Calendrier films & séries Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusPodcasts

Man on Fire   (2004)

• Tony Scott •

• Musique composée par Harry Gregson-Williams

Pour sa troisième collaboration avec le réalisateur anglais sur Man on Fire, Harry Gregson-Williams renoue avec son traditionnel style électro/techno moderne auquel il ajoute ici une dimension émotionnelle majeure, saupoudrée d'un zeste de sonorités hispanico-mexicaines du plus bel effet (l'histoire se déroule à Mexico).

[© Texte : Cinezik] •

Man on Fire

Sortie de la BO

Varèse Sarabande (2004)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Una Palabra 1.19*
2. Main Title 3.05
3. Taxi 0.53
4. El Paso 0.41
5. Creasy's Room 0.34
6. The Rave 4.23
7. Pita's Sorrow 1.47
8. Nightmare 1.06
9. Bullet Tells The Truth 1.36
10. Followed 1.02
11. Smiling 0.48
12. You Are Her Father 1.45
13. No Mariachi 0.43
14. The Drop 2.58
15. Angel Vengador 1.22**
16. You Betrayed Me 1.25
17. She's Dead 0.43
18. The Crime Scene 0.57
19. Pita's Room 1.48
20. Gonzalez 1.57
21. Oye Como Va 4.40***
22. La Niña 1.49
23. Creasy's Art is Death 0.54
24. The Voice 2.59
25. Sanchez Family 4.45
26. The Rooftop 5.07
27. The End Music 9.34+
28. Man on Fire Remix 3.41++

*Ecrit et interprété par
Carlos Varela
**Ecrit par Meri Gavin,
Interprété par Gabriel Gonzalez
***Ecrit par Tito Puente
Interprété par Kinky

+Ecrit par Harry Gregson-Williams
et Lisa Gerrard
Partie vocale de Lisa Gerrard
++Ecrit par
Harry Gregson-Williams
et Hybrid
Interprété par Lisa Gerrard
Remix et production additionnelle:
Mike Truman, Chris Healings.

Voir le calendrier des B.O

Autour de cette BO

Nos articles sur cette BO

Le compositeur donne d'emblée le ton du score avec le 'Main Title' dans lequel il introduit ses sonorités électro-techno héritées de ses précédents travaux action (on pense ici à Enemy of The State ou certains passages de Spy Game) pour évoquer dès le début du film l'ambiance sombre et violente du film de Tony Scott. A ces sonorités électro stressées et speedées s'ajoutent quelques touches plus intimistes avec la partie orchestrale dominée par les sempiternelles cordes et une voix féminine soliste qui sera liée plus tard à la jeune Pita. Avec son double aspect brutal/intimiste, le 'Main Title' de Man on Fire semble déjà en dire long sur le nouvel opus musical d'Harry Gregson-Williams.

L'arrivée de Creasy permet au compositeur de développer ses rythmiques électroniques avec la guitare hispanisante d'Heitor Pereira, fidèle complice des musiciens de la boîte à Hans Zimmer depuis des travaux comme Gladiator ou Mission: Impossible 2. Les touches hispanisantes de la guitare soliste d'Heitor Pereira dans 'El Paso' confirment le choix musical du compositeur tandis que 'Creasy's Room' évoque de son côté la solitude et les souffrances intérieures du personnage de Denzel Washington, avec une très belle écriture de cordes et un piano intimiste. Loin de vouloir se cantonner à une ambiance particulière, Harry Gregson-Williams varie constamment les atmosphères musicales tout au long du film, passant ainsi allégrement de l'intimité de 'Creasy's Room' au speed bourrin du 'The Rave' et ses rythmiques technos (à noter que le compositeur s'amuse à coller par dessus ces rythmes technos un élément dérivé de 'Creasy's Room').

'Pita's Sorrow' évoque de manière émouvante les sentiments de la petite Pita et son envie de se lier d'amitié avec le solitaire Creasy. Gregson-Williams développe ici un thème de piano et de cordes comme dans 'Creasy's Room', lié à la motivation de Creasy qui fera tout pour venger Pita, comme dans le poignant 'Bullet Tells The Truth' et son côté doucement mélancolique, dominé par les cordes et le piano, lié ici aux souffrances de Creasy. C'est pourtant avec une certaine rapidité que le compositeur retombe régulièrement dans un style atmosphérique/électronique souvent plus ennuyeux, comme c'est le cas dans 'Followed' pour la scène où d'étranges types suivent Pita (à noter le motif 'hispanisant' de 4 notes de la guitare). Le thème de l'amitié entre Pita et Creasy est enfin développé aux cordes et au piano dans le poignant 'Smiling' et apporte de nouveau un peu de poésie à un film finalement assez dur, comme dans 'You are her Father' avec sa très belle écriture de cordes lyriques qui dévoile le côté plus sentimental et fin du style de Gregson-Williams. Le style plus atmosphérique et électronique du score revient dans le sombre 'The Drop' pour la séquence de l'enlèvement. On entre alors dans la seconde partie du film, lorsque Creasy entame sa sombre vengeance et retrouve les kidnappeurs de Pita. 'She's Dead' renforce ainsi la noirceur du film avec des cordes tendues et amères tandis que 'Pita's Room' réutilise le thème de Pita réintroduit ici par une guitare solitaire qui évoque l'amertume de Creasy lorsqu'il se souvient de la jeune fillette en faisant un détour dans sa chambre vide. Le motif hispanisant de 4 notes de guitare revient dans 'Creasy's Art is Death' avec un accompagnement électronique sombre et froid, évoquant toujours la violence machinale de Creasy qui se transforme en véritable ange de la mort au cours de cette dernière partie du film. La tension et le suspense sont entretenus dans l'électronique et sombre 'The Voice', lorsque Creasy recherche le type surnommé 'la voix', le responsable de l'enlèvement. 'Sanchez Family' et 'The Rooftop' concluent la vengeance de Creasy d'une façon plutôt sombre et agitée, avec un mélange de percussions/samplers électroniques diverses et de rythmiques électros intenses qui font monter la tension tout au long de cette longue séquence sur le toit de l'immeuble de la famille Sanchez. Finalement, c'est le long 'The End' qui conclut cette histoire en beauté avec un retour du thème de Pita, un mélange entre orchestre et électronique dans un style sombre et poignant à la fois, dans lequel intervient aussi la voix de Lisa Gerrard qui entonne alors une mélancolique élégie pour Creasy.

Une fois encore, Harry Gregson-Williams réaffirme un style parfaitement ancré dans la tradition Media-Ventures, sans originalité particulière. Par conséquent, il est fort à parier que ceux qui n'aiment pas les travaux habituels du compositeur risquent fort de trouver Man on Fire assez indigeste. Pourtant, le compositeur a fait un réel effort pour apporter un peu de poésie et d'intimité à sa musique dans le film, qui oscille ainsi entre la violence et l'émotion de l'histoire. La participation des différents solistes (Heitor Pereira, Gabriel Gonzalez, Lisa Gerrard, etc.) ajoute un 'plus' indéniable à une musique dans laquelle le compositeur semble s'être senti très à l'aise, fortifié par son expérience passé auprès du réalisateur Tony Scott. Mais si la qualité émotionnelle de la musique est indéniable à l'écran (comment ne pas vibrer lorsque Lisa Gerrard entonne un chant mélancolique pour le final poignant?), elle paraît plus nuancée à l'écoute isolée, la partition révélant de vrais moments de grâce alternant avec des passages électro d'une banalité sans nom, presque indigne de l'inspiration de l'un des meilleurs compositeurs de l'écurie de Hans Zimmer, d'autant que la plupart des morceaux sont extrêmement courts et trop morcelés pour que la partition puisse conserver une cohérence forte à l'audition. Du coup, on ressort mitigé de l'écoute de ce score dans le film, qui oscille trop entre la qualité et la banalité avec une constante sérénité. Il n'en demeure pas moins que Man on Fire constitue un nouveau bel effort signé Harry Gregson-Williams, qui à défaut de marquer les annales avec cette nouvelle partition pour un film de Tony Scott, confirme qu'il est toujours en passe de devenir l'un des meilleurs compositeurs hollywoodiens du moment, à condition qu'il sache choisir les bons projets et les bons films à l'avenir, ce qui, hélas, est loin d'être l'apanage d'Hollywood à l'heure actuelle!

Quentin Billard

Autres BO de Harry Gregson-Williams


Harry Gregson-Williams a signé la musique d'autres films de Tony Scott : Déjà Vu (2006) • Déjà Vu (2006) • L'Attaque du métro 123 (2009) • Unstoppable (2010) •

Harry Gregson-Williams a également écrit la musique de : Sinbad : Legend of The Seven Seas (2003) • Kingdom Of Heaven (2005) • Le Monde de Narnia : Chapitre 1 - Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique (2005) • Shrek (2001) • Breath (2019) • Le Nombre 23 (2007) • Phone Game (2002) • Souris City (2006) • Fourmiz (1998) • Veronica Guerin (2003) • Shrek le troisième (2007) • Le Monde de Narnia : chapitre 2 - Prince Caspian (2008) • X-Men Origins : Wolverine (2009) • Prince of Persia : les sables du temps (2010) • Shrek 4, il était une fin (2010) •

Vos avis