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Dans la ligne de mire  (1993)

In The Line Of Fire

Epic Records (1993) - 1:03:27 | Original Score [musique originale]


 

Ennio Morricone s'attaque avec ce film de Wolfgang Petersen à la musique de thriller avec brio, sans perdre de son style et son inventivité créatrice. Il a conçu In The Line of Fire comme un très grand crescendo partant calmement du début du film pour aboutir dans un climax au final du film, le tout dans un style orchestral et instrumental typique du maestro italien.



[© Texte : Cinezik] •
Dans la ligne de mire

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. In The Line Of Fire (2:19)
2. Lilly And Frank (4:02)
3. "Aim High" (4:21)
4. The Boat (2:10)
5. Leary's Shrine (2:05)
6. On The Rooftops (4:27)
7. Discovery In Phoenix (2:59)
8. Lilly And Frank (2:29)
9. Frank Is Depressed (2:39)
10. Arriving In L.A. (2:39)
11. Lilly And Frank (1:49)
12. Telephone Call (3:31)
13. Dinner Date (2:01)
14. Frank (1:35)
15. Solving The Puzzle (1:45)
16. Another Telephone Call (4:05)
17. Dallas Recalled (3:08)
18. In The Park (2:09)
19. Taking The Bullet (2:38)
20. Arriving In L.A. (1:56)
21. Lilly And Frank (1:32)
22. Collage (5:18)
23. On The Trail (1:50)

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A l'instar du futur The Untouchables (1987), In The Line of Fire permet à Morricone d'exploiter un ensemble instrumental fait de percussions diverses (tambours, batteries, etc.), instruments à cordes, quelques trompettes (en particulier dans le 'Main Title' du film) et un piano électrique avec quelques touches de synthétiseurs à travers un contrepoint d'accompagnement caractéristique de cette partition et ce dès le 'Main Title' où Morricone expose le thème principal qui est en fait celui de Horrigan. Morricone nous fait partager avec ce thème vaguement dramatique les sombres souvenirs qui hantent un héros fatigué et qui va tout faire pour oublier ses démons et vaincre l'ultime épreuve qui s'offre à lui. Le 'Main Title' permet ainsi à Morricone de développer le thème de Horrigan dans une écriture pour 2 trompettes avec divers instruments (dont la sonorité particulière du piano électrique), écriture qui rappelle par moment City of Joy (très beau film de Roland Joffé). Le thème revient par moment dans le film mais ce n'est pas celui qui est le plus employé.

Effectivement, Morricone semble s'être particulièrement concentré autour du second thème, celui attribué au personnage de Leary, un thème sinistre, sombre et obsédant que le maestro italien ne cesse de développer et de répéter tout au long d'une grosse partie du film. Ce thème est constitué de 2 motifs qui se superposent (l'un de deux notes hypnotisantes, l'autre d'une courbe mélodique exprimant clairement l'impression de menace) et constitue sans conteste l'atout majeur d'une musique toujours tendue jusqu'au final-climax du film. Le thème de Leary permet aussi au compositeur d'aborder cette partition comme un grand crescendo, quelque chose d'inévitable, d'inexorable. Ainsi, vers la dernière partie du film, on assiste progressivement à la transformation du thème de Leary qui devient de plus en plus agité voire de plus en plus menaçant (plus gros son orchestral, percussions présentes, etc.) et ce au moment où Leary arrive en taxi à Los Angeles, là où il compte assassiner le président. On part d'un climat très mystérieux au début du film avec une atmosphère de suspense très présente autour du personnage qu'incarne Malkovich. Pour cela, Morricone a recours aux cordes mais aussi à des sonorités synthétiques sombres et un ensemble qui fait froid dans le dos. Ce climat sinistre ne cesse de se développer pour aboutir à des moments plus agités vers la fin du film, là où l'enjeu est présent, à savoir: Horrigan arrivera t'il à temps pour empêcher le meurtre ? Devra t'il se sacrifier et prendre la balle à la place du président ? Leary réussira t'il son coup ?

Les quelques scènes de courses poursuites et les passages d'action sont typiques de Morricone: dans un style que l'on retrouvera plus tard dans The Untouchables, le maestro utilise ses fameuses percussions (tambours, batteries, etc.) dans des ostinatos très rythmés, dans lequel seule la rythmique compte réellement même si ces passages permettent notamment vers la dernière partie du film de faire réapparaître les deux thèmes principaux dont en particulier celui de Leary, sensiblement modifié pour augmenter la sensation de danger et de menace. Excitants, les passages d'action retranscrivent bien aussi tout le danger et l'enjeu entre les deux ennemis déterminés à accomplir leur tâches, l'un voulant tuer le président, l'autre voulant le protéger. C'est dans la dernière partie du film que la musique commence à devenir très rythmé, excitante. Morricone y décrit un climat action rythmé, sans oublier entre temps les quelques moments romantiques entre Frank et Lilly, des pièces décrites comme "musicalement contemplatives" par le compositeur lui-même.

A propos de l'ensemble de la partition, Morricone disait dans une interview : « In The Line of Fire joue davantage sur les timbres et la tonalité progressive. L'expression choisie avait été cette construction caractéristique basée sur des ostinatos beaucoup plus rythmiques que mélodiques d'ailleurs. A l'image d'Eastwood, ce fut une expression réduite mais affirmée. (...) Ce fut une réduction d'une conception harmonique pour ne suivre que 'la ligne de mire', se concentrer sur une cible et ne pas dériver sur un artificiel. "

On pourra apprécier le propos de Morricone au sujet de cette concentration musicale imagée autour de "la ligne de mire". A l'instar du tueur incarné par Malkovich dans le film, Ennio Morricone s'est concentré lui aussi sur une cible bien précise comme si lui même s'était glissé momentanément à travers ce film dans la peau de Mitch Leary pour pouvoir en extirper tout ce côté obsédant, sinistre, cette idée d'être hypnotisé par un but unique, ce qui expliquerait alors pourquoi le thème de Leary est si envoûtant et aussi fréquemment répété dans ce film. C'est donc en quelque sorte cette image là que Morricone a retranscrit dans une grande partie de sa partition, et le résultat ne peut qu'être applaudi, surtout quand on sait que le maestro italien est très fort lorsqu'il s'agit de créer des ambiances hypnotisantes (cf. le glacial The Thing de John Carpenter ou d'autres musiques pour les films de Dario Argento). Vous l'aurez donc compris, l'atout de cette partition est donc ce suspens sinistre inhérent et lié au thème du tueur et qui constitue le pivot de cette partition, voire même son axe principal autour duquel gravite les autres atmosphères de la musique, les passages dit romantiques entre Frank et Lilly, le thème de Frank ou bien encore les passages d'action très rythmés. Le final du film permet à Morricone de retrouver une expression plus lyrique dans une très belle reprise finale et développée du thème de Frank en conclusion du film.

Sans atteindre le génie des plus anciennes partitions du compositeur, In The Line of Fire constitue au final un exemple typique de ce que Morricone sait faire dans le domaine du thriller. Tendue, psychologique, agitée, rythmée, sinistre, cette musique colle à merveille au film et permet de ressentir toutes les idées qu'a put exprimer pleinement le compositeur à travers le film de Wolfgang Petersen. Un pe

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