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Compositeurs

Andrzej Korzynski  
Né en 1940 à Varsovie

Andrzej Korzynski
Fidèle collaborateur de Wajda et Zulawski, Korzynski est un véritable équilibriste perpétuellement partagé entre écriture symphonique poignante, rock et électronique.

Andrzej Korzynski naît le 2 mars 1940 dans la ville de Varsovie (Pologne). Il étudie la direction d'orchestre et la composition au Conservatoire National de Musique jusqu'à l'obtention de ses diplômes en 1963.

Il travaille comme animateur et compositeur à la Radio Polonaise à partir de 1961, en faisant découvrir à ses auditeurs de nombreux groupes de rock polonais. Passionné par le synthétiseur, il expérimente de nouvelles sonorités électroniques au sein de l'ensemble Arp Life (1973-1978).

Grâce à son ancien camarade Andrzej Zulawski, il se fait la main en composant la musique de deux de ses tout premiers téléfilms : Pavoncello (1967) et Piesn triumfujacej milosci ( The song of Triumphant Love , 1967).

La musique qu'il écrit pour le long-métrage Trzecia czesc nocy ( La troisième partie de la nuit , 1971) s'intègre à merveille à l'univers visionnaire, violent et expressionniste du cinéaste Andrzej Zulawski. Outre quelques parties symphoniques particulièrement tendues, le générique de fin est un rock sombre accompagnant d'inquiétantes images d'insectes en très gros plan.

À l'occasion du film de science fiction inachevé Na srebrnym globie ( Le globe d'argent , 1977) également de Zulawski, il signe l'un de ses plus beaux thèmes symphoniques dans une veine ample et lyrique qu'il retrouvera pour Mes nuits sont plus belles que vos jours .

C'est très certainement avec Andrzej Wajda qu'il réalise ses chefs d'oeuvre incontournables, notamment dans Polowanie na muchy ( Hunting flies , 1969), le très beau Brzezina ( The birchwood , 1970) qui se souvient de la musique de son compatriote Karol Szymanowski, et surtout dans les deux films politiques emblématiques que sont Czlowiek z marmuru ( L'homme de marbre , 1977) et Czlowiek z zelaza ( L'homme de fer , 1981).

En plus de quelques chansons populaires polonaises des années 50, L'homme de marbre contient quelques morceaux disco qui ont plutôt mal vieilli, mais également de fascinants passages plus atmosphériques et hypnotiques (comme “ Figures of Marble ”). Mais c'est pour L'homme de fer qu'il va pouvoir s'exprimer avec la plus grande latitude, le bouleversant Thème de l'Espoir écrit pour cordes seules est inoubliable, de même que le sombre et tragique Funeral Music (évoquant tout naturellement l'oeuvre du même nom du grand Witold Lutoslawski), bien que là encore, l'électronique et les expérimentations restent très présentes (comme en témoigne le morceau “ Gdansk 80 ”)

Pour le drame fantastique Possession (1981) d'Andrzej Zulawski, avec Isabelle Adjani et Sam Neill (qui contient des scènes très impressionnantes), Korzynski utilise différents claviers, énormément de percussions ainsi que de nombreuses sonorités synthétiques évoquant admirablement bien l'aspect tentaculaire et visqueux du monstre terrifiant qui devient l'amant de l'héroïne principale du film.

Après avoir composé l'excellent score de Mes nuits sont plus belles que vos jours (1989) dont le générique de fin hélas non disponible en CD, est de toute beauté ; il retrouvera le genre fantastique avec Szamanka ( Chamanka , 1996), les deux films étant une fois de plus signés par le fidèle Zulawski.

Le compositeur est revenu sur le devant de la scène à l'occasion de la sortie du dernier film en date de Zulawski : La fidélité (2000) d'après le roman La princesse de Clèves de Mme de La Fayette. Pour ce film un peu plus apaisé que les précédents, le musicien écrit quelques thèmes rocks, voire techno (pour les scènes urbaines) et un thème principal très romantique joué au piano solo, symbolisant la force des liens du couple : interprété ici par une émouvante Sophie Marceau et le talentueux Pascal Greggory.

Korzynski a également beaucoup travaillé pour la télévision polonaise et allemande, la partition souvent impressionniste qu'il a écrit pour le feuilleton Anna Maria - Eine Frau geht ihren Weg (1996) de Celino Bleiweiß contient des pages tout à fait émouvantes.

En dehors de Zulawski et Wajda, le musicien à également travaillé pour d'autres cinéastes moins connus comme notamment Krzysztof Gradowski, avec des films comme Akademia Pana Kleksa (1983), et Dzieje mistrza Twardowskiego (1995).

Christian Texier


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