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Au service secret de sa Majesté   (1969)

On Her Majesty's Secret Service • Peter Hunt •

• Musique composée par John Barry

[© Texte : Cinezik] •

Au service secret de sa Majesté

Sortie de la BO

EMI Capitol (11 février 2003) - CD et Digital

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Autour de cette BO

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Nos Notes sur cette BO

Si l'on fait exception des deux premiers opus qui cherchent encore une "recette" à succès, cette nouvelle aventure de 007 est la seule à débuter sans chanson. Le spectateur doit se contenter d'une ombre de Bond qui court et disparaît en tenant dans ses mains les chaussures de Diana Rigg (célèbre pour Avengers et recrutée pour compenser le déficit de notoriété de George Lazenby).

Le tout après avoir asséné au spectateur, la phrase assassine : "Ça, ça n'est jamais arrivé à l'autre !"... Cela s'explique certainement par le fait que George Lazenby, successeur de Sean Connery, annonce finalement qu'il ne poursuivra pas l'aventure.

Son agent lui a effectivement conseillé de laisser tomber au motif que le succès des James Bond ne durerait pas ! Pour autant, On Her Majesty's Secret Service comporte ce qui est, incontestablement, l'une des plus belles chansons de toute la franchise.

L'interprète n'est autre que Louis Armstrong, homme qui transpire le jazz et l'amour de la musique par chaque pore de sa peau. Combien d'artistes peuvent se prévaloir d'avoir, à ce point là, influencer le cours d'un style musical ? Il est en fin de vie, épuisé. La chanson sera enregistrée en plusieurs fois et assemblée au montage. Que cet homme (dont la voix était due à un nodule sur les petites cordes vocales) finisse son existence en chantant "Nous avons tout le temps du monde" est un acte d'exception. Il n'y a rien à dire, juste à écouter "We Have All The Time In The World" .

Pas de chanson pour le générique mais, à l'image de la musique générale du film, l'excellence de la composition. Le « motif chromatique » et le "James Bond theme" se retrouvent, bien évidemment, au détour d'une piste, pour évoquer la virilité du héros, pour mettre en valeur ses capacités professionnelles, pour son arrivée en hélicoptère qui lui permet de sauver sa future femme (2''1'24). On retrouve également une piste musicale type bar lounge durant laquelle 007 peut siroter son martini ("Try"). Mais l'essentiel est que tout le film est baigné par la mélodie de "We have All The Time In The World (instrumental)" qui accompagne les scènes où Bond côtoie Tracy : "Journey To Draco Hideaway" ; "Bond And Draco". Dans le film, on trouve cette mélodie à 16'30 (flûte puis cordes à partir du moment où Tracy apparaît dans la chambre de 007) ; 22'28 (Draco parle de Tracy, sa fille, et de sa mère sur fond de cordes romantiques) ; à 29'21 lorsque Tracy se rend à une corrida ; à 33'44 lorsque la relation amoureuse devient patente et que la voix de Louis Armstrong accompagne les amoureux dans leurs premières ballades. Etc., jusqu'à la fin du film. Cependant, ce thème est également repris dans d'autres scènes durant lesquelles James Bond est en danger. C'est le cas, par exemple, à 19'05 : une partie du thème est exposé aux trombones puis repris aux trompettes et enfin aux cordes ; où à 26'54 lorsqu'il est en colère contre "M" !

On retrouve dans la scène de l'ouverture du coffre-fort en Suisse (39'20) une variation du procédé de mise en suspense utilisé avec brio dans Goldfinger. Un ostinato à la basse est accompagné, à l'aigue, d'un synthétiseur Moog qui permet de jouer sur les contrastes (c'est presque un second ostinato par dessus le premier).

Plus le retour de l'avoué suisse à son bureau est imminent, plus l'orchestre joue crescendo. Le jeu du synthétiseur Moog s'accélère et les cuivres donnent de l'ampleur à l'ensemble. Ailleurs, lorsque Bond essaye de s'évader du Piz Gloria par le téléphérique, John Barry utilise de simples trémolos au violon avec, toujours, et de façon récurrente, l'ostinato sous de multiples formes, y compris par le biais de la musique électronique : "Gumbolds Safe" ou "Bobsled Chase" (course poursuite dans un bobsleigh entre 007 et Blofeld).

La cachette de Blofeld est haut perchée dans cet opus, dans les Alpes suisse. Pour évoquer les grands espaces, John Barry (si efficace dans ce registre...) choisit un thème large joué aux cuivres : "Journey To Blofeld Hideaway". Et puisque l'action se déroule durant les fêtes de Noël, cela doit s'entendre : "Do You Know How Christmas Trees Are Grown" (Nina en anglais et Isabelle Aubrey en français).

Quant aux scènes d'action, elles arrivent tardivement dans le film (du moins si l'on excepte les quelques séquences "coups de poing" que l'on trouve ici et là). La première véritable montée d'adrénaline se fait lorsque Bond subit le feu des mitraillettes de Blofeld en quittant son repère en ski. Et c'est à partir de là qu'on retrouve le thème du générique (sans que jamais la musique ne "pétarade") : "Ski Chase" ; "Piz Gloria Escape" ; "Battle At Piz Gloria" (martèlement du vibraphone pour marquer la dynamique du héros en action). Une réussite historique avec des thèmes grandioses.

François Faucon

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John Barry a également écrit la musique de : Danse avec les loups (1991) • Le Trou noir (1980) • Out of Africa (1986) • The Quiller Memorandum (1966) • La Fièvre au corps (1981) • King Kong (1976) • Goldfinger (1964) • Petulia (1968) • Le Lion en hiver (1968) • Le Knack... et comment l'avoir (1965) • Les Grands Fonds (1977) • First Love (1977) • James Bond 007 contre Dr. No (1962) • Bons baisers de Russie (1963) • Opération Tonnerre (1965) •

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