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Critiques BO

BO électro culte #7 : MIDNIGHT EXPRESS (1978), la musique d'une fuite en avant
Midnight Express (Giorgio Moroder)

par Benoit Basirico - Publié le 05-05-2019
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Voici le 7e épisode de notre série consacrée aux B.O cultes exploitant le potentiel de la musique électronique, avec celle du MIDNIGHT EXPRESS (1978) de Alan Parker.

Le grand producteur disco italien Giorgio Moroder retrouve Alan Parker après les chansons de la comédie musicale FAME où il excellait dans les mélodies et les arrangements percutants. Ici, il propose des instrumentaux exclusivement composés pour des synthétiseurs. Cette partition remporte l'Oscar de la meilleure musique de film et annonce le début d'une série pour le compositeur, auprès de Paul Schrader (La Féline, 1982), ou encore Brian de Palma (Scarface, 1983). Il a fait naitre un "son Moroder" inégalé qui a pu "colorer" les films de son empreinte. Le cinéma, aux antipodes de ses tubes disco, a pu faire émerger sa facette plus sombre, à travers des films policiers ou d'horreur. MIDNIGHT EXPRESS est de ceux-là. Même si l'ouverture ("Chase") a un côté dansant, ce n'est que passager, avant la descente aux enfers.

Pour ce drame carcéral avec Brad Davis, les sonorités synthétiques contribuent à l'ambiance poisseuse de la prison, à l'angoisse véhiculée par les couloirs exigus. Cette musique oppressante est dans la peau du prisonnier, elle épouse sa fuite en avant, elle colle à sa cavale lorsqu'il tente d'échapper aux autorités turques. Elle incarne son adrénaline et son espoir. D'ailleurs, le son de ses battements de coeur se mêlent aux notes. A la fois pulsation et projection mentale (subjective), la musique est aussi en alchimie avec le décor, non seulement celui du camp de prisonnier, mais aussi des extérieurs. Elle retranscrit le rapport à l'espace, étouffée dans les espaces clos, elle prend de l'ampleur lorsque l'horizon apparait.

Enfin, cette musique ne se prive pas d'un certain lyrisme et d'envolées héroiques, ce qui rapproche Moroder d'un certain Vangelis (dont la musique devait initialement être exploitée par Alan Parker). Le compositeur propose même un "Love Theme" digne des plus belles romances, le synthé remplaçant les violons ou le piano. Derrière le chaos ("Cacophoney"), malgré le numérique, la musique préserve une trace humaine et sentimentale d'où émerge un thème mémorable, repris plusieurs fois dans le film, notamment en chanson de fin.

Tous les épisodes : 

BO electro culte #1 : PLANÈTE INTERDITE (1956), quand la Science-Fiction autorise des sons étranges

BO electro culte #2 : SOLARIS (1971), une planète à inventer

BO electro culte #3 : AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU (1972), une expédition méditative 

BO électro culte #4 : LA PLANÈTE SAUVAGE (1973), une déshumanisation délirante

BO électro culte #5 : ASSAUT (1976), motifs synthétiques pour la menace permanente

BO électro culte #6 : LE CONVOI DE LA PEUR (1977), une excursion onirique 

BO électro culte #7 : MIDNIGHT EXPRESS (1978), la musique d'une fuite en avant

BO électro culte #8 : BLADE RUNNER (1982), une plongée dans l'immatériel

BO électro culte #9 : VIRGIN SUICIDES (1999), un destin tragique 

par Benoit Basirico - Publié le 05-05-2019

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