pour les poursuites. Pierre avait envie d'avoir une musique très éclectique, de mélanger chansons et score.

Il s'agit de votre premier film d'animation, quel a été l'enjeu pour ce type de film ?

J.R : Le processus a duré très longtemps, surtout que c'était le premier film de Pierre. Il a tenu à ce que l'on travaille ensemble dès le début. Puisqu'il ne connaissait pas encore le travail de musique pour un film, il avait besoin que l'on fasse des ébauches, pour savoir assez vite où on allait. On a travaillé un an et demi en 3 fois : j'ai travaillé sur l'animatique, je lui faisais des propositions quand le film était en production, puis on a retravaillé sur les maquettes pour qu'elles aillent vraiment là où elles devaient aller, et à la fin, quand le film était terminé, j'ai ajusté la musique à l'image.

Qu'est-ce qui vous inspire le plus sur un projet, le scénario, la discussion avec le réalisateur, ou l'image ?

J.R : J'ai besoin d'un univers. En voyant des images, je me suis aperçu que j'avais envie de faire de la musique de film, j'avais envie de composer des choses selon les images que je voyais. Et comme j'ai eu la chance d'étudier la musique classique et de faire beaucoup de rock, mes univers sont différents selon les films. À partir du moment où je rentre dans l'imaginaire d'un réalisateur, tout ce qui peut motiver ma créativité fonctionne.

Le réalisateur vous a t-il indiqué des références ?

J.R : Le réalisateur m'a très peu fait écouter de choses, mais il m'a surtout parlé de certaines références. J'aime bien que cela parte de mon univers plutôt que de celui d'un autre. Je lui ai proposé des choses et on a pris ce qui lui plaisait dans ce que j'ai proposé.

Vous signez quelques morceaux sous le titre "Robots and Friends" (Rebotier et ses amis)...

J.R : Quand j'écris des chansons, puisque le score me prend beaucoup de temps, je fais participer des amis pour les textes et pour la production. C'est devenu depuis 3/4 films une habitude. Cela me permet de travailler avec beaucoup de gens.

Les acteurs qui font les voix (Omar Sy, Louane Emera, Franck Gastambide...) avaient-ils les musiques dans l'oreille lors de leur interprétation ?

J.R : Les acteurs ont entendu le film après le mix final, donc ils avaient la musique. Elle a pu influer sur leur interprétation. Pour un film de 1h20, il y a 55 minutes de musique. La musique prend en charge beaucoup de choses, surtout que là on est dans le désert. La bande-son du désert étant assez limité, la musique avait toute sa place.

Au delà de l'animation, il s'agit aussi d'une comédie, un genre que vous affectionnez...

J.R : J'ai horreur de faire de la musique qui fait rire. Cela fait 20 ans que je fais des musiques de comédie, et on m'a beaucoup reproché de faire de la musique mélancolique. Je pense que ce qu'il fait rire dans la comédie, c'est le jeu des comédiens, la musique est là pour travailler sur les sentiments, plus que sur le rire.

Quelle était l'intention pour PAPA OU MAMAN 1/2 (Martin Bourboulon, 2015/2016) ?

J.R : C'est plus du jazz dans l'esprit. Le premier épisode était vraiment du jazz, avec clarinette, contrebasse, batterie. Le deuxième est un peu plus pop car on a abandonné tous les instruments classiques, on a laissé basse et batterie avec du synthétiseur et de la guitare.

Votre travail est toujours assez mélodique...

J.R : Je viens de là en fait. J'ai au départ écrit beaucoup de musique de film mélodique. Pour LAISSONS LUCIE FAIRE! (Emmanuel Mouret, 2000) par exemple, c'était vraiment un thème qui revenait 29 fois dans le film. Mais plus ça va, plus j'aime travailler également autour des textures et de choses plus modales.

Interview réalisée à Paris le 6 février 2017 par Benoit Basirico - Publié le 09-02-2017

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