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Interview B.O : Jonathan Zalben, un docu pour HBO (THERE'S SOMETHING WRONG WITH AUNT DIANE)

Interview réalisée par Ludovic Pathoux - Publié le 07-09-2011
zalben, - Interview B.O : Jonathan Zalben, un docu pour HBO (THERE'S SOMETHING WRONG WITH AUNT DIANE)


Violoniste et compositeur de formation, Jonathan Zalben a étudié la musique à l'Université de Yale ainsi qu'à l'université de New-York. Il s'est illustré récemment en composant pour le film SON OF MORNING (avec Joseph Cross, Danny Glover, Heather Graham), ainsi que le documentaire HBO THERE'S SOMETHING WRONG WITH AUNT DIANE.

Cinezik : Concernant la musique du documentaire HBO "THERE IS SOMETHING WRONG WITH AUNT DIANE" dont on peut entendre quatre extraits sur votre site (http://jonathanzalben.com/), quelle a été votre inspiration quant à l'utilisation de l'ambiance musicale interprétée par un ensemble violon, piano et guitare électrique ?

Jonathan Zalben : Le violon est l'instrument principal que je joue. Cela apporte une belle texture à certains moments du film. La guitare électrique est autant mise en évidence que le piano et le violoncelle. Ils fonctionnent très bien tous ensemble. C'est très diffus. Ce n'est pas une grosse partition orchestrale ni un film d'action, c'est un drame, par conséquent ces instruments nous amènent eux-mêmes vers l'aspect dramatique. C'était ce vers quoi je voulais aller avec cette palette sonore. Quand j'ai commencé à écrire mes premières notes, j'ai commencé avec une guitare et un piano et ensuite j'ai rajouté le violon et le violoncelle.

Comment s'est passée votre collaboration avec les autres musiciens ? 

J.Z : C'était super ! J'ai adoré travailler avec les autres musiciens. Le pianiste est un spécialiste d'Eric Satie (ndlr : Pianiste d'origine Ecossaise né à Honfleur 1866-1925). Il a beaucoup travaillé sur des musiques françaises, donc cela a été une source d'inspiration. Il a apporté une très jolie tonalité sur son piano Steinway des années 30. Le violoncelliste a été enregistré après les partitions pour guitare et violon. J'ai dû faire des maquettes pour piano et violoncelle, donc je savais exactement où je voulais aller et ce que ça donnerait musicalement parlant. 

Comment s'est passée votre collaboration avec la réalisatrice Liz Garbus ? Etait-ce votre première collaboration ? 

J.Z : C'était en effet notre première collaboration, mais j'ai fait un autre film avec son monteur M. Watanabe Milmore, DOUBLE TIME. 

Comment ce sont passés les échanges avec la réalisatrice ? Est-ce que Liz Garbus vous a fourni des références qu'elle avait appréciées de vos précédents travaux sur des documentaires ?

J.Z : Nous avons utilisé beaucoup de mes précédentes musiques dans le film pour engager la conversation. Il y avait le court métrage EMPIRE pour lequel j'avais composé quelques morceaux qui se sont retrouvés dans le documentaire. J'ai fait un tas de variations sur la musique. Ils ont été le point de départ et ensuite ils ont travaillé sur d'autres morceaux. Tous ces morceaux avaient la même palette que ma propre musique, donc la collaboration a été très naturelle. 

Est-ce que vous avez travaillé directement à partir du script ou en regardant le premier montage du film pour composer ? 

J.Z : J'ai travaillé sur un premier montage incluant certains de mes morceaux. J'ai gardé un oeil sur son évolution, commençant par effectuer des variations sur ma musique en conservant le ton et l'esprit général. Ensuite je les ai intégrés au film pour voir ce qui fonctionnait et vers où certains morceaux tendaient à aller. C'est le processus qu'a connu le film. 

Vous avez composé beaucoup de Score comme SON OF THE MORNING, GODS OF CIRCUMSTANCES, THE GENETIC OPERA, KISSING COUSINS, SNOOP DOG, etc... Quel a été celui qui vous a posé le plus grand challenge ? 

J.Z : Chaque score est un nouveau challenge et j'adore travailler sur différents types de films. A chaque fois c'est différent et rafraîchissant. Vous n'avez pas forcément la même approche sur chaque film. Il y a une infinité de façons de présenter les personnages. Il y a un style de rendu spécifique à chaque film. Bien évidemment on trouve toujours des similarités, mais j'essaie d'apporter à chaque film de la nouveauté en répondant à ce dont il a besoin. 

Est-ce qu'au moment de recevoir votre "Bachelor of Arts" et "Master of Arts" des Universités de New York et de Yale, vous pensiez un jour être amené à devenir un compositeur de musique de film ? 

J.Z : J'ai toujours été intéressé par la composition de musique de film en tant que profession mais je n'étais pas sûr à 100% que c'était vraiment là où je souhaitais aller. Je me suis retrouvé à travailler sur des publicités, des concerts, du multimédia et du théâtre, ce que je continue de faire du reste. Mais je me concentre en priorité actuellement sur la musique de film, que j'apprécie tout particulièrement. 

Saviez-vous que les gens dans le milieu de la musique de film vous appellent le Roi de la musique de documentaires ? Comment le ressentez-vous ? 

J.Z : C'est un peu étrange. Je ne me considère pas moi-même comme le roi de quoi que ce soit. J'aime composer tout simplement et travailler avec d'autres personnes, donc quoi que je puisse faire, cela me rend heureux.

Quels genres de projets souhaiteriez-vous développer dans le futur ? Avez-vous des projets en cours dont vous souhaiteriez nous parler ? 

J.Z : Je travaille sur un certain nombre de films divers actuellement. Je travaille en ce moment pour la danse et je reviendrai à l'écriture pour le concert. Cela fait longtemps que je n'ai pas composé pour un concert. Quand j'étais en train de composer la musique de AUNT DIANE, j'ai commencé à faire des recherches musicales qui, je pensais, n'étaient pas appropriées pour ce film. Mais elles ont beaucoup de mouvements pour correspondre parfaitement sur mon projet de danse. Et puis j'ai le Score de "SON AND MORNING" qui sort en Septembre 2011 (en DVD) aux Etats-Unis, donc je suis très excité que le film sorte enfin car il était annoncé depuis longtemps.

Comme beaucoup d'entre nous qui partageons la même passion pour la musique de film, Je souhaiterais savoir si vous avez un compositeur favori ? 

J.Z : Il y a beaucoup de compositeurs et de Score que j'apprécie vraiment. Je peux vous donner une ou deux partitions de musique que j'affectionne tout particulièrement. Par exemple, j'adore le Concerto pour violons de Beethoven. C'est une œuvre magistrale à mes yeux. J'aime la musique "Einstein on the Beach" de Philip Glass, c'est une très belle œuvre et j'adore également "Well-Tempered Clavier" de Bach. Aussi loin que la musique puisse aller, ce sont d'énormes références pour moi. J'écoute également beaucoup de musiques de films. J'adore la musique de Bernard Herrmann, le score de "Lost" composé par Michael Giacchino et la plupart de musiques qu'il a composé pour le cinéma jusqu'à maintenant. J'ai beaucoup aimé la musique d'Eddie Vedder pour INTO THE WILD. J'ai trouvé que ses chansons étaient géniales. Et j'ai aimé le travail de Danny Elfman pour MILK. Si je devais choisir parmi toutes les musiques de film existantes, ce serait probablement ORANGE MECANIQUE, parce que j'adore l'emploi qu'a fait Kubrick de la musique de Beethoven. Wendy Carlos a repris des œuvres de Beethoven, Bach et Rossini et les a tellement bien mélangés et intégrés à ses morceaux, que cela leur a conféré une approche différente. A cette époque, elle a inventé énormément de sons particuliers que l'on ne retrouvait nulle part ailleurs. Puis elle a créé ses propres morceaux en utilisant les œuvres pré-citées dont parle Alex, le personnage principal du film, et les a intégré au cœur de sa musique et de l'action. C'est définitivement un Score que j'adore et que je prends toujours plaisir à réécouter souvent. Et Hitchcock également. Les Score les plus mémorables ne sont pas ceux qui accompagnent le film, mais ceux que l'on garde en tête et que l'on siffle en sortant de la salle.

Interview réalisée par Ludovic Pathoux - Publié le 07-09-2011

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