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Chicken Little  (2005)

Walt Disney Records (1 novembre 2005) - 0:39:09 | Album


 

John Debney reste fidèle aux productions Disney sur film d’animation réalisé par Mark Dindal, avec lequel il avait déjà collaboré sur The Emperor’s New Groove en 2000. Comme d’habitude, Debney rejette toute forme d’originalité et plonge à bras ouverts dans les conventions habituelles des musiques de dessin animé : touches de mickey-mousing, passages d’action cuivrées et rythmées, thème agréable, etc.



[© Texte : Cinezik] •
Chicken Little

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Stir It Up (03:43)
Performed by Patti LaBelle and Joss Stone
2. One Little Slip (02:53)
Performed by Barenaked Ladies
3. Shake A Tail Feather (03:05)
Performed by The Cheetah Girls
4. All I Know (03:25)
Performed by Five For Fighting
5. Ain't No Mountain High Enough (03:28)
Performed by Diana Ross
6. It's The End Of The World As We Know It (And I Feel Fine) (04:05)
Performed by R.E.M.
7. We Are the Champions (00:38)
Performed by Chicken Little
8. Wannabe (00:50)
Performed by Abby Mallard and Runt of the Litter
9. Don't Go Breaking My Heart
(01:53)
Performed by The Chicken Little Cast
10. Sky Is Falling (02:49) *
11. Big Game (04:05) *
12. Dad Apologizes (03:15) *
13. Chase to Cornfield (02:00) *
14. Dodgeball (01:15) *
15. Driving with Dad (01:45) *

* : musique originale de John Debney

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Cependant, la bonne idée vient ici de l’utilisation d’un chœur épique, en particulier dans deux passages clé du score. Dès ‘The Sky Is Falling’ pour le début du film, la musique, introduite aux traditionnels effets de mickey-mousing, devient brusquement épique avec une utilisation massive des choeurs quasi apocalyptique durant la scène de la panique dans la ville alors que petit poulet tente d’alerter la population du ciel qui leur tombe sur la tête. Voilà un premier morceau massif, épique et cuivré tout à fait étonnant pour un Disney, et qui n’est pas sans rappeler le récent travail de John Debney sur ‘The Scorpion King’. A noter que la partie finale nous permet d’entendre des sonorités électroniques un peu kitsch tendance ‘musique de film d’extra-terrestre’ des années 50, associées ici aux mystérieux envahisseurs et leurs machines menaçantes. La partie finale débouche même sur un nouveau morceau d’action dominé par orchestre, rythmique électronique et choeur pour la poursuite avec les robots aliens. La dite poursuite se prolonge avec l’excitant ‘Chase To Cornfield’ pour la poursuite dans le champ de maïs qui pastiche ‘Signs’, à grand renfort de percussions électroniques modernes (associées aux machineries infernales des extra-terrestres) et de choeurs grandioses. A noter que l’orchestre est toujours dominé dans ces gros passages d’action par les cuivres (plus particulièrement le pupitre de trompettes, que Debney semble affectionner particulièrement) et les percussions. L’utilisation des choeurs est ici tout à fait remarquable et assez différente de ce que l’on entend habituellement sur un film Disney. En revanche, musicalement, cela se rapproche très clairement du style de ‘The Scorpion King’.

Debney n’en oublie pas pour autant le côté plus humoristique et délirant du film comme le prouve le très amusant ‘Dodgeball’ pour la scène dans le gymnase au début du film avec les ballons qui fusent de partout et que Chicken Little et Abby tentent d’éviter durant leur discussion. Le début commence avec petites percussions légères, guitares jazzy, basson et clarinette basse, avant de se terminer sur un passage orchestral au rythme entraînant, sautillant et divertissant, traduisant clairement l’humour de la situation (Debney semble s’être ici particulièrement bien amusé). ‘The Big Game’ accompagne quand à lui la scène du grand match de base-ball durant la première partie du film, durant lequel Chicken Little saisit sa chance et gagne le match. Le morceau débute sur des rythmes martiaux soutenus, faisant toujours la part belle aux cuivres et aux cordes. A noter à 0.27 un petit clin d’oeil au score de ‘Independence Day’ de David Arnold alors que l’on voit à l’écran les deux hommes en noir parodiant les ‘Men In Black’ (à noter que le film parodie justement un peu plus loin ‘Independence Day’ lorsque les OVNI commencent à se positionner au dessus de la ville). La seconde moitié du score se veut résolument fun et entraînante, à grand renfort de trompettes, de percussions martiales et de rythmes enjouées. Le thème héroïque fait ici son apparition, superbe mélodie entraînante associée aux exploits de Chicken Little et qui apporte une énergie toute particulière à cette scène de match base-ball dans lequel le petit poulet se dépasse pour gagner (on retrouve ici le style de l’excellent ‘Little Giants’, autre production Disney pour lequel Debney avait écrit l’un de ses meilleurs scores comédie en 1994). Le morceau se conclut alors justement de façon victorieuse à l’image de l’exploit du petit poulet qui prouve enfin à tout le monde qu’il est capable d’accomplir de grandes choses malgré sa petite taille et son ancienne humiliation. A noter deux morceaux pour finir, ‘Dad Apologizes’ lorsque le père de petit poulet s’excuse auprès de tous après l’incident du gland au début du film, avec guitares country associées à la ville de Oakey Oaks, rythmes légers et entraînants plus quelques touches de mickey-mousing. La partie plus douce et intime de la fin du morceau renvoie à la déception amère de petit poulet qui après avoir été humilié perd la confiance de son père, idée que l’on retrouve dans le très joli ‘Driving With Dad’ pour un autre passage tendre et intime avec piano, cordes, vents et guitare, durant la scène où petit poulet parle avec son père en voiture (sans aucun doute l’un des plus beaux morceaux du score, hélas bien souvent trop court), développant au passage le thème intime associé à Chicken Little et la relation distante qu’il entretient avec son père, qui ne croit pas en lui.

Comme toujours, la sélection musicale sur l’album publié par Walt Disney Records délaisse complètement le score de John Debney, réduit à 6 malheureuses petites pistes alors que l’on aurait vraiment aimé entendre au moins une bonne demie heure de musique (il manque donc beaucoup de morceaux du score sur l’album). Résultat des courses, le score est réussi et très plaisant à écouter mais l’album est très décevant et s’inscrit à son tour dans une logique commerciale, privilégiant les chansons au détriment de la musique originale de John Debney. Ceci étant dit, malgré le manque total d’originalité, la musique apporte son lot de fun et d’émotion au film de Mark Dindal, entre choeurs épiques, rythmiques électroniques et passages de style mickey-mousing plus sautillants. Le score se veut donc rafraîchissant, par moment drôle et à d’autres moments plus énergique et massif, à l’instar même du film. Hélas, une fois encore, le mixage de la musique dans le film n’est franchement guère réussi et ce sont les chansons qui ressortent le plus une fois encore. Du coup, entre un mixage raté du score dans le film et une sélection décevante des morceaux sur l’album, difficile d’apprécier le score de ‘Chicken Little’ à sa juste valeur. On peut toujours espérer la sortie d’un album promotionnel qui réunirait le score dans son intégralité! En attendant, il faudra se contenter du peu que l’on a. Un bon score très divertissant en somme, sans être ce que Debney a fait de meilleur dans le registre de la musique de dessin animé !

Quentin Billard

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