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The Grudge 2  (2006)

Varèse Sarabande (US : 7 novembre 2006
FR : 4 décembre 2006) - 0:45:38 | Original Score [musique originale]


 

Christopher Young revient pour la suite du film horrifique THE GRUDGE qu'il avait déjà mis en musique en 2004. La partition de Young pour The Grudge 2 ne s’éloigne guère du premier volet et prolonge le style horrifique/atonal cher au compositeur, qui ajoute ici quelques instruments aux sonorités japonaises pour évoquer l’univers nippon du film.



[© Texte : Cinezik] •
The Grudge 2

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. JU-ON 2 (2:51)
2. HITAN (2:33)
3. GISHIKI (5:20)
4. HIGEKI (3:23)
5. SEME (2:44)
6. HITORIBOCCHI (3:05)
7. BOUREI (3:36)
8. KOUKAI (3:35)
9. RITSUZEN (3:43)
10. SHIKYO (5:59)
11. AKUMA (3:49)
12. INOCHI (5:00)

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Comme d’habitude, le score surprend par son intensité, son côté envoûtant et ses nombreux morceaux de terreur pure absolument inspirés et digne du grand maître des musiques de film d’horreur. A l’orchestre symphonique habituel s’ajoute un piano avec quelques synthétiseurs atmosphériques, une voix féminine, un choeur et les sonorités japonaises mystérieuses associées à la malédiction. Le thème principal est toujours présent, entendu dans une nouvelle variante aux cordes pour le générique de début (‘Ju-On 2’) renforcé ici par un choeur sombre et inquiétant qui nous fait clairement comprendre que la malédiction a pris une plus grande ampleur. ‘Hitan’ nous rappelle que le drame humain derrière la malédiction avec un morceau pour cordes et piano lent, sombre et mélancolique, auquel s’ajoute quelques sonorités électroniques et la voix soliste, un morceau calme et envoûtant typique du compositeur.

Le score s’élève enfin avec ‘Gishiki’, premier morceau de terreur pure de l’album (dommage qu’entre temps, les premiers morceaux de terreur du score n’aient pas été retenus pour l’album) dans lequel Young expérimente quelques mélanges de sonorités particulièrement intéressants, en particulier dans l’alternance entre cordes dissonantes, voix féminine fantomatique, sonorités électroniques héritées de The Exorcism of Emily Rose et sonorités asiatiques expérimentales. Le morceau maintient une tension permanente durant une scène où l’esprit de Kayako harcèle une nouvelle victime. L’utilisation de sonorités japonaises nous rappelle parfois ce que Chris Young avait déjà fait sur Rapid Fire en 1993 ou dans sa pièce expérimentale ‘Koku-Ryû (Black Dragon)’ que l’on pouvait entendre sur l’album de Max and Helen, et dans lequel Chris Young expérimentait déjà un habile mélange de sonorités asiatiques déjantées. Idem pour ‘Seme’ qui accompagne avec une intensité rare la séquence où Vanessa (Teresa Palmer) est harcelée par l’esprit démoniaque dans le bureau de la directrice du lycée. Sursauts de percussions, clusters stridents de cordes, sonorités japonaises déjantées, effets de cordes en tout genre, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ‘Seme’ un pur morceau de terreur dans la lignée des précédentes partitions horrifiques de Christopher Young, toujours très à l’aise dans ce registre. Les élans de percussions métalliques vers la fin du morceau, lorsque Vanessa s’élance au dehors pour échapper au fantôme, sont absolument typiques eux aussi du compositeur, qui fait clairement référence ici aussi au style atonal/chaotique de The Grudge et The Exorcism of Emily Rose (à noter les effets de chuchotements terrifiants eux aussi typiques du compositeur).

La partition se développe avec une intensité sans cesse renouvelée tout au long du film. Le mixage généreux de la musique dans le film et son abondance tout au long de l’histoire permet au spectateur de s’immerger de façon plus fébrile dans le récit du film. Le retour du thème dans une excellente variante aux cordes dans ‘Hitoribocchi’ nous rappelle l’univers si mystérieux et envoûtant de la malédiction, toujours agrémenté ici de sonorités asiatiques, tandis qu’un morceau plus atmosphérique comme ‘Bourei’ est plus typique de la représentation musicale de la tension qui est omniprésente tout au long du film. On retrouve dans ‘Koukai’ l’entêtant motif de 5 notes qui introduisait déjà la musique du premier opus, et qui reste toujours associé ici aux sinistres secrets entourant la malédiction. ‘Ritsuzen’ nous replonge à nouveau dans le cauchemar pour la scène de la mauvaise blague faite à Allison au début du film, et qui tourne à la catastrophe. A noter ici d’impressionnants glissandi descendants de cordes et des effets stridents qui soulignent admirablement à l’écran la terreur inspirée par le fantôme de Kayako.

Le cauchemar s’amplifie avec ‘Shikyo’, qui alterne suspense et terreur avec une efficacité redoutable jusqu’à un final chaotique aboutissant au nom moins terrifiant ‘Akuma’ où Young expérimente une dernière fois tous ces mélanges pour un ultime morceau de terreur pure, assez fascinant à l’écran, passant en revue toutes les recettes principales du score: effets divers de cordes dissonantes/stridentes incluant jeux divers avec le bois de l’archet, glissandi, tremolos, harmoniques, clusters, effets percussifs, etc. C’est dans ce genre de passage que Christopher Young se révèle être un compositeur de génie, maniant les sonorités instrumentales comme pas un, proposant des sonorités parfois inédites et souvent hors des normes hollywoodiennes. On appréciera finalement une nouvelle reprise inédite du thème principal dans ‘Inochi’ qui conclut le score sur une touche sombre et mystérieuse, typique de l’ambiance générale de la musique de The Grudge 2.

Aucune grande surprise à l’horizon si ce n’est un plaisir d’écoute sans cesse renouvelée grâce à l’alternance entre morceaux mystérieux à suspense et passages de terreur pure d’une intensité et d’une violence typique du compositeur. La musique apporte un punch ahurissant aux images du film de Takashi Shimizu, nous prouvant d’ailleurs à quel point le réalisateur compte énormément sur sa musique pour accroître la puissance évocatrice des images de son film (n’en déplaise aux détracteurs du genre, le film d’horreur reste avec le thriller et le polar le genre cinématographique dans lequel la musique occupe bien souvent une place généreuse). Seule ombre au tableau, le film contient beaucoup de musique et le CD de Varèse Sarabande n’en contient que très peu, à peine 46 minutes sur les quelques 90 minutes écrites par Chris Young pour The Grudge 2, soit seulement la moitié de ce que l’on entend dans le film. C’est peu, d’autant que certains passages majeurs du score ne sont pas présents sur l’album (on aurait par exemple aimé réentendre les passages que Young a repris de son premier score à certains passages du film). Mais en définitive, même si The Grudge 2 n’apporte rien de neuf malgré la présence de sonorités japonaises et d’un choeur, la nouvelle partition horrifique du grand Christopher Young nous prouve une fois encore à quel point le compositeur est plus que jamais l’un des chefs de l’avant-garde hollywoodienne d’aujourd’hui, un grand maître qui mène sa carrière avec talent et intelligence, plus particulièrement dans le cinéma d’horreur et de suspense. Fans de Chris Young, procurez-vous rapidement The Grudge 2: adhésion immédiate et frissons garantis !

Quentin Billard

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