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Paranoïd Park  (2007)

UW / Discograph (15 octobre 2007) | Album


 

. Dans « Paranoïd Park », grâce à un tube rétro et rockabilly de Billy Swan, ou bien aux miniatures numériques d’Ethan Rose ou encore aux mélodies graciles de Nino Rota, le cinéaste américain parvient à merveille à illustrer l’état d’esprit de son héros et à doter ses images d’une belle puissance poétique.



[© Texte : Cinezik] •
Paranoïd Park

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Nino Rota : La Porticina Segreta (1:58)
2. Ethan Rose : Song One (4:06)
3. Robert Normandeau : La chambre blanche (3:19)
4. Frances White : Walk Through Resonant Landscape #2 (3:49)
5. Billy Swan : I Can Help (4:05)
6. Elliott Smith : The White Lady Loves You More (2:28)
7. Cool Nutz : I Heard That (4:04)
8. Beethoven : Symphony #9 in D Minor (3:24)
9. Cast King : Outlaw (4:11)
10. Nino Rota : L'Arcobaleno Per Giulietta (1:26)
11. The Revolts : I Will Revolt (2:03)
12. Ethan Rose : Song Three (3:14)
13. Bernard Parmegiani : Dedans Dehors (3:26)
14. Ethan Rose : Song Two (5:06)
15. Nino Rota : Il Giarino Delle Fate (2:19)
16. Nino Rota Rugiada Sui Ranocchi (1:53)
17. Nino Rota La Gradisca e Il Principe (2:30)
18. Elliott Smith : Angeles (2:58)
19. Menomena : Strongest Man In The World (5:37)

Autour de cette BO

Récompensé au dernier festival de Cannes, le film doit sans doute beaucoup à sa bande-son. La musique vient ici à la fois enrôber, napper, scander et soutenir le parcours de son personnage, Alex, un jeune skateur rongé par la culpabilité après le meurtre accidentel d’un agent de sécurité. Omniprésente, la musique choisie par le cinéaste renforce les audaces formelles du film (ralentis, utilisation du super 8, de la vidéo) et s’adapte ainsi parfaitement à son rythme flottant et à son esprit mélancolique.

Elliott Smith, Cast King : destins brisés

Elliott Smith est l’un des plus grands songwriters folk de ces dernières années. Ce chanteur à la carrière fugitive et à l’existence difficile, hélas décédé en 2003, est ici l’auteur de deux splendides chansons, entre ballade et complainte, « The White Lady Loves You More » et « Angeles ». C’est d’ailleurs Gus Van Sant, en utilisant sa chanson « Miss Misery » dans la production hollywoodienne, « Good Will Hunting », qui avait révélé au grand public cet artiste écorché vif, originaire de Portland. Autre gueule cassée, Cast King interprète quant à lui un « Outlaw » très roots et sans âge. Cette figure oubliée de la country des années 50, ressurgie l’année passée grâce à l’obstination d’un fan, vient en effet d’enregistrer son premier album à l’âge de 79 ans ! Son existence plutôt cabossée semble faire écho à celle d’Elliott Smith et bien sûr à celle du jeune héros du film.

Nino Rota, Frances White : décalages sonores

Mais ce qui frappe plus encore dans « Paranoïd Park », c’est le choix, parfaitement assumé par Gus Van Sant, d’utiliser la bande originale de « Juliette Des Esprits », composée par Nino Rota en 1965 pour le film de Federico Fellini. Les comptines graciles de l’Italien, au tempo chaloupé, exhalent une étrange sensation mêlée d’insouciance et de gravité. Si l’on peut, peut-être, esquisser quelques parallèles risqués entre l’un des films les plus oniriques et disons-le, psychédéliques, de Fellini et l’atmosphère de « Paranoïd Park », il faut sans doute plutôt voir ici un effet typique de décalage que Van Sant pratique depuis « Elephant ». Avec la B.O de Nino Rota, mais aussi grâce à l’utilisation de musique électronique, le cinéaste créé une forme de sidération.

Normandeau, Parmegianni , Ethan Rose : Au-delà du sound-design

Van Sant est l’un des rares cinéastes à s’inspirer et à utiliser le travail de compositeurs issus de l’avant-garde et de la nouvelle vague électronique, plutôt que d’avoir recours aux traditionnels (et pas toujours très originaux) « sound-designers ». En conviant sur sa B.O deux figures illustres de ce que l’on nomme la musique électro-acoustique, le Québecois Robert Normandeau et le Français Bernard Parmegianni, Van Sant apporte à son film une texture et une sensation d’espace tout à fait inédites. Par ailleurs, les séquences d’écriture où Alex se confie à son journal intime sont baignées par les complexes petites architectures sonores d’Ethan Rose qui, cinquante ans après, ne sont pas sans évoquer les harmonies de Nino Rota, en version plus moderniste. Ces sons typiques de ce que l’on nomme l’électronica, naviguant entre l’univers familier de l’enfance et une certaine forme de futurisme.

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