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Munich  (2006)

Decca (US : 27 décembre 2005
FR : 23 janvier 2006) - 1:02:37 - en digital | Original Score [musique originale]



La rigueur et la retenue sont à l'œuvre avec un thème exprimé par des instruments solo et la déchirante voix de Lisbeth Scott. Une voix, des cordes, un piano, une guitare soutiennent un thème intense, pour une partition à la fois mélancolique et angoissante, thématique et dissonante. Cette émotion sombre et ambigüe est rare chez le compositeur. Un nouveau chef d'oeuvre poignant pour Spielberg !

[© Texte : Cinezik] •

Munich

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Munich, 1972 (2:37)
2. The Attack at Olympic Village (3:00)
3. Hatikvah (The Hope)
(2:02)
4. Remembering Munich (4:38)
5. Letter Bombs (2:48)
6. A Prayer for Peace (3:51)
7. Bearing the Burden (8:11)
8. Avner and Daphna (4:02)
9. The Tarmac at Munich (3:59)
10. Avner's Theme (3:07)
11. Stalking Carl (4:24)
12. Bonding (1:57)
13. Encounter in London and Bomb Malfunctions (3:37)
14. Discovering Hans (2:47)
15. The Raid in Tarifa (2:03)
16. Thoughts of Home (4:03)
17. Hiding the Family (1:25)
18. End Credits (4:06)

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Nos articles sur cette BO

John Williams n'en finit pas de surprendre, après la partition efficace dans l'action et le suspense pour La Guerre des Mondes, après l'illustration orientale du drame historique Mémoires d'une Geisha, il nous revient avec une BO forte en émotion et subtile dans l'orchestration pour ce nouveau film de Spielberg qui relate le massacre des Israéliens lors des JO de 1972 à Munich. La rigueur et la retenue sont à l'œuvre avec un thème exprimé par des instruments solo et la déchirante voix de Lisbeth Scott. Une voix, des cordes, un piano, une guitare soutiennent un thème intense, pour une partition à la fois mélancolique et angoissante, thématique et dissonante.

Cette émotion sombre et ambiguë que dégage la BO est rare chez le compositeur. On pense ici davantage à Howard Shore, et même au polonais Wojciech Kilar avec des cuivres sonnant comme une marche funèbre.

MUNICH s'avère la meilleure partition de John Williams qui, après avoir conforté l'estime qu'on lui portait avec La Guerre des Mondes, dépasse ici nos attentes avec un talent transcendant les règles qui définissaient son style.

Benoit Basirico

Le dernier film de Steven Spielberg raconte ce qui s’est passé après la tragédie de Munich en 1972, lorsqu’en plein Village Olympique, un commando palestinien s’introduit dans le Pavillon Israélien, abat deux athlètes, en prend neuf autres en otage avant de les exécuter, devant 900 millions de téléspectateurs. Le gouvernement israélien décide alors de monter une gigantesque opération de représailles, baptisée « Colère de Dieu ». MUNICH décrit ainsi la longue traque que cinq hommes ont mené à travers le monde pour retrouver et abattre les preneurs d’otage.

Pour évoquer la souffrance israélienne, le compositeur attitré de Spielberg, John Williams, a composé des mélodies yiddish éplorées, interprétées par l’orchestre ou un hautbois solo (« Avner and Daphna »), ou chantées par une interprète bouleversante : le chant funèbre d’une veuve qui semble expirer sous la douleur qui l’assaille, ode douleureux aux athlètes israéliens décédés, accompagnés par un duduk, qui semble ici symboliser le peuple palestinien (« Munich, 1972 » ; « Remembering Munich »)

Cette permanence de la musique « yiddish » rappelle beaucoup la musique qu’a composé John Williams pour LA LISTE DE SCHINDLER (« A Prayer For Peace »), qui évoque également une grande douleur juive. On entend par ailleurs une orchestration de l’hymne israélien dans « Hatikvah (The Hope) ». Cet hymne en mineur évoque à la fois le patriotisme des Israéliens et la douleur du deuil.

Pour le reste la musique est souvent sombre et torturée. Une musique très contemporaine, qui rappelle entre autres les audaces de JFK. Musique qu’il faut écouter plusieurs fois avant de « comprendre ». Persistance du registre grave, textures dissonnantes, clusters au piano, mélodies atonales, ostinati torturées aux vents, au piano ou au clavecin, rythmiques lancinantes et menaçantes. Une orchestration qui rappele parfois la violence sourde et déchirante des œuvres de Schnittke.

Chose surprenante, on peut entendre dans « Stalking Carl » des sonorités électroniques avec une fausse guitare (sans doute un synthétiseur ou un instrument VST)! Par ailleurs, à deux reprises, John Williams écrit pour une guitare solo (« Avner’s Theme » ; « Bonding », reprise intimiste du thème yiddish) un instrument assez rare dans sa discographie…

La BO s’achève avec un très bref solo de violoncelle (réminiscence encore de la LA LISTE DE SCHINDLER) puis avec le thème de MUNICH, interprété tour à tour par l’orchestre et par le piano , comme pour montrer que derrière ces individus c’est toute la nation israélienne qui a traqué les terroristes.

Damien Deshayes

[Petite précision: il n'y a pas de plagiat dans cette BO. Ce que certains prennent pour une reprise de la Moldau Vtlana de Smetana est en réalité l'hymne israélien. ]

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