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Marie et les naufragés  (2016)

Record Makers (8 avril 2016) | Original Score [musique originale]



Sébastien Tellier retrouve le cinéma après SAINT AMOUR de Delepine et Kervern pour la nouvelle comédie de Sébastien Betbeder (qui avait fait appel à Bertrand Betsch sur "2 automnes 3 hivers" en 2013). Le film entretient un lien avec l'univers de Tellier, des costumes - et barbes - des personnages à certaines allusions dans les dialogues. Aussi, deux personnages sont compositeurs, l'un est incarné par Damien Chapelle (Oscar) et a composé le titre "More Crazyness" qui fait danser les personnages en fin de film, l'autre est incarné par André Wilms (Cosmo) - avatar de Tellier - qui a écrit le titre chanté "La Fille de l'eau" dont une scène du film représente le tournage du clip dans lequel joue le personnage de Vimala Pons. Sébastien Tellier prouve qu'il est le digne héritier de François de Roubaix dans l'inventivité à la fois mélodique et sonore de ses morceaux psychédéliques.

 Interview Sébastien Betbeder veut des mélodies et de l’émotion (Voyage au Groenland)

[© Texte : Cinezik] •

Marie et les naufragés

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1 - Don II
2 - Turino Sun
3 - La fille de l'eau
4 - Le pouvoir de Tanger
5 - Deux en un
6 - Pleine lune II
7 - Un géant dans la mer
8 - More Crazyness
9 - Lune de miel IV
10 - Fighting the Darkness
11 - Tanger II
12 - Turino III
13 - Triste soirée III

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Autour de cette BO

Propos du réalisateur

C'est un cliché, mais la musique était dès le départ un personnage du film. Cosmo en vit, Oscar en fait. Comme pour beaucoup de gens de ma génération, la musique tient un rôle capital dans nos vies. J'ai l'impression qu'autour de moi, tout le monde est DJ, que tout le monde a touché à la musique électronique, avec des succès divers, mais avec les facilités techniques que permettent les nouvelles machines. Bref, on ne peut pas raconter la vie de gens de 30-35 ans sans musique. Sébastien Tellier a inspiré le personnage de Cosmo: j'ai bien sûr pensé au personnage qu'il s'était inventé pour son concept-album de 2012, My God is blue. Il y était le gourou d'une secte, l'Alliance bleue. J'aime son côté aventurier de la musique, une extravagance qui, poussée à l'extrême, devient une affaire sérieuse, crée sa propre logique. Quand je lui ai proposé le projet, je lui demandais beaucoup : créer la musique d'Oscar, celle de Cosmo, mais aussi la bande originale du film, et jouer Cosmo. Il a décliné la dernière proposition, en répondant assez justement qu'il n'était plus le personnage de cet album. Lui et moi avions envie de la même musique, lyrique, comme celle que François de Roubaix écrivait pour le cinéma français des années 70. Une musique qui relance et emballe le récit, en opposition aussi à ces compositions atmosphériques plaquées sur les images qui m'ennuient dans le cinéma contemporain. Une des premières choses que l'on s'est dite : «la musique se devra d'être belle et mélancolique». D'ailleurs, les thèmes que l'on a écartés étaient les plus joyeux.

Sébastien Betbeder 

 

Propos du compositeur

On s'est rencontré très simplement à la terrasse d'un café à Montmartre. Quand il a commencé à me parler du film, j'ai été séduit dès les premières phrases, parce que j'ai reconnu ce qu'il voulait faire : un film fou, construit sur des bases classiques, et c'est ce que j'essaie aussi de faire moi avec ma musique, c'est à dire faire une musique folle, inventive, mais toujours avec un background classique. J'ai tout de suite compris que ma musique et son scénario allaient bien ensemble et que ça allait être un mariage heureux. Il voulait que je fasse des musiques comme je les ressentais moi même. Il ne m'a donné aucune direction. Il m'a demandé de lire le scénario et d'inventer une musique telle que je l'entendais, sans voir d'images. Finalement, j'ai tout inventé sur la base d'un rêve : ce rêve qui était le scénario lu, mais avec un film imaginaire, et j'ai composé 90% des thèmes comme ça, en imaginant ce qu'allait être le film. Et comme Sébastien Betbeder est quelqu'un de très doux, j'ai eu envie de faire des musiques qui lui ressemblaient. Tout n'est pas toujours complètement ou très doux, mais la plupart des morceaux le sont. J'ai choisi des sonorités synthétiques dans cette idée, j'avais envie de douceur, que le tout soit soyeux, et finalement je crois que j'ai plus fait une musique par rapport à qui est Sébastien Betbeder plutôt que par rapport au film que ça allait être.

Mes grandes références de compositeurs de musiques de films sont Giorgio Moroder, Ennio Morricone, François de Roubaix, et Michel Legrand. J'aime que la musique soit très présente, j'ai beaucoup de mal avec les films où elle est effacée. Je trouve que quitte à en mettre, autant qu'elle joue un rôle central. Ça rend même le film plus intense. Sinon le silence est tout aussi bien qu'une musique effacée. Ennio Morricone et François de Roubaix sont des gens qui, justement, imposaient la musique à l'image, c'est à dire que tout d'un coup, ce n'était plus la musique qui était l'esclave de l'image, mais l'image qui était l'esclave de la musique. En tout cas, il y a un rendu pour le spectateur qui est comme ça, on a l'impression que finalement, les images ont été tournées sur la musique, et c'est le genre d'impact sur le public que j'aime bien. Je pense que quand on va voir un film, c'est important de sortir du cinéma en se disant «oh, la musique était vraiment bien aussi !». C'est primordial pour moi en tant que musicien.

Sébastien Tellier

 

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Video

Interview : Sébastien Betbeder (« Voyage au Groenland » - ACID 2016, « Marie et les naufragés »)

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