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Interview B.O à Cannes : Patrick Bouchard, réalisateur / compositeur québécois du court-métrage LE SUJET
#Cannes2018

Propos recueillis par Benoit Basirico - Publié le 18-05-2018
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Le court-métrage d’animation LE SUJET de Patrick Bouchard, est le seul film québécois et canadien sélectionné à Cannes en mai 2018 avec sa sélection à la Quinzaine des Réalisateurs. C’est aussi le seul réalisateur en sélection qui écrit la musique de son propre film. 

Le sujet du SUJET :
Un animateur fouille son propre corps pour en extirper les souvenirs, les émotions et les angoisses qui viendront nourrir son œuvre. De la peau d'abord coupée au scalpel surgissent divers objets symboliques évoquant son passé. Arrivé au cœur après s'être fracassé les côtes, il parvient à identifier le poids dont il veut se délester.

Interview :

Cinezik : Pourquoi avoir composé vous-même la musique de votre film ?

Patrick Bouchard : Dans cette expérience de faire ma propre musique de film, j'ai trouvé génial de constater cette proximité entre le cinéma et la musique, et de pouvoir les mettre enfin ensemble. Ce sont deux médiums qui vont de pair naturellement pour moi.

Le son est aussi très proche de la musique dans ce travail...

P.B : La conception sonore et la musique sont en lien pour moi. Ce sont deux choses qui se chevauchent. J'avais déjà une rythmique au son, conçue par un concepteur sonore avec lequel j'ai l'habitude de travailler, une rythme de mécanique de pompe, et j'ai construit la musique à partir de cela.

Quelle est pour vous la juste place de la musique ?

P.B : Il ne faut pas qu'on se rende compte qu'il y a la musique. C'est un défi. Il ne faut pas que ça vienne masquer quoi que ce soit. Il ne faut pas que l'intellect du spectateur soit trop happé par la musique et en oublie l'image.

Quelle a été l'intention musicale ?

P.B : C'était un travail émotif extrêmement intense, tout comme l'image. J'ai dû aller puiser au plus profond de moi. Une première version du film fonctionnait sur des codes du cinéma d'horreur, je jouais sur le sensationnel, et j'en avais oublié un peu l'essence même du film, un film extrêmement viscéral qui fait appel à l'émotion et aux souvenirs. J'ai donc changé mon orientation. Il fallait trouver une chose très simple, un thème très simple qui fasse appel à la nostalgie. La musique, c'est un instrument de la nostalgie.

Votre musique est en effet très minimaliste...

P.B : Le thème du film est basé sur quatre accords, et c'est le deuxième accord qui fait le travail de nostalgie, qui fait appel à autre chose que simplement venir appuyer une action. Il fallait aussi que ce soit très organique, trois accords très simples qui me touchaient émotionnellement. La musique est géniale pour aller chercher ces choses enfouies. On n'est pas dans le concret, tout est possible, mais il faut s'arrêter sur la chose qui nous fait prendre feu à l'intérieur. Quand le feu prend, quand on ressent une petite chaleur au plexus solaire, on est dans le bon. J'avais envie d'y aller extrêmement simplement, la simplicité étant de trouver les 3 ou 4 accords qui fonctionnent.

Quel style de musique affectionnez-vous ?

P.B : Mon bagage musical est extrêmement hétéroclite. J'aime autant le métal très extrême depuis tout jeune et la chanson française des années 50. J'écoute ce qui me fait quelque chose à l'intérieur. J'arrête de me fixer des barrières et des etiquettes, la seule chose importante est ce qui me provoque une émotion. Même si c'est considéré comme ringard.

 

Propos recueillis par Benoit Basirico - Publié le 18-05-2018

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