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Van Helsing  (2004)

Decca (10 mai 2004) - 00:42:48 | Original Score [musique originale]



Amateurs de subtilité et de finesse, passez-votre chemin: 'Van Helsing' est un score énorme, gigantesque et bourrin du début jusqu'à la fin. Ceux qui aiment les larges déchaînements orchestraux, les ambiances chorales gothiques et les grosses musiques d'action typique de Silvestri vont sauter au plafond en écoutant le mastodonte symphonique produit par Silvestri.

[© Texte : Cinezik] •

Van Helsing

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)

1. Transylvania 1887 (01:26)
2. Burn it Down! (04:46)
3. Werewolf Trap (01:53)
4. Journey to Transylvania (01:33)
5. Attacking Brides (05:02)
6. Dracula's Nursery (05:46)
7. Useless Crucifix (02:35)
8. Transylvanian Horses (03:55)
9. All Hallow's Eve Ball (03:01)
10. Who Are They to Judge? (02:00)
11. Final Battle (06:28)
12. Reunited (04:23)

Nos articles sur cette BO

Après une partition tonitruante pour 'The Mummy Returns', Alan Silvestri nous revient en pleine forme sur 'Van Helsing', pour lequel le compositeur nous livre l'une de ses partitions les plus massives et les plus puissantes qu'il lui ait été donné de faire au cours de ces 5 dernières années. Amateurs de subtilité et de finesse, passez-votre chemin: 'Van Helsing' est un score énorme, gigantesque et bourrin du début jusqu'à la fin. Ceux qui aiment les larges déchaînements orchestraux, les ambiances chorales gothiques et les grosses musiques d'action typique de Silvestri vont sauter au plafond en écoutant le mastodonte symphonique produit par Silvestri. Seule ombre au tableau, on est ici un poil en dessous de la qualité de 'The Mummy Returns', et surtout, l'album du score est extrêmement décevant (on aura l'occasion d'y revenir un peu plus loin). D'un point de vue musical, on est très proche ici de l'esthétique action massive de 'The Mummy Returns', avec une place privilégiée ici pour les grosses percussions et les cuivres tonitruants, sans oublier une immense chorale pour le côté gothique du score. Ce qui frappe à la première écoute, c'est l'importance accordée par Silvestri aux thèmes, comme dans son précédent travail pour Stephen Sommers. Ici, les grands personnages du film ont droit à leur propre thème/leitmotiv: un thème choral/cuivres et rythme martelés pour Dracula, un thème ample et sombre pour Frankenstein, un thème cuivré héroïque/chevaleresque à l'ancienne pour Van Helsing, un motif d'action que l'on retrouve dans certains passages plutôt massifs, un thème 'Transylvanien' confié à une surprenante guitare virtuose, sans oublier un très joli 'Love Theme' pour Van Helsing et Anna. Avec une thématique aussi imposante, il ne fait nul doute que Silvestri nous convie à une écoute parfaitement ciblée d'un point de vue thématique et superbement intégrée dans le film et ses différentes ambiances. On entre d'ailleurs dans le vif du sujet au cours d'un 'Transylvania 1887' sombre et agité, qui nous permet d'apprécier l'introduction 'à l'ancienne' du film avec puissance. A noter que c'est l'excellent thème de Dracula avec choeurs latins et rythmes martelés qui introduit le score, Silvestri poursuivant l'illustration musicale de cette excellente introduction avec Frankenstein dans un 'Burn It Down' massif, où l'orchestre (essentiellement dominé par des cuivres omniprésents et des percussions sans cesse martelées) et les choeurs s'en donnent à coeur joie dans cette évocation du célèbre film de James Whale. C'est aussi l'occasion pour le compositeur d'amorcer doucement sa thématique, puisque après le thème de Dracula (qui revient encore plus puissant à la fin de la pièce), c'est celui de Frankenstein qui apparaît ici aux cordes.

'Burn It Down' est tout à fait représentatif du style 'action' de 'Van Helsing', reconnaissable à ses rythmes martelées brutalement (avec timbales et cuivres souvent), un élément typique du compositeur qui l'use peut-être ici avec un poil d'exagération (cela devient vite un peu abrutissant au bout d'un certain temps). Ce qui suit est du même acabit, Silvestri alternant énormes déchaînements orchestraux et pièces atmosphériques plus sombres (hélas peu présentes sur l'album mais réellement présentes dans le film). Ainsi, 'Werewolf Trap' est un autre de ces déchaînements orchestraux pour la séquence où le frère d'Anna et ses compères tentent de piéger le loup-garou vers le début du film. On retrouve d'ailleurs un morceau d'action similaire pour la scène où Van Helsing affronte Dr.Jekyll/Mr.Hyde au début du film, pièce honteusement absente du CD. En revanche, 'Journey To Transylvania' et son thème de guitare/choeur est bien présent pour nous introduire au personnage de Van Helsing, dans un style ici de chevauchée version moderne, avec quelques rythmiques électroniques qui rappellent beaucoup 'Tomb Raider 2'. Fans des grosses musiques d'action bourrines à souhait, vous devriez adorer 'Attacking Brides' ou 'Transylvanian Horses'. Le premier illustre massivement l'affrontement entre Van Helsing et les fiancées de Dracula qui attaquent le village Transylvanien. Le second, encore plus massif, nous entraîne au coeur de l'aventure avec l'apparition du superbe thème héroïque cuivré à l'ancienne, évoquant les exploits du chasseur de vampire (scène un peu abrutissante de l'attaque du loup-garou dans la calèche en feu). Si 'Attacking Brides' joue plus particulièrement sur les incessants effets de rupture dans le style du jeu du chat et de la souris, 'Transylvanian Horses' revendique très clairement le côté 'aventureux épique' du film avec une touche d'héroïsme qui rompt un peu avec le sérieux relatif des morceaux d'action précédent (on retrouve aussi l'excellent thème de guitare/chevauchée de 'Journey To Transylvania'). Il est clair que le thème héroïque de 'Van Helsing' n'atteint pas la qualité de celui de 'The Mummy Returns', mais qu'à cela ne tienne, l'effet à l'écran est tout de suite assuré: on se sent transporté par l'aventure avec un Silvestri qui y croit à 100%, même si la scène en elle-même fait plus mal de tête qu'autre chose (tout va trop vite, tout est trop excessif!). L'action se prolonge dans une atmosphère tumultueuse et brutale avec 'Useless Crucifix' (évocation d'une première confrontation entre Dracula et Van Helsing) à l'occasion d'un nouveau rappel de l'excellent thème héroïque aux trompettes.

'All Hallow's Eve Ball' est un peu à part dans le score, puisqu'il s'agit du morceau écrit par Silvestri pour la séquence du bal de Dracula. On remarquera ici l'utilisation intéressante d'un violoncelle soliste, de l'orchestre à cordes avec harpe, quelques vents et quelques discrètes vocalises féminines avec choeur, le tout sous la forme d'une valse des ténèbres pas franchement extraordinaire mais tout à fait classique dans son genre, et surtout, parfaitement bien intégré à la séquence. Pour peu, on regretterait presque le morceau soit brutalement interrompue par un nouveau morceau d'action tonitruant, avec des rythmiques électroniques à la 'Tomb Raider 2'. L'action se prolonge ainsi jusqu'à un final massif à souhait dans l'inévitable 'Final Battle' pour la confrontation finale entre les forces du bien et du mal. Silvestri en profite ainsi pour faire s'opposer les différents thèmes tels que celui de Dracula, celui de Van Helsing ou celui de Frankenstein, ce qui nous permet finalement de relâcher enfin la tension au cours de l'excellent 'Reunited' où Silvestri nous dévoile enfin dans toute sa splendeur le 'Love Theme' honteusement sous-représenté dans l'album. Le compositeur accorde ainsi un peu de lyrisme (cf. très belle partie de choeur féminin au cours de ce joli climax émotionnel final) à sa pièce finale avant une suite pour le générique de fin assez conséquente (elle aussi honteusement absente de l'album). Bref, comme vous l'aurez compris, le gros défaut provient surtout ici de la médiocrité d'un album qui omet un nombre assez impressionnant de morceaux, et pour une raison évidente que l'on devine déjà.

Effectivement, la partition, prévue à l'origine pour le London Symphony Orchestra, a été interprétée par un orchestre syndiqué AFM de Los Angeles, ce qui explique le fait qu'il a fallut voir à la baisse la quantité de musique prévue à l'origine sur l'album. On est donc passé de 70 minutes initiales à une quarantaine de minutes seulement, ce qui est ridicule quand on sait qu'il y a près de 120 minutes de musique dans le film. Une fois encore, le problème des AFM et des re-uses fees (droits de réutilisations) fortement coûteux s'est imposé, amputant ainsi une bonne demi-heure de musique de musique supplémentaire qui aurait été nécessaire à la cohérence et au développement du score de Silvestri sur le CD. C'est d'ailleurs à cause du fait qu'il manque d'énormes tronçons du score (et plus particulièrement tous les passages plus lents et ceux incluant le 'Love Theme') que beaucoup ont été déçus par ce score à l'écoute du CD. Reste à espérer qu'un éditeur aura peut-être un jour la bonne idée de ressortir une intégrale de ce score, ce qui paraît assez utopique étant donné le peu d'attrait des éditeurs pour les oeuvres d'Alan Silvestri. Au final, le score de 'Van Helsing' ravira certainement les fans du compositeur, mais risqueront peut-être de rebuter les autres à cause de son caractère parfois très redondant dans le film (où la musique a tendance à être submergée par un tonne d'effets sonores en tout genre, comme d'habitude) et le côté relativement très sérieux de la musique (dans le même genre, 'The Mummy Returns' était un petit peu plus 'fun'). Qu'à cela ne tienne, Silvestri a encore réussi à trouver la formule gagnante en élaborant une grosse partition orchestrale pleine de thèmes et de motifs (à une époque où les thèmes dans les musiques de film se comptent sur les doigts d'une main, cela fait du bien de retrouver des bons vieux leitmotive à l'ancienne!), le tout parsemé de gros morceaux d'action et de choeurs gothiques. Si 'Van Helsing' est considérablement en dessous de la qualité de l'incontournable 'The Mummy Returns', il n'en demeure pas moins un solide effort de la part du compositeur, mais un travail hélas injustement représenté sur un album trop court et pas assez riche et développé (une fois encore, 70 minutes étaient ici plus que nécessaire à la cohérence de l'écoute!). Après la déception d'un 'Tomb Raider 2' guère inspiré, on se sent un peu rassuré en retrouvant le grand Silvestri de l'action et de l'aventure épique dans un 'Van Helsing' excitant, bruyant et massif à souhait!

Quentin Billard

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