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Sheena, reine de la jungle  (1983)

Sheena

Varèse Sarabande CD Club (1984/2004) | Original Score [musique originale]



La musique orchestrale/électronique de Richard Hartley apporte à son tour un charme rétro très "eighties" au film de John Guillermin, car, en dehors des morceaux symphoniques traditionnels, le compositeur utilise des synthétiseurs kitsch daté comme dans l'entêtant et majestueux thème principal, le 'Sheena's Theme' qui apparaît dès le générique de début du film.

[© Texte : Cinezik] •

Sheena, reine de la jungle

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1-Sheena's Theme (Main Title) 2.50
2-Interlude 0.40
3-Introduction/One Way Ticket 6.13
4-Climb!/Young Sheena 5.55
5-Marika and the Water Deer 2.12
6-African Ballet 1.51
7-The Encounter 3.43
8-Shaman Taught Me 1.56
9-The Circle 1.11
10-Come On Casey 2.18
11-May I? 1.41
12-End Title 2.59

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Le 'Sheena's Theme' s'apparente à une sorte de variante musicale à peine camouflée du célèbre thème du'Chariots of Fire'(1981) de Vangelis. A vrai dire, beaucoup de béophiles ont pu faire le rapprochement évident entre ces deux thèmes, à tel point qu'il ne sera guère exagéré de penser que les producteurs du film ont très certainement intimé l'ordre au compositeur anglais de s'inspirer du style du célèbre hymne composé par Vangelis pour le film de Hugh Hudson. On retrouve ici la même pulsation électronique avec ses sonorités kitsch, ses harmonies lumineuses et son thème solennel s'apparentant au son d'une guitare électronique. Sympathique, le 'Sheena's Theme' apporte un côté étonnamment solennel à l'héroïne du film, un ton solennel qui a d'ailleurs tendance à parasiter le film alors que l'on se serait attendu à un thème plus héroïque et moins proche d'un hymne (on a presque du mal à ne pas penser à des exploits de sportifs de J.O. à l'écoute de ce thème dans le film). On peut donc très certainement parler ici d'une faute de goût qui fait un peu tâche dans certaines scènes du film, à commencer par la séquence  ridicule  où Sheena vient libérer la shaman de la prison avec ses animaux, ou lors de la confrontation finale dans le désert (pour information, la musique de Richard Hartley a été nominée aux 'razzie awards' en 1985  prix qui récompense les mauvais films).

Heureusement, 'Introduction/One Way Ticket' rattrape le coup en imposant un ton symphonique plus élégant et plus approprié pour le film. Le morceau accompagne la séquence où la shaman élève Sheena et lui transmet son savoir. Richard Hartley fait intervenir ici un thème majestueux de cordes amples et lyriques qui évoque la beauté des paysages africains et l'harmonie qui unit Sheena avec les animaux. L'écriture orchestrale du morceau se partage entre vents, cuivres majestueux et cordes amples. Le thème est développé de manière paisible et sereine dans 'Young Sheena', où il se partage entre cors, hautbois et cordes pour évoquer la jeunesse de la reine de la jungle. La musique évolue ainsi en alternant pièces orchestrales lyriques et morceaux de synthé daté narrant les exploits de l'héroïne, comme dans' Marika and The Water Deer' où le compositeur imite de nouveau le style de Vangelis pour évoquer Marika, le fidèle zèbre de Sheena. Quelques passages plus intimes font intervenir des orchestrations plus nuancées comme 'Shaman Taught Me' (scène après la mort de la shaman) et son caractère introspectif ou'Come On Vic Casey'lors de la scène du baiser au bord de l'étang des flamands roses, avec cordes romantiques et vents à l'appui (à ce sujet, ne loupez pas l'attaque d'un hélicoptère par un vol de flamands roses, il faut le voir pour le croire!). A noter, pour finir, un 'African Ballet' qui se détache du reste du score avec ses percussions africaines tribales traditionnelles accompagnant la scène du rituel de la terre qui guérit les blessures.

Le score de 'Sheena' pêche en revanche par un manque d'action évident. Curieusement, le film, qui se veut comme un mélange d'aventure et d'action à l'ancienne, manque cruellement de rythme, quelque chose qui se fait aussi grandement ressentir dans le manque d'action de la musique de Richard Hartley. Même les quelques rares passages évoquant les attaques des mercenaires de Otwani comme'The Encounter'ou lors de l'attaque de l'hélicoptère sont accompagnés avec quelques orchestrations cuivrés légèrement martiales, avec quelques rares ostinati de cordes mais très peu de rythme et des déchaînements orchestraux inexistants. Ceci est d'autant plus étrange que la tradition hollywoodienne veut que ce genre de scène soit accompagné de grosses musiques d'action orchestrale bien pétaradante, mais ici, il n'en est rien. Du coup, on ressent un certain ennui au fil de l'écoute, un ennui que le film lui-même n'arrive pas à atténuer. Que peut-on bien alors retenir d'un score modeste comme celui de 'Sheena', si ce n'est qu'il s'agit d'une partition orchestrale/électronique agréable mais totalement mineure et que l'on aura très vite fait d'oublier, à l'instar du film de John Guillermin, qui a sombré depuis longtemps dans les oubliettes de ces obscurs navets des années 80!

Quentin Billard

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