EN

VOIR

PLUS

Compositeurs

Thomas Newman  
Né à Los Angeles, aux États-Unis, en 1955.

Thomas Newman

Fils du légendaire compositeur de musique de film Alfred Newman (et frère de David ainsi que cousin de Randy Newman), Thomas a développé en près de 20 ans de carrière un style absolument unique, qui réussi à tous les coups sur les images. Minimaliste, c'est aussi un expérimentateur hors pair, qui touche à tous les genres, tous les styles, tous les instruments.

Nouveautés

Incontournables du compositeur

Bio/Portrait

Thomas Newman fait ses études musicales à la brillante Université de Sud Californie avec comme mentor (excusez du peu !) David Raskin, le compositeur de Laura (1944), Ambre (1947) et Les Ensorcellés (1952). Puis il gagne Yale où il travaille avec Jacob Druckman et Bruce McCombie.

Dès le début de sa carrière, Thomas sait s’entourer d’une équipe fidèle tant dans la réalisation que dans l’interprétation de sa musique. A commencer par la production, toujours en association avec son complice Bill Bernstein. Les enregistrements sont d’abord confiés à Dennis Sands puis à Joel Iwataki à partir d'Erin Brokovich. Quant à l’orchestration, elle revient depuis le début à Thomas Pasatieri. Si nous parlons de la "Thomas Newman touch", c’est pour évoquer ses collaborateurs attitrés, à savoir : Michael Fisher (percussions), Georges Doering (mandoline, guitare sèche, guitare électrique), Rick Cox (banjo), Steve Kujula (flûte), George Budd (flûte basse), Steve Tovaglione (guitare classique), Thomas Newman se réservant quant à lui le plaisir de diriger et de jouer du piano. Cet orchestre de solistes se retrouvent aussi bien sur les albums instrumentaux (White Oleander / American Beauty / Pay It Forward / Erin Brokovich / In the Bedroom) que sur certains albums plus orchestraux (L'Homme qui Murmurait à l'Oreille des Chevaux notamment).

En 1983, il est orchestrateur (non crédité) sur Star Wars VI : Return of the Jedi (scène de la mort de Vador). Un simple job de vacances, selon ses dires !

Il va partager sa carrière entre la télévision et le cinéma. On lui doit, pour le petit écran, les partitions de The Mean Fairy Tales qui fit connaître son mentor Stephen Sondheim, des collaborations à des séries TV telles que Alfred Hitchcock Présente, Amazing Stories, et plus récemment Six Feet Under et Boston Public. Il signe la musique de plusieurs téléfilms.

Pour ce qui est de ses collaborations attitrés avec des metteurs en scènes, le fidèle parmi les fidèles est sans aucun doute Jon Avnet (Beignets de Tomates Vertes / The War / Personal and Confidential / Red Corner). Les autres réalisateurs sont Sam Mendes (American Beauty / Les Sentiers de la Perdition et la série télévisée Six Feet Under dont il est producteur), Frank Darabont (Les Évadés / La Ligne Verte / The Salton Sea dont il est producteur), Martin Brest (Le Temps d'un Week-end / Rencontre avec Joe Black / Josh and S.A.M. dont il est producteur), Gilliam Armstrong (Les Quatre Filles du Dr March / Oscar et Lucinda).

Côté récompenses, on retient que Thomas Newman est plusieurs fois nominés pour les Oscars (Little Women / Les Évadés / Les Liens du Souvenir / American Beauty). Le succès d’American Beauty le rend mondialement connu et lui vaut une nomination aux Golden Globes, une récompense au BAFTA ainsi qu’un Grammy Award. Sa musique reste indissociable des images de Mendes. On observe que le musicien préfère collaborer à de petits films intimistes de types comédies sentimentales, drames psychologiques, films pour ados et se tient généralement loin des films de genres. Pourtant ses deux incursions dans le film policier nous montre qu’il est capable de s’y investir autant que dans des productions à modestes budgets.

Au début des années 90, Thomas Newman s’affirme comme un des compositeurs les plus originaux du paysage américain. Son style épuré naît du juste équilibre entre la forme symphonique et l’application d’effets plus expérimentaux : synthétiseurs, échantillons de sons parfois proches du bruitage…

A l’instar de James Horner ou de Mark Isham, il préfère souvent un travail sur les textures sonores, restreignant son style à une petite palette d’instruments solistes qui attribue au film un cachet particulier. L’artiste a un style protéiforme qui s’adapte à merveille aux différentes productions auxquelles son nom est attaché. Il est difficile d’imaginer à l’avance le type d’ambiance qu’il a choisi pour un film donné. La surprise est souvent l’élément clef des musiques qu’il concocte comme un chef-cuisinier. Il peut nous la jouer respectueux et magique (Les Évadés / Oscar et Lucinda), donner dans l’expérimentation pure (The Player / Larry Flynt) ou opter pour l’esprit americana (Little Women / The Horse Whisperer). Mais le plus souvent, les producteurs et réalisateurs le réclament pour son mode d’écriture absolument unique, à la fois tonal et discordant, et ses orchestrations modernistes aux sonorités coupantes qu’il a savamment élaboré au fil des ans et qui sont sa marque distinctive (American Beauty / Six Feet Under).

L’œuvre, modeste en quantité mais essentielle en qualité, que Thomas Newman a délivré jusqu’à ce jour laisse à penser que son propos est double : révéler à l’auditeur attentif le message caché au cœur des films mais aussi accompagner agréablement leur vision. Nous savons déjà que cela facilite leur digestion. Nous espérons désormais vous rendre gourmand de cette musique apéritive.

Pour les fans, sachez qu'il a également écrit en 1996 une pièce symphonique de sept minutes, Reach Forth Our Hands à l'occasion du bicentenaire de Cleveland.

Christophe Lemaire & Tanguy Tenvooren

 

© Photos : Benoit Basirico (Cinezik.fr)


Critiques BO

Boutique

Thank You for Your Service - Thomas Newman

Vos avis