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Expendables : unité spéciale  (2010)

The Expendables

US : Lionsgate (10 Août 2010) / Fr : Silva Screen (23 août 2010) | Original Score [musique originale]


 

Brian Tyler retrouve Stallone après JOHN RAMBO.


 Interview B.O : Brian Tyler, JOHN RAMBO, THE EXPENDABLES, Friedkin...


[© Texte : Cinezik] •
Expendables : unité spéciale

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La partition orchestrale de « The Expendables » permet au très prisé Brian Tyler de nous offrir un nouveau score d'action totalement survolté, deux ans après sa première collaboration à un film de Stallone sur « Rambo ». Pour « The Expendables », Brian Tyler utilise l'orchestre symphonique habituel (ici, le Czech Philharmonic Orchestra) agrémenté de la pléiade habituelle de percussions acoustiques/électroniques et de rythmes synthétiques typiques du compositeur. Le score repose sur un thème principal héroïque et solennel évoquant la fraternité, la camaraderie, l'esprit d'équipe et aussi la détermination et le sacrifice de ces mercenaires lors de leur ultime mission. Sur l'album, dans lequel la musique est arrangée pour une écoute plus fluide ne respectant pas l'ordre chronologique du film (comme toujours sur les albums de Brian Tyler), le thème est immédiatement entendu dans « The Expendables », qui correspond en réalité à la scène où Ross et ses mercenaires posent les bombes dans les couloirs du palais du général Garza. L'orchestre est ici dominé par des cuivres massifs, des cordes agitées et des choeurs épiques sur fond de percussions martiales du plus bel effet. On retrouve dans le thème principal de « The Expendables » l'émotion que l'on ressentait déjà dans le thème de « Rambo », une très belle réussite de la part de Brian Tyler ! Dans le film, le thème apporte en tout cas une émotion salvatrice, entre deux scènes de fusillades explosives et d'affrontements sanguinaires et sans merci. Après la détermination solennelle et l'émotion de « The Expendables », l'action domine dans « Aerial » avec des cuivres massifs, des cordes agitées, des choeurs et un ensemble de percussions enragées. On n'est guère loin par moment du style épique et guerrier de « Timeline », Brian Tyler semblant renouer ici avec une approche plus symphonique rappelant clairement le style de « Rambo » ou même de « Eagle Eye ».

Ne vous attendez pas à une quelconque forme de subtilité ici, car il n'y en a pas : Brian Tyler ne fait pas dans la dentelle, et ce pour notre plus grand plaisir ! Ainsi, l'action trouve encore un écho favorable dans « Ravens and Skulls » pour une autre scène d'affrontement du film. Tyler nous prouve encore une fois qu'il est un grand spécialiste des musiques d'action tonitruantes, avec son lot de cordes agitées, de cuivres martelées et de percussions déchaînées. Rien de bien neuf à l'horizon, mais un sentiment de fun constant. A l'écran, la musique apporte une force et une puissance assez incroyable aux images, en particulier grâce à un mixage généreux (pour une fois !) qui met particulièrement en valeur la composition de Brian Tyler à l'écran. On appréciera la reprise émouvante du thème principal au milieu de « Ravens and Skulls », un zest d'émotion appréciable en plein coeur du combat. Le compositeur n'oublie pas pour autant la partie plus humaine du récit comme dans « Lee and Lacy » où il évoque la relation entre Lee Christmas et son ancienne compagne Lacy (Charisma Carpenter) à l'aide d'une série de guitares électriques soft, d'un piano intime et de nappes synthétiques planantes typiques du style à la fois plus intimiste et moderne du compositeur. On retrouve d'ailleurs ce style dans l'émouvant « Confession », pour la scène où le personnage de Mickey Rourke révèle ses sentiments et ses regrets à Barney Ross vers le milieu du film. Le compositeur se fait plaisir et nous offre même un peu de musique latino/sud-américaine dans « The Contact » pour la scène où Sandra fait sa première apparition : guitares acoustiques et percussions latinos suffisent à apporter une touche sud-américaine appréciable à la musique, des touches musicales que l'on retrouvera d'ailleurs tout au long du film, pour évoquer les décors de l'île sur laquelle se déroule l'histoire. Le reste du score oscille entre suspense et action pure et dure comme nous le rappelle fièrement les déchaînements orchestraux de « The Gulf of Aden » ou l'enragé « Massive » dans lequel Tyler développe un motif d'action de cuivres qui n'est pas sans rappeler Jerry Goldsmith ou même un thème du « Deep Blue Sea » de Trevor Rabin. Ce motif d'action sera très présent au cours de la plupart des scènes d'action du film.

« Massive » est l'archétype même de la musique d'action façon Brian Tyler : ostinatos rythmiques de percussions/cordes, cuivres martelés, rebondissements rythmiques, loops électroniques, choeurs épiques et toujours ce même sentiment de fureur et d'excitation à l'écran, traduisant non seulement la violence des affrontements mais aussi les exploits des mercenaires de Ross et son équipe. « Lifeline », « Royal Rumble » et « Warriors » sont autant de déchaînements orchestraux rappelant le talent du compositeur pour l'action. A noter un nouveau thème d'action développé aux cordes et aux cuivres dans « Warriors », thème que l'on retrouvera là aussi à deux ou trois reprises dans le film et qui rappelle, curieusement, le thème de la saga « Saw » de Charlie Clouser. L'action se prolonge dans le frénétique « Waterboard », « Take Your Money », « Time To Leave » et l'excitante confrontation finale dans « Mayhem and Finale », ultime déchaînement orchestral en règle avec ses cuivres agressifs et ses percussions meurtrières - à noter que l'emploi des percussions électroniques et l'esthétique générale de ces passages d'action rappelle beaucoup bon nombre de partitions action du studio Media-Ventures/Remote Control. Il est vrai que cela fait depuis un certain temps que Brian Tyler semble vouloir se rapprocher de plus en plus du style musical établit par le studio de Hans Zimmer, un fait qui s'explique peut être sur « The Expendables » par la présence de compositeurs additionnels/arrangeurs issus du studio Remote Control, Matthew Margeson (qui a apparemment écrit beaucoup de musique sur « The Expendables »), Stuart Thomas et Todd Haberman, qui travaillent d'ailleurs avec Brian Tyler depuis 2008 sur des scores tels que « Rambo », « Bangkok Dangerous », « Dragonball Evolution », « Eagle Eye » ou bien encore « Final Destination ». En conclusion, rien de bien neuf à l'horizon donc. Brian Tyler signe un nouveau score d'action efficace et enragé qui s'écoute relativement bien sur CD et supporte la longueur (pour une fois !) malgré la durée conséquente de l'album et le caractère répétitif du score. C'est surtout l'impact de la musique sur les images qui est assez appréciable ici, un travail de qualité mais qui déçoit néanmoins par son côté très quelconque, ultra prévisible et son manque total d'originalité et d'idées neuves (sans oublier des orchestrations toujours très pâteuses, et le manque d'utilisation des bois, défaut récurrent chez Brian Tyler!). Mais les amateurs de Brian Tyler et les fans de la musique de « Rambo » apprécieront sans aucun doute !

Quentin Billard

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