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Garfield / Garfield: A Tail of Two Kitties   (2004)

• Peter Hewitt • En salle le 11-08-2004

• Musique composée par Christophe Beck

Même si cette partition n'apporte rien de neuf, elle n'en demeure pas moins très réussie bien qu'extrêmement conventionnelle et assez impersonnelle. Difficile ici de reconnaître un quelconque style musical personnel, Christophe Beck se contenant d'adapter toutes les formules orchestrales habituelles propres au registres des musiques de comédie familiale hollywoodienne.

[© Texte : Cinezik] •

Garfield / Garfield: A Tail of Two Kitties

Sortie de la BO

Bulletproof/Rykodisc (11 juillet 2006)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Garfield's Theme
2. Arf, Arf, Arf, Quickly!
3. Stupid Gone Wild
4. Dogs Run Wild
5. Move Pinky Move
6. Shock Collar
7. Bucket Trap
8. Jon and Liz
9. Animal Control
10. Plate Of Courage
11. Are We There Yet?
12. Lost and Found
13. A Really Big Train
14. Home Again
15. Carlyle Castle
16. One Pampered Prince
17. Catnapped
18. Chasing Tail
19. Heir to the Throne
20. Stowaways
21. Fat Cat Waltz
22. Destiny Calls
23. The Lonely Housecat
24. Room Wrecker
25. Mirror Dance
26. G-Cat
27. Cat Got Your Bum
28. Taunting Dargis
29. A Hero and a Gentleman
30. London Crawling
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Autour de cette BO

Nos articles sur cette BO

Garfield (2004)

Seule la musique de Christophe Beck est à sauver de cette entreprise désastreuse. Visiblement, Beck est le seul à y croire vraiment, nous offrant une partition orchestrale certes archi conventionnelle mais néanmoins très sympathique et parfaite pour le film. Le score s'articule autour du ‘Garfield's Theme', motif sympa de 4 notes que Beck fait ici interpréter par un vibraphone sur fond de petite rythmique légère et de pizz sautillants. Le ‘Garfield's Theme' évoque clairement toute la roublardise et l'espièglerie du célèbre matou glouton et paresseux. Odie apparaît avec l'énergique ‘Arf, Arf, Arf, Quickly!' où Beck développe les premières touches de mickey-mousing de son score, avec une énergie orchestrale enthousiasmante. La virtuosité de l'écriture des bois et l'utilisation des percussions font clairement penser par moment à du Danny Elfman ou du John Debney tendance My Favorite Martian ou Inspector Gadget. Les touches de mickey-mousing continuent dans ‘Stupid Gone Wild', renforçant le côté sautillant et vivant de la musique dans le film. Le thème de Garfield est toujours présent et développé sous de multiples variantes. L'action débute avec l'énergique ‘Dogs Run Away' pour la poursuite entre Garfield et le chien de garde vers le début du film. Cuivres massifs et percussions sont ici les principaux ingrédients de ce morceau non dénué d'un certain humour, tandis que la seconde partie se veut plus intime et apaisée, avec l'utilisation d'un piano, de bois et de cordes. Idem pour ‘Move Pinky Move' qui reprend l'esprit de ‘Dogs Run Away' avec une utilisation des cuivres et d'un motif qui font ici très clairement penser ici au style comédie/aventure de John Debney. Tous les stéréotypes habituels des musiques de comédie familiale sont passés en revue par Christophe Beck avec une énergie constante certes, mais un manque d'idée néanmoins très flagrant.

‘Shock Collar' se veut plus sombre et menaçant pour évoquer le méchant du film interprété par Stephen Tobolowsky. Les touches de mickey-mousing restent très présentes, notamment avec l'utilisation de pizzicati ou de bassons sautillants sans oublier les petites percussions constantes qui créent une dynamique tout au long de la musique du film (on est bien en présence ici d'une véritable musique de cartoon traditionnelle!). Les orchestrations demeurent donc très soignée bien que là aussi peu originales. Néanmoins, Beck privilégie chaque pupitre de l'orchestration avec une grande aisance et une certaine fraîcheur, comme le confirme clairement ‘Bucket Trap'. Place ensuite à un peu de poésie et de romantisme dans le très intime mais bref ‘Jon and Liz' pour la relation entre Jon et la jolie vétérinaire campée par Jennifer Love Hewitt. Le ‘Love Theme' est ici interprété par quelques bois et des cordes toutes en douceur. Et l'action repart de plus belle dans ‘Animal Control' lorsque Garfield part sauver Odie, accompagné par ses amis animaux. A noter l'utilisation quelque peu ironique de percussions martiales qui évoquent la détermination héroïque de Garfield. De l'héroïsme, il en est justement question dans ‘Plate of Courage' qui reprend le thème de Garfield de façon clairement héroïque. Les percussions deviennent ici clairement martiales, mais non dénuées d'humour, car si Christophe Beck se contente d'appliquer toutes les recettes du genre comme un bon artisan, on ne peut que constater à quel point le musicien semble s'être fait plaisir sur cette musique. ‘Are We There Yet?' développe l'ambiance musicale du sauvetage d'Odie avec de nouvelles touches de mickey-mousing énergiques (dont une utilisation assez amusante vers le milieu du morceau d'un tuba bien pataud) et un final particulièrement rythmé et excitant. Et ce sont les retrouvailles avec Odie dans ‘Lost and Found' suivi de l'affrontement final contre Happy Chapman dans l'amusant ‘A Really Big Train Set', dernier morceau d'action du score de Garfield. Le happy-end (‘Home Again') permet finalement à Christophe Beck de conclure sa partition de façon plus intime et joyeuse, avec un dernier rappel du thème de Garfield.

Avec Garfield, Christophe Beck se montre très clairement à l'aise dans le registre de la musique de comédie familiale, un genre qui pullule littéralement dans sa filmographie mais auquel le compositeur n'a jamais vraiment rien apporté de particulier. Beck se contente d'appliquer toutes les recettes traditionnelles du genre mais manque indéniablement d'idées et d'audace. Zéro prise de risque donc dans cette partition orchestrale sympathique, fraîche mais particulièrement banale, qui, si elle fonctionne parfaitement à l'écran (apportant un certain fun au film de Peter Hewitt), s'oubliera certainement rapidement, même après plusieurs écoutes! A réserver donc aux fans absolus de Christophe Beck, ou à tout ceux qui apprécient les musiques de mickey-mousing sautillantes!

Garfield : A Tail of Two Kitties (2006)

Christophe Beck rempile à nouveau pour la musique de cette seconde aventure de Garfield et ses amis. D'un point de vue purement musical, la musique de Garfield : A Tail of Two Kitties ne se différencie guère de celle du premier épisode : on y retrouve le même type d'orchestration très fouillée et d'ambiances sautillantes/mickey-mousing pleine d'entrain. L'une des principales nouveautés vient ici de l'utilisation d'un nouveau thème principal introduit dès le début du film dans ‘Carlyle Castle'. Il s'agit d'une sorte de thème de procession royale typiquement ‘british' (l'histoire se passe en Angleterre) associé à Prince dans le film. Ce thème majestueux et royal sera donc très présent et développé tout au long du score à travers une série de variations aussi diverses que variées. En tout cas, la bonne humeur et la pêche de ‘Carlyle Castle' annoncent clairement une aventure très divertissante (à noter que la fin du morceau nous permet de réentendre le thème de Garfield entendu dans le premier score, et joué brièvement ici par une clarinette)! Et l'aventure commence très rapidement avec ‘Catnapped' qui illustre la scène où Dargis tente de se débarrasser de Prince au début du film. ‘Chasing Tail' nous offre alors un premier beau moment d'action dans un style proche des musiques de comédie/aventure de James Newton Howard ou celles de John Debney, avec les inévitables touches de mickey-mousing sautillantes. C'est la vie de château pour Garfield dans ‘Heir To The Throne' avec une nouvelle série de développements du thème principal royal avec d'autres touches de mickey-mousing associées au caractère roublard et espiègle du gros matou paresseux. C'est d'ailleurs avec un certain plaisir que l'on retrouve son thème joué par un marimba, des vents et des petites percussions dans ‘Stowaways', Christophe Beck faisant ici le lien avec sa musique des premières aventures de Garfield.

Le compositeur s'amuse un peu avec ‘Fat Cat Waltz' où il nous offre une petite valse gracieuse et légère pour la scène où Garfield profite de sa nouvelle vie de château dans son grand lit royal, servi par les fidèles domestiques de Prince. A noter l'utilisation d'un violon soliste à la fin du morceau qui achève de rendre le tout ironiquement très classieux d'esprit. L'action repart de plus belle avec le sautillant et très vif ‘Destiny Calls', alors qu'à contrario ‘The Lonely Housecat' se veut plus nostalgique et intime. Le morceau opère un bref changement de style, écrit pour une section rythmique batterie/basse pop avec guitares, orgue électrique, piano et cordes. Il s'agit en fait d'une reprise inédite du thème de Garfield lorsque ce dernier apprend que les sujets de Prince médisent dans son dos et qu'il se sent tout à coup bien seul. Le thème royal est à nouveau entendu dans ‘Room Wrecker' au hautbois avant de basculer sur un nouveau passage d'action entraînant et divertissant. De l'humour, il est justement question dans ‘Mirror Dance' lorsque Garfield rencontre Prince dans la scène amusante du faux miroir. On retrouve ici la valse de ‘Fat Cat Waltz' qui rythme la scène avec humour et légèreté. ‘G-Cat' évoque la contre-attaque de Prince, Garfield et ses amis contre l'infâme Lord Dargis, débouchant sur ‘Cat Got Your Bum' et ‘Taunting Dargis' qui illustrent toujours avec énergique et humour la déconfiture finale du méchant de service. Finalement, ‘A Hero and a Gentleman' ramène la paix tandis que ‘Londong Crawling' nous permet de réentendre une dernière fois le thème de Garfield joué ici dans un arrangement rock british rétro façon ‘Beatles' particulièrement savoureux (on sent à quel point le compositeur s'est fait plaisir en écrivant certains passages de la partition du film !).

Au final, même si cette nouvelle partition n'apporte rien de neuf à la saga Garfield, elle n'en demeure pas moins très réussie bien qu'extrêmement conventionnelle et assez impersonnelle. Difficile ici de reconnaître un quelconque style musical personnel, Christophe Beck se contenant d'adapter toutes les formules orchestrales habituelles propres au registres des musiques de comédie familiale hollywoodienne. Le score de Christophe Beck apporte humour, légèreté et énergie au film de Tim Hill, mais sans jamais réussir à dépasser le cadre purement fonctionnel de la musique dans le film.

Quentin Billard

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Christophe Beck a également écrit la musique de : Elektra (2005) • La Panthère Rose (2006) • The Sentinel (2006) • We Are Marshall (2006) • Jackpot (2008) • La Reine des neiges 2 (2019) • La Panthère Rose 2 (2009) • Like a Boss (2020) • I Love You, Beth Cooper (2009) • Panique aux funérailles (2010) • Waiting for Superman (2010) • Red (2010) • Bienvenue à Cédar rapids (2011) • Le Casse de Central Park (2011) • Les Muppets (2015) •

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