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Dragonball : Evolution  (2009)

Varèse Sarabande (US : 17 mars 2009) | Import



Brian Tyler compose le score de cette adaptation "live" du célèbre manga de Akira Toriyama, produit par Stephen Chow ("Shaolin Soccer", "Crazy Kung-Fu"). Dragonball Evolution permet au compositeur d’aborder un style plus épique/fantastique combiné à ses percussions modernes et autres rythmiques traditionnelles.

[© Texte : Cinezik] •

Dragonball : Evolution

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. The Legend (1:13)
2. Dragonball Evolution (3:26)
3. Fulums (5:14)
4. Kaiou Samma (2:34)
5. Goku (3:09)
6. Gohan’s Special Gift (:57)
7. Master Roshi (3:45)
8. The Journey Begins (:58)
9. Lighting The Torches (2:44)
10. Vengeance (5:55)
11. Chasing Dragonballs (2:41)
12. Lord Piccolo (2:51)
13. Mai Vs Chi Chi (3:55)
14. A Higher Calling (2:03)
15. Body Work (1:26)
16. I Dream Of Chi Chi (:54)
17. Grime Vinyl (1:52)
18. Unwelcome Strangers (2:12)
19. Bulma And Yamcha (1:51)
20. Things To Come (1:42)
21. The Final Battle (6:20)
22. End Game (1:32)
23. Dragonball Evolution Main Titles (1:32)

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Brian Tyler nous livre une partition combinant orchestre avec chœurs et synthétiseurs. L’ensemble repose sur une série de thèmes, à commencer par le thème majestueux des dragonballs (« The Legend »), qui dégage un sentiment d’espoir et d’héroïsme puisqu’il incarne par la même occasion le personnage de Sangoku combattant les forces du mal. Deuxième thème, plus solennel et émouvant, celui entendu à la fin de « Fulums » et que l’on entend vers le début du film lorsque le grand-père de Goku décède suite à l’attaque de Piccolo. Ce thème évoque la détermination de Goku et sa quête d’identité (cf. le puissant « The Journey Begins »). Enfin, troisième thème qui parcourt l’ensemble de la partition, celui de Piccolo, mélodie ascendante et maléfique associée au grand méchant du film (« Lord Piccolo »). On pourra aussi rajouter la présence d’un thème plus héroïque, entendu dans « Goku » et qui évoque là aussi les exploits du héros.

Armé de ses trois thèmes, Tyler construit un score reposant essentiellement sur les morceaux d’action et les quelques envolées héroïques associées dans le film aux exploits de Sangoku. Des morceaux tels que « Fulums », « Goku » ou « Master Roshi » sont ainsi typiques du style action de Tyler : orchestrations musclées (privilégiant cordes et cuivres même si ici, les bois sont plus présents que d’habitude, avec un pupitre de percussions un peu plus fourni, incluant quelques percussions asiatiques), rythmes électroniques modernes et même présence par-ci par-là de quelques touches de guitares électriques (cf. le rock-électro de « Chasing Dragonballs »). Tyler s’est fait plaisir et ça se sent, même si l’ensemble ne vole pas très haut. Son travail sur les percussions s’intensifie dans des séquences de combat comme « Mai Vs Chi Chi », morceau traversé par des ponctuations de cuivres, des cordes agitées et des rythmiques synthétiques chères au compositeur. La musique dégage une force à l’écran indispensable et parviendrait presque à rendre les images crédibles (un exploit, vu la nullité du film !). Dommage que, comme toujours chez Tyler, la partie orchestrale demeure souvent facile et monolithique, parsemée d’effets orchestraux et de nombreuses doublures. Force est de constater que depuis quelques années, le style de Brian Tyler s’est englué dans les facilités d’écriture les plus agaçantes qui soient. Et comme souvent, Tyler s’en tire bien mieux lorsqu’il s’agit de faire du rock/électro comme « Body Work » et ses rythmes modernes cool à la « Fast & Furious » tendance « musiques d’ados branchés » ; et bien sûr, une omniprésence radicale des percussions, le point fort de Brian Tyler et qu’on retrouve quasiment dans la plupart des musiques de film.

Le compositeur se risque malgré tout à quelques petits « écarts » comme l’envolée romantique sirupeuse de « I Dream Of Chi Chi » lorsque Goku rêve de Chi Chi en classe, ou « Grime Vinyl » et ses rythmes hip-hop/électro ambiance nightbox, sans oublier le petit Love Theme plus aérien dans « Bulma & Yamcha », évoquant la romance entre la jeune scientifique sexy (Emmy Rossum) et le voleur. Si certains passages demeurent purement fonctionnels et sans grand intérêt sur l’album (« Things To Come », qui renforce la tension avant le combat final), des morceaux tels que le solide « Battle » ou « Dragonball Evolution » apportent un souffle épique à la partition de Brian Tyler. « Dragonball Evolution » combine de façon impressionnante une montée de choeurs purement épique lors du combat final entre Sangoku et Piccolo, le tout accompagné de rythmes syncopés et de percussions guerrières endiablées typiques du musicien. On retrouve ici le thème des dragonballs et le thème de la quête de Sangoku repris dans une version orchestrale assez poignante.

Pourtant, malgré toute la bonne volonté et les efforts fournis par le musicien, « Dragonball Evolution » échoue à marquer les mémoires faute d’un certain manque d’idées et de thèmes somme toute assez passe-partout et particulièrement bateaux. Certes, la musique apporte un souffle épique assez impressionnant à l’écran mais le score reste englué dans le style ‘rouleau-compresseur’ sans relief de Brian Tyler, un style lourdingue qui finit par plomber chaque partition du compositeur qui manque encore - osons le dire - de maturité dans sa façon d’écrire. A l’écoute de sa musique, Tyler donne souvent l’impression d’être un ado surexcité face à l’orchestre, qui semble partir un peu dans tous les sens. Impossible dès lors de ne pas souhaiter que le compositeur « s’assagisse » un peu et tente un peu plus de sobriété et moins d’effets faciles en privilégiant des orchestrations moins pâteuses et surtout un peu plus de subtilité dans sa façon d’écrire. Quoiqu’il en soit, même si ce constat semble revenir constamment ces derniers temps dans beaucoup de partitions signées Brian Tyler, « Drabonball Evolution » n’en demeure pas moins un score sympathique et parfait pour le film de James Wong, même si l’ensemble ne laissera pas un souvenir impérissable. On est décidément très loin du brio de « Timeline » !

Quentin Billard

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