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Critiques BO

BO électro culte #8 : BLADE RUNNER (1982), une plongée dans l'immatériel
Blade Runner (Vangelis)

par Benoit Basirico - Publié le 06-05-2019
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Voici le 8e et avant dernier épisode de notre série consacrée aux B.O cultes exploitant le potentiel de la musique électronique, avec celle du BLADE RUNNER (1982) de Ridley Scott.

Le compositeur grec Vangelis, considéré comme un pionnier de la musique électronique (au même titre que Jean-Michel Jarre en France ou Kraftwerk en Allemagne) enchaine les films internationaux depuis le succès (et l'Oscar remporté) pour LES CHARIOTS DE FEU en 1981. Avec ce score futuriste et atmosphérique, première collaboration avec Ridley Scott (avant leurs retrouvailles 10 ans plus tard sur 1492 CHRISTOPHE COLOMB), il signe surement sa meilleure BO, parce qu'elle s'échappe d'une fonction accessoire pour véritablement coller à l'atmosphère du film au point de se confondre avec le décor. Même si on entend dés l'ouverture le célèbre thème ("Main Title") celui-ci ne se retrouve pas développé au coeur du film, il représente ainsi une identification en introduction avant une plongée dans l'immatériel.

Le film de Ridley Scott peut être considéré comme un film noir (un hommage aux années 40 à Hollywood avec la femme fatale, le détective, et l'homme à abattre) mais transposé dans le futur. Ainsi, Vangelis propose pour l'univers S.F une partition électronique au synthétiseur et y ajoute sur certains passages un saxophone pour convoquer l'aspect cuivré des films policiers d'antan. Tel un caméléon, le compositeur se met en retrait pour retranscrire avec discrétion le climat sombre et mystérieux, en construisant des ambiances avec la même lenteur indolente qui est celle de l'évolution du récit. Le film comme la musique jouent sur une immersion contemplative. Vangelis caractérise malgré tout les personnages, illustre la solitude de Deckard (Harrison Ford), incarne son amour naissant pour Rachael (Sean Young), mais toujours dans une même continuité auditive. La musique atmosphérique et celle des protagonistes se confondent.

La musique en suspension et aérienne contribue au climat général au même titre que le décor. A cet effet, les notes sont reliées aux paroles et aux bruits de manière unifiée, pour un même continuum sonore, tel que cela a déjà été entrepris dans THX 1138 (1971) de George Lucas avec Lalo Schifrin. De plus, Vangelis a employé une voix de femme orientale au sein de sa partition pour situer le film dans le quartier chinois où l'action évolue. Le paysage musical et sonore participe à un certain envoutement, et prend pleinement en charge la thématique sur la relation entre robots et humains, associant la froideur électronique à des timbres plus chauds, combinant l'abstraction la plus totale avec un réalisme de proximité, en jouant avec le contexte spatial. On peut citer TRON (musique de Wendy Carlos, 1982) dans l'illustration électronique du virtuel qui émerge dans le réel, ou encore ROBOCOP (musique de Basile Poledouris, 1987) où se côtoie robot (notes numériques) et humains (écriture symphonique). Dans BLADE RUNNER, l'humain a le dernier mot, la partition pesante évolue vers plus de lyrisme et de douceur. Deckard retrouve à la fin un peu d'humanité.

Tous les épisodes : 

BO electro culte #1 : PLANÈTE INTERDITE (1956), quand la Science-Fiction autorise des sons étranges

BO electro culte #2 : SOLARIS (1971), une planète à inventer

BO electro culte #3 : AGUIRRE, LA COLÈRE DE DIEU (1972), une expédition méditative 

BO électro culte #4 : LA PLANÈTE SAUVAGE (1973), une déshumanisation délirante

BO électro culte #5 : ASSAUT (1976), motifs synthétiques pour la menace permanente

BO électro culte #6 : LE CONVOI DE LA PEUR (1977), une excursion onirique 

BO électro culte #7 : MIDNIGHT EXPRESS (1978), la musique d'une fuite en avant

BO électro culte #8 : BLADE RUNNER (1982), une plongée dans l'immatériel

BO électro culte #9 : VIRGIN SUICIDES (1999), un destin tragique 

par Benoit Basirico - Publié le 06-05-2019

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