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Drôle d'abeille  (2007)

Bee Movie

Sony Bmg (26 novembre 2007) - 0:44:22 | Original Score [musique originale]


 

Rupert Gregson-Williams (frère de Harry) se voit à nouveau confier l'écriture de la musique d'un film animé après Over The Hedge (Nos Voisins les Hommes) en 2006, le tout toujours placé sous la supervision de Hans Zimmer. Le score de Bee Movie n'apporte rien de bien neuf au genre mais dévoile une certaine fraîcheur qui permet à Rupert Gregson-Williams de suivre les traces de ses camarades de Media-Ventures, dans un style vivant et coloré à mi-chemin entre Harry Gregson-Williams version Shrek ou Fourmiz, John Powell version Happy Feet et Steve Jablonsky pour le côté rythmique léger à la Desperate Housewives.



[© Texte : Cinezik] •
Drôle d'abeille

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Graduation (3:15)
2. Honex (2:50)
3. The Pollen Jocks (1:32)
4. Barry Flies Out (5:35)
5. Vanessa Intervenes (2:03)
6. The Archies - Sugar Sugar (2:47)
7. Assault on Honey Farms (2:35)
8. Ken (2:29)
9. Barry Turns the Screws (3:13)
10. Monty Slanders and Adam Stings (2:14)
11. Hearts, Flowers and Hive Closures (2:36)
12. Honey Round Up (1:40)
13. Rooftop Consequences (1:52)
14. Land That Plane (6:41)
15. Here Comes the Sun * (3:00)

* Chanté par Sheryl Crow

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Dès le début du film (‘Graduation'), le compositeur dévoile tout le côté vivant et coloré de sa partition avec des orchestrations très riches incluant un groupe de saxophones, une batterie, un marimba, des percussions en tout genre, des guitares, etc. (à noter que les orchestrations sont assurées en partie par Rupert Gregson-Williams lui-même, preuve du savoir-faire d'un jeune compositeur prêt à assurer la relève à Media-Ventures aka Remote Control !). ‘Graduation' dévoile un thème principal majestueux et aérien qui évoque avec frénésie la ruche des abeilles dans un style très coloré et débordant de vie. Seule ombre au tableau, Rupert Gregson-Williams s'inspire massivement ici d'un thème du Steamboy de Steve Jablonsky qu'il reprend note pour note sans aucune modification particulière. Après la vivacité orchestrale et exubérante de ‘Graduation', on assiste au décollage du héros dans l'héroïque ‘The Pollen Jocks' et son thème aérien qui n'est pas sans rappeler le score de Remember The Titans de Trevor Rabin (surtout dans l'utilisation des percussions et des cordes). Le thème héroïque de ‘The Pollen Jocks' accompagne l'escadron qui part recueillir le pollen sur les fleurs, atmosphère d'héroïsme pur et fun confirmée dans l'exubérant ‘Barry Flies Out' lorsque Benson sort pour la première fois de la ruche et découvre la nature à l'extérieur, sans aucun doute l'un des premiers sommets de la partition de Bee Movie. On retrouve le thème associé au jeune héros, dans une atmosphère héroïque et majestueuse assez grisante et survitaminée, 5 minutes 34 de bonheur pur ! La musique représente à l'écran la magie de la découverte du monde extérieur, le sentiment de liberté et de découverte totale. A contrario, un morceau comme ‘Vanessa Intervenes' se veut plus doux et intime avec sa reprise lente et tendre du thème de Benson au piano pour la rencontre entre la jeune femme et l'abeille.

L'action reprend de plus belle dans l'exubérant ‘Assault on Honey Farms' où Rupert Gregson-Williams parodie le style des musiques de James Bond lorsque Benson prend d'assaut la fabrique de miel pour découvrir ce que les humains manigancent. Le compositeur réutilise vaguement quelques sonorités de film d'espionnage dans un style qui rappelle quelque peu par moment le Casino Royale de David Arnold, apportant un petit plus humoristique à cette scène du film. A noter l'utilisation d'un choeur qui vient accentuer la puissance des images. ‘Ken' s'avère être quand à lui plus dans l'esprit mickey-mousing traditionnel pour la scène avec le prétendant stupide de Vanessa, le malmené Ken. Gregson-Williams verse ici aussi dans l'humour en utilisant une mandoline « à l'italienne » pour illustrer le côté charmeur ringard et nigaud de Ken. Visiblement, le compositeur semble s'être bien fait plaisir sur ce film et cela s'entend au fil des morceaux ! On appréciera un nouveau morceau d'action assez frénétique et déchaîné dans le massif ‘Monty Slanders and Adam Stings' avec son utilisation très Elfmanienne des choeurs surpuissants. Plus intime et réservé, ‘Hearts, Flowers and Hive Closures' évoque le dysfonctionnement de la nature après la victoire de Benson au tribunal. La musique se veut ici plus douce et mélancolique, avec sa très belle partie de violon soliste, son piano, sa guitare et ses chœurs fredonnant délicatement en fond sonore à bouche fermée. Le compositeur continue de s'amuser en nous offrant dans ‘Honey Round Up' (scène où le miel retourne dans les ruches des abeilles après la décision finale du tribunal) un morceau très rythmé aux accents pop/funky un brin kitsch, tendance « seventies ». La partition de Bee Movie atteint finalement son dernier point culminant dans ‘Land That Plane' pour la séquence ahurissante de l'atterrissage surréaliste de l'avion porté par l'essaim d'abeilles. On retrouve le thème héroïque de l'escadron du pollen dans un morceau de bravoure orchestrale pur et dur de plus de 6 minutes !

Rupert Gregson-Williams suit de très près les traces de son frère Harry Gregson-Williams avec Bee Movie, pour lequel il signe une partition symphonique très riche, vivante et colorée, apportant une énergie et un fun indispensable au film, mais qui hélas n'apporte rien de bien neuf au genre et déçoit un peu par la facilité de certains thèmes qui sentent l'inspiration des temp-tracks à plein nez. On retrouve un style musical bien connu qui rappelle bon nombre de partitions musicales pour des productions animées Dreamworks, style Shrek, Chicken Run, Over The Hedge ou bien encore Fourmiz. Le compositeur s'est fait manifestement bien plaisir en écrivant la musique de Bee Movie, et ce plaisir, il nous le transmet morceau après morceau. D'ailleurs, la musique s'écoute aussi bien dans le film que sur le disque. Mais si l'on ressort assez conquis par l'écoute de cette nouvelle partition énergique et survitaminée pour un film animé Dreamworks, l'ensemble demeure somme toute un poil en dessous de tout ce qui a déjà été fait précédemment dans le genre, et ce en terme d'inspiration : Rupert Gregson-Williams manque encore cruellement de personnalité musicale et reste toujours sous influence. Dommage, d'autant que la musique de Bee Movie possède une très grande richesse et demeure un petit trésor d'exubérance et d'énergie pour ce film d'animation américain !

Quentin Billard

 

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