Calendrier films & séries Interviews  • Sorties de B.OCoups de coeurCritiques de B.O ActusPodcasts

<<<
<<<
<<<

Monsieur Quigley l'Australien   (1990)

Quigley Down Under • de • En salle le --1990

B.O de Basil Poledouris



Le label belge Prometheus réédité cette musique de feu Basil Poledouris précédemment parue chez Intrada (comme King Solomon's mines réédité parallèlement par le même label), avec un son remasterisé et la totalité du score composé pour le film (soit 73 minutes au lieu des 40 de l'édition précédente).

[© Texte : Cinezik] •

Monsieur Quigley l'Australien

Prometheus (dec 2006)

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

 

Nos articles sur cette BO

Après avoir participé à la mini-série Lonesome Dove de Simon Wincer, Basil Poledouris revient sur le deuxième grand western du réalisateur, Quigley Down Under. Poledouris a écrit une superbe partition symphonique proche du style orchestral de Lonesome Dove mais avec une certaine fraîcheur d'orchestration encore plus saisissante ici. La partition de Poledouris se révèle particulièrement riche sur le plan instrumental et aussi au niveau de la thématique puisque le compositeur utilise quatre thèmes intéressants et aussi réussis les uns que les autres.

Le film s'ouvre au son du thème principal associé au personnage de Quigley : Poledouris donne tout de suite le ton de sa partition avec l'entrée d'une clarinette énonçant un petit thème façon ragtime plutôt léger et assez nonchalant. Très vite, un banjo et un tuba viennent vite rejoindre la clarinette pour donner plus d'ampleur à cet excellent thème développé alors ensuite à l'orchestre dans le "Main Title"' du score. Ce thème de clarinette possède un côté un peu populaire dans l'esprit d'une mélodie de l'Ouest (n'oublions pas que si l'aventure se passe en Australie, le héros du film est bel et bien américain). Arrive ensuite le deuxième thème, un thème héroïque qui sera très présent tout au long du film, thème typique de l'esprit musique de 'western' à l'ancienne et qui rappelle beaucoup le style des musiques western façon Elmer Bernstein ou Alfred Newman. Dans la première partie du film, ce thème 'western' héroïque décrit le début de l'aventure et suit le trajet de Quigley jusqu'à son arrivée au ranch Marston au début du film. Mené par les trompettes avec un xylophone et le reste de l'orchestre, ce thème 'western' annonce de manière fraîche et surprenante tout le côté héroïque de Quigley et de l'aventure qu'il va vivre en Australie au pays des kangourous. Particulièrement exaltant, ce grand thème très 'Americana' façon Aaron Copland nous donne clairement envie de partager les aventures du cow-boy américain spécialiste du tir à la carabine.

"The Fight" continue à décrire le thème 'western' développé ici à l'orchestre et rendu encore plus ample et majestueux pour l'arrivée de Quigley au ranch de Marston (le thème représente bien la grandeur et la majestuosité des magnifiques paysages sauvages de l'Australie). Dans toute cette première partie du score, Poledouris s'attachera ainsi à développer son thème 'western' en laissant un peu de côté le thème de Quigley qui reviendra un peu plus tard. Dans "Native Montage", Quigley et Cora ont été recueillis par les aborigènes du coin avec qui il va lier une certaine forme d'amitié en décidant alors de prendre leur défense contre les attaques des sbires de Marston. Le compositeur utilise ici une guitare avec un hautbois et des cordes chaleureuses sur une nouvelle variation du thème 'western' évoquant ici le lien qui unit le héros avec ces aborigènes. Plus tendre, la musique possède ce côté 'nostalgique' tout à fait caractéristique de la musique de Quigley Down Under, un peu dans le style de ce que le compositeur a déjà fait sur Lonesome Dove (sans oublier le fait que le compositeur n'oublie pas d'évoquer la beauté des paysages Australiens). Evidemment, tout n'est pas rose ici et c'est avec "Marston's Murderers" que le compositeur nous fait entendre son troisième grand thème, un superbe thème épique confié aux cors soutenu par des timbales, un banjo et des cordes, un grand thème ample et déterminé typique du style plus épique de Poledouris. Le thème intervient pour la première fois dans le film lorsque Quigley abat de loin un des hommes de Marston alors que l'individu en question est en train de s'échapper à toute allure. Le thème évoque l'héroïsme de Quigley ainsi que de son impressionnante maîtrise de la carabine, capable de toucher une cible à plus d'un kilomètre au loin. Avec "Marston's Murderers" qui commence de manière assez sombre (les deux sbires de Marston viennent abandonner Quigley et Cora dans le désert. Mais c'est sans compter sur la vivacité et la rapidité du héros).

Avec le magnifique "Cora's Story", Poledouris nous fait alors entendre son quatrième thème, le très joli thème associé à Cora, basé en fait sur la mélodie d'une berceuse populaire arrangé spécialement par le compositeur pour le besoin de sa partition. Pour ce très joli thème beaucoup plus mélodique et intime, Poledouris utilise des sonorités orchestrales nettement plus chaleureuses, surtout au niveau des vents (hautbois ou flûte essentiellement) et des cordes. "Cora's Story" décrit la soudaine mélancolie de Cora qui révèle un soir à Quigley sa triste histoire, le jour où elle a tué par inadvertance son enfant, provoquant alors la colère de son mari qui la chassa pour toujours de chez elle (Cora croit revoir son mari Roy dans Quigley - d'où le fait qu'elle passe la majeure partie de son temps à l'appeler Roy alors que Quigley ne cesse de lui dire qu'il ne s'appelle pas comme ca). Pour cette scène plus intime, Poledouris utilise un magnifique violoncelle soliste et mélancolique avec quelques cordes chaleureuses, une guitare, des vents et des harmonies plus douces et plus mélancoliques d'esprit. C'est en alternant ses différents thèmes que Poledouris arrive à créer une certaine richesse d'émotion dans sa superbe partition, le tout servi par des orchestrations de qualité typique du compositeur. "The Gift" développe lui aussi le joli thème de Cora avec des vents chaleureux et des cordes intimes pour la scène où le héros offre une nouvelle robe à sa compagne. Ces passages sont intéressants car ils permettent d'apporter un peu de relief au sein de ce score western assez agité et dense.

Plus l'histoire avance, et plus la musique de Poledouris a tendance à se faire plus sombre. Dans "The Fire", Quigley est traqué dans un hôtel en feu par les sbires de Marston. On retrouve le thème de cors épique dans une pièce d'action à la fois sombre et violente. Il ne faut pas non plus oublier que le compositeur a recours à quelques très légères touches de synthé présent essentiellement dans certains passages d'action pour renforcer la rythmique des parties les plus agitées. "The Attack" souligne la séquence d'attaque finale dans le ranch de Marston, Poledouris réutilisant une fois encore son thème épique alors que Quigley prépare sa revanche contre Marston et ses hommes. Le compositeur accentue superbement la rythmique du thème avec une série de percussions diverses soutenues par le banjo, les cors et les cordes. C'est le sombre "The Capture" qui conclut le film sur le duel final entre Quigley et Marston, Poledouris utilisant quelques vagues touches de synthé avec des vents et des cordes plus sombres pour ce final inévitable. A noter une petite touche d'humour du compositeur pour l'arrivée de soldats anglais à la fin du film, Poledouris évoquant les soldats britanniques à l'aide d'une petite marche militaire soutenue par une mélodie de fifre typiquement militaire. (on entend aussi ce petit morceau vers le début du film pour la première arrivée des soldats anglais qui croisent alors le chemin de Marston et de ses hommes) 'Freedom' marque alors le retour à liberté pour l'aborigène domestique de Marston et évoque la fin des aventures de Quigley, le score se finissant sur le superbe "Matthew Quigley" qui reprend le thème de clarinette de Quigley suivi du thème 'western' pour le happy-end traditionnel.

Partition orchestrale particulièrement riche, Quigley Down Under est une belle surprise de la part du compositeur qui nous livre un score particulièrement prenant et inspiré. L'échec du film au box-office fait que le score de Poledouris est aujourd'hui injustement méconnu. Pourtant, Quigley Down Under reste une oeuvre particulièrement intéressante dans la carrière très éclectique du compositeur de Conan le Barbare et Robocop. Véritable hommage rendu aux partitions western à l'ancienne, le score de Quigley Down Under devrait vous séduire par la finesse de ses thèmes et la qualité de l'instrumentation et des orchestrations. Très réussi dans le film, le score se révèle être très intéressant à l'écoute seule. Bref, une bien belle BO qui mérite vraiment d'être (re)découverte !

Quentin Billard

Autres BO du compositeur

 Voir la filmo du compositeur  

Vos avis