Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusPodcasts

EN

VOIR

PLUS

Bêtes blondes  (2019)



Le film de Maxime Matray et Alexia Walther s'ouvre sur des ré-interprétations de partitions de Claude Debussy pour la première partie du film, puis des titres preéxistants sont convoqués avec des artistes de musique electronique expérimentale tels Vlad, Matmos, Plaid, Coil, Durutti Column, Cut Hands. On y entend aussi des instruments à percussion et à vent issus de la musique aztèque, et le film se termine avec "Tokoliana" du groupe congolais Kokoko! . Par ailleurs une musique a été composée pour le film par Maxime Matray lui-même. 

[© Texte : Cinezik] •

Bêtes blondes

Autour de cette BO

Propos des réalisateurs

On voulait éviter la musique d'ambiance, quelque chose qui pourrait s'apparenter à du sound design. On a cherché à ce que la musique soit toujours clairement audible, lisible et assumée. On s'est tournés, en grande partie, vers des musiciens du milieu des années 90, ou début 2000, qui utilisent une synthèse digitale un peu âcre, le sampling, voire le « glitch » (le numérique plutôt que les rondeurs du son analogique). Par exemple Vlad, Matmos ou Plaid. Ainsi que vers des groupes plus anciens, comme Coil ou Cut Hands (ex-Whitehouse), tous deux pionniers d'une musique expérimentale anglaise risquée et parfois inconfortable.

D'autres morceaux sont plus clairement synchrones avec la période à laquelle ils font référence. Ainsi, le morceau de Durutti Column, calé sur le jeune couple évoquant les prémisses de l'accident de Fabien, est de l'époque à laquelle l'accident est censé avoir eu lieu, début 90. Idem pour la musique que passent Michel et ses fils, chez Fabien, une techno/house des années 90.

Par ailleurs, certains choix musicaux sont volontairement liés à des personnages. Nous avons ainsi choisi de travailler, pour la première partie de l'épopée de Fabien, sur des ré-interprétations de partitions de Claude Debussy, principalement d'extraits de «Syrinx», qui prolongent l'idée visuelle de départ (un Fabien faune, entre animal, homme et dieu, s'éveillant, en plein après-midi, au milieu de la nature), mais aussi un «Prélude», une «Épigraphe Antique», un extrait de «Children's corner»...

Toutes ces pièces ont été ré-arrangées de manière à mêler la mélodie à des harmonies et des événements électroniques qui les rattachent à nos autres choix musicaux. Nous avons également utilisé, pour faire «vivre» Ricky (et surtout les différentes interventions de sa tête, tout au long du film), des morceaux de musique aztèque traditionnelle, qui cherchent à insuffler une vie à ce personnage qu'on n'aperçoit que mort, décapité, au fond d'un sac. La musique aztèque vient se mêler, la plupart du temps, aux autres musiques, qu'elle trouble, et sur lesquelles elle finit par prendre le pas. Les instruments, à percussion et à vent, évoquent les battements de cœur et le souffle de l'esprit du jeune homme qui cherche, en quelque sorte, à réagir à ce qui lui arrive. Nous avons aussi décidé d'associer le personnage de Yoni à la musique de Cut Hands (projet solo de William Bennett) qui mêle musique électronique, polyrythmie hypnotique et instruments traditionnels vaudous.

Le film, enfin, se finit sur un morceau de Kokoko!, groupe contemporain de Kinshasa, dont le morceau «Tokoliana» reprend (en lingala et en substance) certains motifs du film, et parle d'hommes qui se comportent comme des bêtes et se mangent entre eux, dans la forêt.

Maxime Matray, Alexia Walther

Nos articles sur cette BO

Vos avis