Calendrier des films Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusCannes 2019

EN

VOIR

PLUS

La Guerre selon Charlie Wilson  (2008)

Varèse Sarabande (US : 18 décembre 2007,
FR: 14 janvier 2008) | Original Score [musique originale]


 

James Newton Howard compose pour ce film de Mike Nichols un étonnant score alternant envolées symphoniques américaines et passages orientaux teintées d'électro, aux rythmes effrénés. Une musique de pure fusion de genres, à la fois classique et atypique du compositeur, et qui prouve une fois de plus, en particulier à l'image, l'extrême finesse et l'intelligence de la musique de James Newton Howard.



[© Texte : Cinezik] •
La Guerre selon Charlie Wilson

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Charlie Wilson (3:03)
2. Telex Machine (1:32)
3. Jailbait (1:06)
4. Refugee Camp (5:11)
5. It’s Up To Me (2:48)
6. The Belly Dancer (2:41)
7. Turning The Tide * (8:33)
8. Where’s It At, Charlie? (1:12)
9. Balcony (1:29)
10. Honored Colleague (6:09)

* contient un extrait du "Messie" de Haendel

Nos articles sur cette BO

Aidé de Shawn Murphy au mixage (le mixeur atitré d'Howard et de John Williams depuis de nombreuses années), le score révèle également un son cristallin particulièrement agréable à l'image. Le mixage, effectué aux studios Remote Control (Hans Zimmer et consorts) donne une impressionnante dynamique à la partition d'Howard, et reflète à merveille la richesse des sonorités convoquées par le compositeur sur cette bande originale, alternant percussions, nappes orchestrales aux accents patriotiques (pour les scènes se déroulant à la C.I.A.) mais aussi des éléments plus légers comme la guitare ou la basse. Pour les scènes se déroulant en Afghanistan ou au Pakistan, Howard utilise de nombreux instruments ethniques, mais avec finesse, et surtout de manière pas anodine : ici, tout à du sens. Ainsi, "Turning The Tide", reprise d'une cantate chrétienne de Haendel au milieu d'un flot de percussions illustrant des images d'hélicoptères et d'avions décimés par les rebelles afghans (avec des armes américaines) preand un sens très particulier à l'écran (évoquant comme une guerre sainte moderne). Parallèlement à ces moments-choc qui révèlent une vraie intelligence dans l'illustration musicale (probablement dûe autant au cinéaste qu'au compositeur), Howard développe des thèmes amples et des motifs intimistes décrivant le personnage de Charlie Wilson (Tom Hanks), fusionnant là aussi les genres et brouillant les pistes (Mike Nichols s'attachant à en faire un personnage complexe, tantôt léger, tantôt préoccupé).

Une fois de plus, James Newton Howard s'avère particulièrement inspiré sur un film évoquant la politique mondiale (à l'instar de Blood Diamond qu'il avait également mis en musique). La complexité du personnage de Charlie Wilson et les thèmes de l'histoire lui inspirent une musique "melting-pot" de haut niveau, rythmée et inventive, délicate et intimiste, qui évite de tomber dans les clichés de la "world music" (le principal défaut de Blood Diamond) tout en évitant de créer une musique patriotique trop premier degré (ici, tout ce qui évoque l'amérique le fait de manière distanciée, presque cynique). Excellent surprise, comme le film !

Sylvain Rivaud

Autres BO du compositeur

Vos avis