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Arthur et les Minimoys  (2006)

Arthur And The Invisibles

Podis/ULM (11 décembre 2006) | Original Score [musique originale]


 

Arthur et les Minimoys marque le grand retour du tandem Serra-Besson. Sept années ont passé depuis Jeanne d'Arc, durant lesquelles le compositeur s'est livré à des expériences aussi diverses que la comédie romantique ou le western...



[© Texte : Cinezik] • 0060249845513
Arthur et les Minimoys

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Minimoys Overture
2. Nice Town
3. Arthur And The Aqueduct
4. The Phonecall And The Waxcake
5. Davido And The Watertank
6. Small As A Tooth
7. Stolen Kiss
8. Grandpa'S Mission
9. The Cloth Ladder
10. Bogo Matassalai
11. Try To Be Convincing
12. Third Ring For The Soul
13. The Land Of The Minimoys
14. Central Gate
15. The Blueberry Catapult
16. Lovebirds
17. Feeding Time
18. The Sword Of Power
19. Arthur The Hero
20. Patchimole
21. Cosmonut
22. Nutboat And Laces
23. Ballad For Granny
24. In Bed With Selenia
25. Red Poppy Night
26. Dragonfly Eggs
27. Evil Straws
28. Koolo
29. Malthazar
30. No Kiss But Tradition
31. Showtime In Necropolis
32. Timeballs
33. Solid Gate
34. Eternally Grateful
35. A Beautiful Sunday
36. Destruction Of The Seides
37. A Bowl Of Rubies
38. Greed And Loneliness
39. The Minimoys Finale
40. Les Minimoys : En Minimoy
41. Go Girl
42. It'S A Beautiful Day

Disque 2 : DVD Bonus

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Il a également concrétisé ses rêves de scène avec des concerts enlevés par son groupe de jazz-rock, l'apogée étant un mémorable concert à Auxerre en octobre 2005 pour lequel son ensemble fut épaulé par un orchestre symphonique.

Alors qu'en est-il de ces retrouvailles tant attendues, après l'impasse Angel-A ? D'emblée, on peut dire que le pari consistant à faire une grande musique de film évoquant un monde merveilleux est réussi. Eric Serra nous livre une musique entièrement symphonique, pour laquelle l'apport de Geoffrey Alexander, qui le suit depuis Jeanne d'Arc, est non négligeable. Raffinées et efficaces, les orchestrations de ce dernier ne dénaturent pas l'esprit de la musique du compositeur mais y ajoutent beaucoup de richesses et une quantité hallucinante de détails et de reliefs.

Le thème principal (que l'on entend déployé aux cordes dans l'Ouverture) est magnifique, tout comme celui d' « Arthur the Hero » ; amples et émouvants sans être pompeux, ils sont très typiques et très représentatifs de la sensibilité profonde du musicien.

On retrouve également avec plaisir des éléments qui rappellent leurs précédentes collaborations : « Evil Straws » par exemple, avec son rythme martelé sur les temps et ses chœurs sombres rappelle les batailles de Jeanne d'Arc, tandis que « Bogo Matassalai », avec son thème aux basses, ses chœurs sombres et ses effets synthétiques épars, évoque un peu « Timecrash » ou « Lakta Ligunai » du Cinquième Elément. C'est un peu comme un jeu de piste et c'est un vrai plaisir d'avoir ces déclics tout le long de l'album.

Parce que c'est justement un peu le regret ici : ce sont ces déclics qui font qu'on est chez Serra, ce n'est pas la totalité. En effet, les influences des grandes musiques américaines (demandées par Besson - qui de son côté a pollué son film avec des clins d'œil mal placées) sont ici très présentes, voire trop, car c'est un peu au détriment du style propre à Serra qui était très personnel et qui explosait dans des musiques comme Léon. L'influence d'Elfman semble très présente (on trouve la même façon d'utiliser les chœurs en tenue et le même type d'orchestration avec clochettes, bassons et consorts, particulièrement dans les passages sombres), mais pour les passages de comédie on se tournerait plus vers une orchestration typique film familial américain… (« Nice Town » et « Arthur and the Aqueduc » sortent sorties d'un Williams façon « Home Alone », avec même une pluie de grelots qui ferait limite se dérouler le film à Noël). Quant aux passages d'action, il sont très impressionnants mais des passages comme « Central Gate » ou « The Blueberry Catapult » pourraient faire presque faire penser à du James Bond nouvelle époque.

Si l'ensemble de la partition est donc très bonne facture et témoigne du bon goût du musicien, on peut toutefois émettre quelques réserves concernant des endroits comme « The Phonecall » ou « Ballad for Granny », qui souffrent d'un sentimentalisme un peu à l'eau de rose, le même qui plombait « Décalage horaire ». La tendresse dégagée par un « In bed with Selenia » (allusion rigolote à Madonna) est par exemple bien plus subtile. C'est comme si les passages dans le monde réel n'avaient pas éveillé l'imaginaire du compositeur autant que le monde des Minimoys – et au vu du film, c'est compréhensible, les scènes live pêchant par mièvrerie et par un surjeu parfois à la limite du supportable.

Serra a expliqué ses intentions musicales comme suit : "Luc voulait une belle musique symphonique, à l'image des grands films d'aventure : Le seigneur des anneaux, Indiana Jones, Star Wars…Il fallait que ce soit à la fois beau, grandiose et magique ! Pour cela, il a réussi à totalement me déstabiliser en me forçant à ne pas écrire à l'image, moi qui travaille toujours en totale synchro" . Du coup, ne pouvant pas travailler sur l'image et y puiser la musique comme à son habitude, mais étant complètement livré à lui-même, il s'est peut-être accroché aux références évoquées par son ami et en a reproduit les schémas. De la sorte, le compositeur n'a peut-être pas vraiment pu créer l'univers des Minimoys à sa façon mais a plutôt dû assimiler les références demandées par Luc Besson dans une mixture cohérente, ce qui fait que les clichés suscités étaient inévitables.

Il n'empêche que le résultat final, de très grande qualité, est incontestablement l'une des meilleures musiques de l'année – et assurément la meilleure de Serra depuis Jeanne d'Arc.

David Reyes

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