Quebec - Belgique - Suisse - Afrique 

EN

VOIR

PLUS

Hellraiser 2 : les écorchés  (1989)

Hellbound : Hellraiser II

GNP Crescendo (1988) - en digital | Original Score [musique originale]


Christopher Young revient de nouveau dans l'univers infernal de Hellraiser avec un nouveau score bien supérieur à celui du premier épisode. Le compositeur reprend ainsi quelques thèmes du premier Hellraiser et en utilise un nouveau. Le réalisateur a clairement demandé à Young de composer un score de terreur absolue, "une célébration de l'horreur".

[© Texte : Cinezik]
Hellraiser 2 : les écorchés

Tracklist

Hellbound: Hellraiser II (1988)

1-Hellbound/Second Sight Seance 7.29
2-Looking Through a Woman 5.29
3-Something To Think About 4.26
4-"Skin Her Alive" 1.47
5-Stringing The Puppet 4.56
6-Hall of Mirrors 7.46
7-Dead of Living? 2.51
8-Leviathan 3.25
9-Sketch With Fire 2.55
10-Chemical Entertainment 6.35
11-Obscene Kiss 5.00
12-Headless Wizard 5.33
13-What's Your Pleasure? 3.10

Highpoint (Peter Carter, 1984)

14-Highpoint Main Title 1.42
15-Over The Edge 1.00
16-The Kendo Duel 0.48
17-Love Scene 1.07
18-Up The Stairs 2.13
19-Highfall 1.41
20-Love Theme (End Title) 3.38

Lien d'achat :

Nos articles sur cette BO

Spécialiste incontournable de ce style de musique, Christopher Young s'est lancé à fond dans le défi et à écrit ce qui semble être l'un de ses scores les plus terrifiant de toute sa carrière. A l'aide d'un orchestre dont le pupitre des cuivres a été augmenté et bien mise en valeur (on a ici 8 cors au lieu des 4 cors habituels), utilisant un choeur démoniaque dans l'esprit des chorales gothiques sinistres, (la partie chorale donne une puissance terrifiante à cette musique!) et de nombreux effets de synthétiseurs et de percussions diverses, la musique de Young révèle une fois de plus le talent d'un compositeur maîtrisant la musique à caractère morbide et torturée.

Le 'Main Title' du film introduit le matériel thématique du score d'une manière puissante et redoutable. Le prologue/introduction du film est terrifiant et grandiose en même temps. L'orchestre et les choeurs sont unis pour évoquer une ambiance apocalyptique décrivant le monde chaotique des enfers. Le film s'ouvre ainsi sur le thème principal évoquant toute la puissance infernale de cette sinistre histoire à l'aide des trombones terrifiants et du choeur grandiose sorti tout droit des enfers. On peut vraiment dire que le compositeur ne nous ménage pas dès ce 'Main Title' et nous plonge tout de suite dans l'univers terrifiant et puissant de sa ténébreuse musique (notons le martèlement des timbales qui agissent comme s'il s'agissait d'une lente marche vers les enfers). Le deuxième thème apparaît tout de suite après cette introduction démoniaque. Ce thème très présent tout au long du score est confié aux flûtes et aux cordes et possède un caractère plus doux mais aussi plus mystérieux, évoquant dans un premier temps le personnage de Julia et de sa sinistre séduction, le thème devenant plus tard le leitmotiv du personnage de la jeune Tiffany. Après l'exposition dans le début du film de ces deux thèmes, la musique prend une tournure plus inquiétante, finissant par l'arrivée du sombre thème des Cénobites confié à l'orchestre et aux choeurs. (notons ce martèlement de percussions métalliques faisant monter la tension) Ce thème apparaît dans le film lorsque les Cénobites réapparaissent pour la première fois dans le film après que Tiffany ait résolue le puzzle et ouvert la boîte. Puissant est le terme qui me vient tout de suite à l'esprit pour décrire cette musique dans cette scène. Le choeur évoque de manière apocalyptique l'arrivée de ces démons de l'enfer avec le style terrifiant cher au compositeur.

'Looking Through a Woman' permet à Young de poursuivre son matériau horrifique en utilisant des trombones menaçants (qui rappellent étrangement 'Ripley's Rescue' du 'Aliens' de James Horner) sur une rythmique moderne de synthé, et ce alors que Julia ressuscite grâce au sang du patient de Channard. Kyle McRae, le collègue de Channard, assiste horrifié à cette scène, la musique de Young nous placant quelque part dans le regard terrorisé du médecin. L'arrivée de Julia se fait avec le retour du thème principal accompagné par des choeurs grandioses. Si l'on a des ambiances plus mystérieuses réutilisant le thème de Julia dans 'Something To Think About' (notons l'utilisation typique ici des cordes froides et mystérieuses cher au compositeur), c'est 'Stringing The Puppet' qui donne une tournure plus profonde au score qui ne cessera de sombrer dans le chaos cauchemardesque le plus total. Pour cette pièce, Young utilise le choeur qui semble ramper dans l'obscurité tandis que les sonorités orchestrales se font plus profondes et plus angoissantes, faisant clairement monter la tension. L'étrange 'Hall of Mirrors' est un morceau très particulier. On commence sur une petite valse joué sur un petit orgue et quelques rythmes irréguliers de caisse le style d'une musique de fête foraine (scène où la jeune Tiffany, entendant ce morceau, se sent attiré par cette musique et pénètre alors à l'intérieur du monde des Cénobites) très vite superposée sur une nappe orchestrale dissonante, la superposition des deux éléments tonal/atonal donnant une pure sensation de chaos intense comme on en a rarement entendu chez le compositeur. Les 7 minutes 46 de 'Hall of Mirrors' décrivent le chaos le plus totale avec une intensité incroyable (le morceau suit la scène des miroirs où Tiffany a des hallucinations cauchemardesques). Le morceau fait aussi intervenir le très troublant thème de la boîte qui est confié à une sorte de boîte à musique sur une mélodie inquiétante (le parallèle boîte/music box est simpliste mais pourtant cela fonctionne parfaitement bien dans le film. Ce son de boîte à musique paraît léger ainsi, à l'image de cette petite boîte en apparence inoffensive...et pourtant, elle renferme le plus effroyable des secrets et ouvre les portes sur le monde le plus horrifique). Troublant, dérangeant et déroutant, ce morceau chaotique installe aussi une certaine ambiance de folie pure dans ce monde infernal en proie à tous les vices. (le morceau est décrit dans le livret comme un véritable 'carnaval de l'enfer', un morceau subissant toutes les formes de tortures musicales possible.

On parle souvent du morceau 'Leviathan' puisqu'il possède deux particularités qui sont d'ailleurs soulignées dans le livret de l'album: un motif de Cor sur un motif de tritons évoque la présence du Leviathan, l'esprit représentant le Dieu des Enfers, le mal à l'état pur. Quoi de plus simple que d'évoquer le mal en utilisant la figure emblématique du triton, considéré en musique classique comme le 'diabolus in musica' (diable en musique), un vieux cliché musical qui a décidément la vie dure. La deuxième particularité du morceau est d'utiliser le choeur en arrière fond (le tout dans une ambiance chaotique à l'aide de sombres sonorités du synthé et de nappes orchestrales terrifiantes et étouffantes à la fois) qui, paraît il, dirait les lettres 'G-O-D' en morse. J'avoue ne pas avoir eu le temps d'étudier cela de plus près, n'empêche que cela démontre une fois de plus l'envie du compositeur d'aller jusqu'au bout de ses idées musicales dans l'espoir d'en tirer le meilleur à l'écran. Le morceau souligne ainsi la bataille de Kirsty contre le 'Leviathan', Dieu absolue de ce monde infernal.

'Chemical Entertainment' permet à Young de prolonger l'ambiance chaotique de 'Leviathan' et 'Hall of Mirrors' en utilisant des sonorités du synthé profondes, soutenues par des sonorités orchestrales toutes aussi profondes pour décrire la bataille de Kirsty et Tiffany pour tenter de s'enfuir de cet enfer et d'échapper à la fois aux Cénobites et à Channard, complètement transformé lui aussi en Cénobite. L'affrontement trouve son apogée dans 'Obscene Kiss' (notons l'utilisation de percussions métalliques typique des scores thriller/horreur de Young). On notera la reprise grandiose du thème de Tiffany (considéré au départ comme le thème de Julia) pour la scène où Tiffany s'avance devant le Leviathan dans l'espoir de résoudre l'ultime puzzle censé anéantir le Dieu des Enfers et leur offrir une porte de sortie. Le plan est transcendé par une reprise grandiose avec un très majestueux choeur de femmes du thème de Tiffany/Julia évoquant avec force la détermination du personnage pour sortir de cet enfer.

Au final, 'Hellraiser II' apparaît comme un must dans la carrière de Christopher Young, une BO terrifiante qui a rendu célèbre Christopher Young et lui a vraiment permit de monter dans le milieu en se spécialisant pendant un temps comme un compositeur de musique d'horreur/thriller/suspense avant de s'attaquer à des choses très différentes ('Bright Angel', le dramatique 'Murder In The First', le comique 'The Man Who Knew Too Little', le jazzy 'Rounders', etc.), le compositeur refusant d'être catalogué exclusivement dans le genre horreur/thriller. Quoiqu'il en soit, 'Hellraiser II' constitue bien ce que Young a fait de mieux dans ce domaine, un score beaucoup plus puissant et surtout beaucoup plus terrifiant que sa première partition pour 'Hellraiser' de Cliver Barker. Christopher Young a carrément mis le paquet et crée une BO cauchemardesque, un hymne terrifiant à l'horreur. Compositeur de nos plus sombres rêves, Young frappe fort et crée avec 'Hellraiser II' un véritable classique du genre!

Quentin Billard

Boutique


En achetant cette BO sur Amazon par ce lien, vous apportez un soutien à notre site.

Voir toutes les dernières ventes

Autres BO du compositeur

Vos avis