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Compositeurs

Trevor Jones  
Né à Cape Town, en Afrique du Sud, en 1949.

Trevor Jones

Compositeur devenu culte dès le début de sa carrière, dans les années 80, Trevor Jones est l'un des rares compositeurs à Hollywood qui puisse se permettre de ne faire qu'une BO par an pour vivre ! Si sa musique se fait de plus en plus rare dans les salles, il n'en demeure pas moins un musicien incontournable.

Incontournables du compositeur

Le concert de Trevor Jones au Teatro Monumental de Madrid était le deuxième grand évènement très attendu du Festival Soncinemad. Après un concert remarquable la veille d’Harry Gregson-Williams, c’est au tour du grand Trevor Jones de diriger ses propres musiques de film, interprétées par le RTVE Symphony Orchestra and Choir, orchestre de la radio et de la télévision espagnole fondé en 1965 et considéré comme l’un des plus importants orchestres d’Espagne. Le programme du concert était assez alléchant, bien que certaines partitions majeures du compositeur manquaient à l’appel, comme DARK CITY, FROM HELL ou DINOTOPIA.

Le concert débuta sur le fameux thème de CLIFFHANGER, hélas introduit d’entrée par un couac des cuivres fort regrettable. Heureusement, les musiciens se sont très vite rattrapés et nous ont offert une performance savoureuse de cette mélodie grandiose et majestueuse qui secoua la salle d’entrée de jeu. Dommage que Jones n’ait choisi de ne faire jouer que le thème principal de cet excellent score d’action considéré par beaucoup comme l’un de ses plus grands classiques. On resta de nouveau dans le grandiose avec MERLIN, pour lequel le compositeur a choisit de jouer une petite suite de pièces issues de cet excellent score épique et magique pour la mini série avec Sam Neil. L’orchestre résonnait dans toute sa splendeur, incluait même un synthétiseur relié à un ordinateur pour les effets sonores un peu plus spéciaux de la musique. FOR ROSEANNA apporta ensuite un doux vent de tendresse et de nostalgie avec cette très belle musique intimiste et moins connue du compositeur pour la comédie dramatique avec Jean Reno et Mercedes Ruehl. Trevor Jones a choisi de jouer là aussi plusieurs morceaux du score, incluant quelques solistes comme guitare, mandoline et accordéon (dommage qu’ils aient été placés complètement au fond à droite de l’orchestre, on aurait bien aimer les voir plus perceptiblement). Sans être le moment clé du concert, la partie de FOR ROSEANNA fut sans aucun doute l’un des moments les plus doux et les plus agréables du concert. On changea alors radicalement d’ambiance avec la récente partition de AEGIS écrite en 2005 pour le film japonais de Junji Sakamoto, pour laquelle Jones a composé une musique dramatique avec un traditionnel thème ample mémorable. La première partie du concert se conclut finalement sur THE LAST PLACE ON EARTH, musique écrite pour la mini série de 1985 narrant les aventures de deux explorateurs partis à la conquête de l’Antarctique. Jones nous proposa alors une suite à la fois énergique, envoûtante et dramatique de cette musique, utilisant à quelques moments des effets électroniques joués en direct et un thème principal ample et sombre, typique du compositeur. L’orchestre sembla alors particulièrement énergique, dominé par des percussions impressionnantes mais qui avaient parfois tendance à couvrir l’orchestre par moment. A noter que Jones utilisa aussi le chœur féminin pour ce morceau, apportant une touche de magie à cette dernière partie du concert.

La seconde partie débuta en grande pompe sur le très attendu thème de THE LAST OF THE MOHICANS. Bilan : interprétation sans faille pour ce célèbre thème à la popularité inébranlable, et qui fut vigoureusement applaudi par le public. On enchaîna sur trois autres morceaux du score, incluant la très spectaculaire musique de la bataille vers le milieu du film, morceau d’action énorme interprété là aussi à la perfection par l’orchestre, à tel point que le public fut une fois de plus comblé et se déchaîna dans un véritable tonnerre d’applaudissements (dommage que là aussi, les percussions aient eu tendance à noyer le reste de l’orchestre). On aurait simplement préféré entendre un peu plus souvent des morceaux de ce genre tout au long du concert, qui faisait la plupart du temps la part belle aux mélodies majestueuses ou aux morceaux plus intimes. Le concert atteint ensuite un véritable climax d’émotion avec le thème du fabuleux THE MIGHTY, interprété par l’orchestre et le chœur féminin avec une chanteuse soliste à la voix éthérée et gracieuse. Quel grand moment d’émotion ce fut d’entendre ce magnifique thème poignant interprété par des musiciens passionnés et inspirés (car il faut dire que toutes les interprétations étaient tout simplement remarquables !). Jones nous fit ensuite entendre en exclusivité mondiale sa musique pour FIELDS OF FREEDOM, musique qu’il vient juste de terminer pour le film de David de Vries retranscrivant la célèbre bataille de Gettysburg durant la guerre de sécession américaine. Le programme s’acheva sur une longue et passionnante suite de l’incontournable DARK CRYSTAL, autre grand moment du concert particulièrement attendu par tous les fans du compositeur, et exécuté à la perfection par l’orchestre. Les applaudissements du public furent tellement puissants et vigoureux que l’orchestre se lança très vite dans un bis.

En réalité, nous avons eu droit à de nouveaux morceaux, à commencer par DOMINICK & EUGENE (1988), musique intime pour guitare et orchestre écrite pour le drame avec Ray Liotta et Tom Hulce, une très belle musique qui fut suivi d’un dernier morceau, une reprise version jazzy du thème de THE LAST PLACE ON EARTH, qui fit là aussi son petit effet. Mais les applaudissements spectaculaires continuaient de retentir inlassablement dans la salle, avec un Trevor Jones visiblement ravi et en pleine forme, bien que les musiciens semblaient quelque peu épuisés. Après avoir remercié chaleureusement son public à plusieurs reprises, Trevor Jones quitta la salle, laissant un public comblé qui aurait même été prêt à écouter un troisième morceau supplémentaire. C’est dire l’ambiance qu’il y avait ce soir là à la fin du concert de Trevor Jones ! Bilan plus que positif donc pour cet excellent concert qui, bien que moins spectaculaire que celui d’Harry Gregson-Williams, nous a offert quelques grands moments de musique que l’on oubliera pas de sitôt !

Quentin Billard

NOS PHOTOS DU CONCERT DE TREVOR JONES :

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© Photo en médaillon : Sylvain Rivaud (Cinezik.fr)


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