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Paprika  (2006)

Teslakite (JP : 23 nov 2006)
Milan (FR : 26 février 2007) - 0:43:36 | Original Score [musique originale]



Le réalisateur japonais Satoshi Kon (Perfect Blue) retrouve Susumu Hirasawa après Millenium Actress (2001) et la série Paranoïa Agent (2004). Le CD contient également en bonus un court-métrage réalisé par Susumu Hirasawa, intitulé "The Girl in Byakkoya - White Tiger Field" dont la musique fait office de générique de fin dans Paprika.

[© Texte : Cinezik] •

Paprika

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Parade (5:44)
2. Mediational Field (4:57)
3. A Blind Spot in a Corridor (1:57)
4. Welcome to the Circus (0:58)
5. A Tree in the Dark (1:24)
6. Escapee (3:12)
7. Lounge (2:04)
8. Shadow (3:17)
9. A Drop Filled with Memories (4:37)
10. Chaser (3:01)
11. Prediction (1:42)
12. Parade (instrumental) (5:49)
13. The Girl in Byakkoya - White Tiger Field (Paprika ending theme) (4:47)

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A l'instar de l'excellente musique du même Susumu Hirasawa pour Millenium Actress, le précédent film de Satoshi Kon, la musique de Paprika est un melting pot halluciné de techno-punk rythmé et de samples orchestraux : on retrouve ici la couleur musicale absolument unique du compositeur japonais dès les premières secondes, pour qui a déjà eu la chance de bercer dans son univers sonore synthétique et onirique.

"Parade" développe un long morceau qui illustre la première séquence de rêve dans le film, où animaux et objets inanimés (poupées, etc) paradent sous les confettis, tandis qu'on entend "Mediational Field" dans le superbe générique de début du film, où l'on voit l'héroïne (Paprika) sur sa moto. Rythmés, avec des voix samplées et distordues numériquement, ces morceaux riches, denses et fous donnent le ton du film sans ambiguité : le spectateur va en prendre plein les mirettes et plein les oreilles !

Mais Hirasawa n'oublie pas qu'il compose pour un film et écrit aussi des plages d'ambiance plus traditionnelles, des morceaux plus romantiques (où les synthés ont la part belle), rappelant parfois la musique de jeu vidéo sans toutefois dériver vers un son trop kitsch. En atteste de sa capacité à écrire pour l'orchestre et les choeurs, l'énorme "Escapee", morceau d'action impressionnant, toujours très rythmé (et synthétique) mais dans une approche plus traditionnelle (avec cuivres, percussions et choeurs). Toujours dans cet esprit du mélange de genre, le spectateur a même droit un petit jazz dans le bien nommé "Lounge" pour les scènes se déroulant dans le bar, entre rêve et réalité. "Shadow" est quant à lui un morceau sombre et inquiétant, où l'on retrouve des choeurs dignes du Seigneur des Anneaux sur des accords de samples synthétiques.

"A Drop Filled with Memories" retrouve le thème du générique de début (celui de Paprika) pour un superbe morceau onirique et mélancolique, qui évoque de bons souvenirs, tandis qu'avec "Chaser" on retrouve une musique techno plus rythmée, folle et hallucinante, pour les scènes de course-poursuite (avec toujours des samples de voix trafiquées). Dans "Prediction", Hirasawa s'amuse avec des sons expérimentaux inquiétants et dérangeants, des bruits parasites, des samples de voix ou de murmures... Enfin, le CD se clôt sur "The Girl in Byakkoya", musique du court-métrage de Susumu Hirasawa qui a servi de base thématique à la construction de la bande originale de Paprika (on y retrouve donc le thème du film sous forme de chanson).

Après le surprenant Millenium Actress, Susumu Hirasawa nous étonne encore avec Paprika, musique tout à la fois déjantée, rythmée et suprenante, mais aussi sensible et romantique par moments (tout comme le film qui alterne séquences de rêves et moments plus intimes entre les personnages). Avec un son bien à lui, complètement assumé et parfaitement maîtrisé, l'univers du musicien s'adapte superbement à la mise en scène de Satoshi Kon et vice-versa, à tel point qu'on a l'impression par moment d'assister à un gigantesque clip. Voilà sans aucun doute l'une des collaborations entre réalisateur et compositeur les plus originales et les plus réussies des années 2000 dans le domaine du cinéma d'animation, après celles de Hayao Miyazaki avec Joe Hisaishi ou de Mamoru Oshii avec Kenji Kawaï. Des musiques qui ne s'oublient pas, et qui collent aux images de manière quasi-indiscociable, même après projection, participant à l'effet hypnotique et hallucinatoire du film. A découvrir absolument !

Sylvain Rivaud

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