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Cannes 2018 : LES OISEAUX DE PASSAGE, premier coup de coeur musical du festival, à la Quinzaine, signée Leonardo Heiblum
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Benoit Basirico - Publié le 10-05-2018
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Les colombiens Ciro Guerra & Cristina Gallego reviennent à Cannes (La Quinzaine des réalisateurs) après leur premier film L'ÉTREINTE DU SERPENT en 2015 pour ce film de genre singulier, une sorte de Western à la Sergio Leone, mêlant une guerre de clans dans les années 70 en plein désert colombien, et la pure contemplation mettant nos sens en émerveillement . A l'image du jeu de séduction qui inaugure le film (une danse un peu spéciale sur un rythme de percussions), cette oeuvre magistrale est un ravissement pour les yeux (paysages, couleurs, cadrages rigoureux) et les oreilles (une musique bien pensée, intervenant à de justes moments).

En effet, le compositeur mexicain Leonardo Heiblum, que nous annonçions lors de notre rencontre à Cannes (Un Certain Regard 2013) pour RÊVES D'OR (Diego Quemada-Diez) comme le représentant d'une nouvelle vague mexicaine en musique de film, et qui depuis a enchainé avec LA DEMORA (2013) et UN MONSTRE A MILLE TÊTES (2016) de Rodrigo Pla, PORFIRIO (2013), ALLENDE (2015)... confirme son talent !

Il livre une partition s'affirmant par fulgurance comme un véritable personnage, annonçant les duels par ses percussions, agrémentée d'instruments traditionnels telle que la flûte Sawawa ou la guitare Kasha. La musique n'est pas ici dans une illustration passive, elle participe à l'action, instaure un suspens, annonce les charges violentes. Elle inquiète, mais aussi participe au burlesque sous-jacent par son instrumentation décalée. L'humour accompagne la noirceur dans un même mouvement ravageur. Ce film aborde la violence de son sujet avec un grand sens du hors-champs et de l'absurde. La musique, cet élément invisible, parvient magnifiquement à s'imposer comme l'une des contributions essentielles à la réussite de cette oeuvre forte.

 

Benoit Basirico - Publié le 10-05-2018

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