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Le Secret de la pyramide  (1985)

Young Sherlock Holmes

Intrada (1er avril 2014) | Réédition


 

Grande partition symphonique composé dans le style des grandes musiques d'aventure à la John Williams, 'Young Sherlock Holmes' est une BO massive riche en thème avec des orchestrations et des couleurs orchestrales de grande qualité. On pourra peut être regretter le côté un peu quelconque des thèmes qui ne sont malheureusement pas aussi marquants...



[© Texte : Cinezik] •
Le Secret de la pyramide

Tracklist (de la BO en CD ou Digital)


CD 1

1-The Gamecock/The Bird is Alive 2.53
2-Flaming Hat Rack/Main Title 3.41
3-The Heart of London 1.00
4-A Deductive Mind Never Rests 0.44
5-Library Love/
Waxflatter's First Flight/The Visitor 2.51
6-Fencing Lesson 1.05
7-I Never Want To Be Alone/
Stained Glass Knightmare/
Solving The Crime 8.06
8-Waxflatter Flies Again 1.09
9-One Last Duel/Window Parting/
Cario Vision 4.08
10-Waxflatter's Death/
Holmes Returns 3.38
11-The Hat/Holmes &
Elizabeth Love Theme 3.15

CD 2

1-The Game is Afoot/
Tip of The Iceberg 6.22
2-The Ceremony 3.05
3-Stop! She's Alive!/
Pastries & Crypypts 6.42
4-Caught/Friends of Waxflatter 4.55
5-Warning Shot 1.31
6-Cragwitch's Vision 1.46
7-The Struggle 1.21
8-A Fifth Princess/Holmes in Flight 6.15
9-Waxing Elizabeth/
Diversionary Tactics 7.04
10-Ethar's Escape/The Final Duel/
Final Farewell 9.36
11-The Riddle's Solved/End Credits 6.25
12-Moriarty? 0.46

Editeur: Edition promotionnelle
Intrada Promo 4007

© 2002 Intrada Records.

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Produit par Steven Spielberg et réalisé par Barry Levinson (bien avant que ce dernier nous livre son incontournable 'Rain Man'), 'Young Sherlock Holmes' (appelé aussi 'Pyramid of Fear' aux Etats-Unis et traduit en français par 'Le secret de la pyramide') est une grosse production d'aventure faite à l'ancienne, en plein dans la période 'Indiana Jones' où Spielberg venait de triompher avec son inoubliable 'Raiders of The Lost Ark' (1981) et un ténébreux 'Indiana Jones & The Temple of Doom' (1984) dont on peut par moment sentir l'influence dans le film de Levinson. (la même année, Spielberg réalisait 'The Color Purple') Comme le titre du film l'indique, 'Young Sherlock Holmes' revient sur la jeunesse romancée du célèbre Sherlock Holmes (fruit de la création du romancier anglais Sir Arthur Conan Doyle qui a prêté son accord afin que les studios réutilisent son personnage et son nom dans le film) et de sa rencontre avec un jeune John Watson dans une sombre aventure se déroulant près de leur université anglaise en 1870. Watson sera très vite fasciné par le génie de l'esprit de déduction du jeune Holmes et deviendra très rapidement son ami et son assistant dans ses enquêtes. Intrigué par une série de morts suspectes, Holmes décidera de mener de très près cette enquête honteusement bâclé par l'inspecteur local qui n'a pas trop la tête à ce qu'il fait. Notre jeune héros va très vite découvrir que ces morts sont reliées par un point commun: les victimes ont toutes été empoisonnés par un puissant hallucinogène qui les poussait à chaque fois à se suicider de manière inconsciente. Avec l'aide de son complice Watson et d'Elizabeth (la jeune fiancée de Sherlock Holmes), le brillant et jeune détective va découvrir une sinistre secte de fanatiques dévoués au culte de dieux Egyptiens, secte caché à l'intérieur d'une gigantesque construction en forme de pyramide caché à l'intérieur d'un sombre bâtiment dans un quartier de Londres. Mais l'aventure prend une tournure plus cauchemardesque alors que nos trois héros découvrent que les membres de la secte font des sacrifices de jeunes filles embaumées vivantes. Ils devront alors tout faire pour démasquer le coupable de ces crimes et découvrir qui se cache derrière tout ca. 'Young Sherlock Holmes' est en fin de compte l'image même du grand film d'aventure Hollywoodien fait à l'ancienne, typique de ces grandes productions des années 80 (Spielberg a largement contribué à donner ses lettres d'or à ce style de film. On sent d'ailleurs clairement son influence dans le film de Levinson). Les effets spéciaux sont très réussis pour l'époque, surtout dans les séquences spectaculaires d'hallucination. On ne pourra certainement pas passer à côté de la célèbre séquence de l'attaque du chevalier en verre vers le début du film. La séquence a entièrement été réalisé par le célèbre studio d'animation Pixar qui en était encore à ses débuts en 1985, bien avant les exploits de 'Toy Story', 'A Bug's Life' ou 'Monsters, Inc' (le reste des effets spéciaux est signé ILM). Evidemment, 'Young Sherlock Holmes' repose sur les formules habituelles du genre: le héros intelligent avec sa tendre dulcinée, le méchant qui l'affronte à la fin du film, les séquences spectaculaires obligatoires, etc...mais le tout est très bien réalisé et ne peut que nous convaincre de part la qualité technique du film et l'aspect attachant des jeunes héros. Un excellent grand film d'aventure avec le charme des années 80 qui rend un bel hommage à l'univers de l'oeuvre originale d'Arthur Conan Doyle.

Bruce Broughton n'était pas très connu à l'époque où il composait sa grande partition symphonique pour 'Young Sherlock Holmes'. La même année, Broughton écrivait l'un de ses meilleurs scores pour le 'Silverado' de Lawrence Kasdan. Aujourd'hui, les béophiles redécouvrent ce grand score qui reste probablement l'un des hits du compositeur même si l'ensemble n'a franchement rien de bien original en soi. L'intérêt de la partition réside surtout dans la qualité des orchestrations (assurée par Mark McKenzie et Don Nemitz) et la thématique forte et bien ancrée au sein de la musique (interprété par un Sinfonia of London en pleine forme!). Entièrement symphonique, la musique de 'Young Sherlock Holmes' est elle aussi faite à l'ancienne, avec ses grands thèmes faciles à identifier et le côté massif de la musique très 'Silver Age'. (Broughton a écrit près de 90 minutes de musique pour les 100 minutes du film!) Avec le sombre 'The Gamecock/The Bird is Alive', Broughton nous introduit dans le film avec une ambiance plutôt sombre et mystérieuse, une des caractéristiques principale de ce grand score d'aventure à l'ancienne. La première séquence d'hallucination (avec l'oiseau dans l'assiette) est illustré avec un premier morceau assez terrifiant où l'orchestre s'en donne à coeur joie dans un passage frénétique, agressif et plutôt effrayant. Le compositeur poursuit cette ambiance sombre dans 'Flaming Hat Rack' pour le suicide de la première victime du film. Broughton enchaîne ainsi avec le 'Main Title' qui nous introduit le thème associé à Sherlock Holmes, un petit thème de piccolo plutôt léger et espiègle à la fois soutenu par une basse orchestrale des cordes un peu plus sombre. On ressent ici clairement toute la détermination du héros pour résoudre l'énigme de la secte Egyptienne avec tout le côté vaguement mystérieux du 'Main Title' qui nous laisse présager une aventure pleine de suspense et de frisson. Le thème sera ensuite repris par les cordes dans un élan plus puissant afin de renforcer le côté brillant et déterminé du personnage principal. Ce petit thème restera présent tout au long du score et sera souvent mis en parallèle aux côtés du deuxième grand thème du score, un superbe thème d'aventure plus héroïque et entraînant.

La première séquence avec la machine volante de Waxflatter nous fait entendre le thème d'aventure dans un style plus héroïque qui nous incite évidemment à partager l'aventure agitée de nos jeunes héros. Les orchestrations sont toujours très réussies. On pourra noter un 'Fencing Lesson' particulièrement brillant avec une certaine énergie orchestrale captivante pour la scène du duel d'escrime entre Holmes et son prof Rathe. Dans la première partie du film, Broughton développe le côté plus léger et énergique du score, un côté aventure presque enfantin (ce qui n'empêche pas une écriture orchestrale de qualité tout à fait digne d'un compositeur qui était alors en train de faire ses preuves à cette période importante pour lui) sans oublier l'inévitable petit Love Theme sympathique pour Holmes et Elizabeth, un très beau thème de cordes lyrique et tendre comme il se doit (avec un certain classicisme d'écriture très romantique d'esprit). A noter un intéressant passage pour la séquence où Holmes va tenter de résoudre l'énigme que l'irascible Dudley lui a lancé en duel: Broughton développe aux vents le petit thème de Sherlock Holmes avec quelques variantes parfois plus lentes et plus légères de ce qui deviendra ensuite le thème d'aventure. Avec des cordes énergiques et des vents plein de vie, 'Solving The Crime' continue de décrire ce climat d'aventure léger et énergique, tout à fait représentatif de la première partie de la partition. (qui n'est certes pas la plus intéressante mais qui permet déjà d'asseoir une bonne partie du style 'aventure' du score de Broughton)

Passé un nouveau passage de terreur pour la spectaculaire scène d'hallucination avec le chevalier en verre ('Stained Glass Knightmare'), 'Waxflatter's Death/Holmes Returns' permet au score (et au film) de prendre un tournant majeur qui permettra au compositeur de plonger sa musique dans une ambiance de plus en plus sombre et noire. Les parties d'action vont se faire aussi de plus en plus nombreuses avec ce côté frénétique qui retranscrit à merveille toute la noirceur des séquences de la deuxième partie du film (la scène d'hallucination de Waxflatter avec des vents dissonants à la Bernard Herrmann). 'The Game is Afoot/Tip of The Iceberg' évoque clairement le point de non-retour pour nos trois héros bien décidés à aller jusqu'au bout et c'est avec le superbe et fameux 'The Ceremony' que Broughton atteint un sommet dans sa partition où il décrit le thème de la secte (qui deviendra plus tard le thème du méchant, Ethar/Moriarty) à l'aide d'un puissant choeur d'hommes et de femmes lancé dans un chant quasi hypnotisant et frénétique soutenu par un ostinato ténébreux et mystérieux. 'The Ceremony' est une fois de plus clairement inspiré du célèbre 'O Fortuna' du 'Carmina Burana' de Carl Orff (surtout dans l'écriture de l'ostinato du morceau ou dans le profil mélodique de certaines parties du chant), on pensera aussi inévitablement au fameux 'The Temple of Doom' du 'Indiana Jones & The Temple of Doom' de John Williams, 'The Ceremony' adoptant un principe d'écriture similaire avec ces choeurs rituels quasi sataniques d'esprit. Ce sombre thème vocal monte en puissance, renforçant la diabolique transe dans laquelle la foule se livre lors du rituel du sacrifice des jeunes filles. Avec ce passage sombre, grandiose et épique (mais hélas un peu trop proche de 'Carmina Burana' qui reste plus que jamais LE morceau de référence pour le domaine épique en musique de film), Broughton signe là l'un de ses meilleurs morceaux au sein d'un score d'aventure massif et plein d'énergie.

L'action culmine alors dans la poursuite avec les membres de la secte avec un 'Stop ! She's Alive !/Pastries & Crypypts' particulièrement excitant et intense. Avec des cuivres furieux, des cordes dissonantes et des vents particulièrement stridents (sans oublier une utilisation remarquable de martèlements violents sur des effets de col legno avec le bois de l'archet des cordes), Broughton mène ces séquences d'action sur un rythme effréné. La manière dont il utilise les vents dans l'aigu fait un peu penser par moment à certaines couleurs orchestrales que l'on trouve parfois dans certaines oeuvres de Stravinsky. Ce morceau (un petit tour-de-force orchestral) donne une puissance redoutable dans cette scène d'action qui évoque aussi par moment le style orchestral de Bernard Herrmann (on sent toujours un certain classicisme Hollywoodien dans cette musique d'aventure même si le score reste typique des grandes partitions d'aventure des années 80). Avec 'A Fifht Princess/Holmes in Flight', Broughton nous refait entendre le thème d'aventure lorsque Holmes et Watson prennent leur envol à bord de la machine volante de Waxflatter pour tenter de rattraper la diligence de Ethar. Entre action et aventure, le morceau continue à illustrer ces scènes spectaculaires avec une puissance orchestrale digne du compositeur. A noter aussi l'utilisation du thème de 'The Ceremony' qui devient alors associé au personnage d'Ethar, Broughton nous proposant ainsi quelques petites et brèves variations orchestrales autour de ce sombre thème. C'est finalement au sein d'un 'Ethar's Escape/The Final Duel' que l'inévitable affrontement final atteint son paroxysme dans un long morceau de plus de 9 minutes où Broughton se laisse aller à un véritable déchaînement orchestral quasiment épique, un peu comme dans la séquence de 'Waxing Elizabeth/Diversionary Tactics', là où Watson, Holmes et Elizabeth tentent de s'enfuir hors de la pyramide en flammes (et où l'on pouvait retrouver un thème d'aventure assez épique). Le duel final se conclut finalement sur un 'Final Farewell' résolument plus tendre et un 'The Riddle's Solved/End Credits' qui reprend le thème de flûte de Sherlock Holmes relié aussi à l'excellent petit thème d'aventure. (on notera même un bref 'Moriarty?' plutôt mystérieux pour le dernier plan qui se trouve à la toute fin du générique de fin)

Grande partition symphonique composé dans le style des grandes musiques d'aventure à la John Williams, 'Young Sherlock Holmes' est une BO massive riche en thème avec des orchestrations et des couleurs orchestrales de grande qualité. On pourra peut être regretter le côté un peu quelconque des thèmes qui ne sont malheureusement pas aussi marquants que chez d'autres grands compositeurs spécialistes de ce style de musique. Néanmoins, pour un premier grand effort (Broughton sort à peine de sa période téléfilms et s'attaque à un projet sérieux la même année que 'Silverado'), 'Young Sherlock Holmes' est assez remarquable en soi. On pourra reprocher aussi le fait qu'il y'a une fois de plus un peu trop de musique dans le film. Mais ne boudons pas notre plaisir, nous aurions tort de nous priver d'une partition aussi puissante et intéressante, d'autant que le score colle à merveille avec l'ambiance aventure/suspense/mystère du film. Grâce à la récente réédition en édition limitée du score (disponible auparavant sur LP ou cassette de chez MCA Records), les béophiles redécouvrent ainsi l'une des plus grandes partition du compositeur, bien avant ses grandes oeuvres des années 90. Pour finir, on ne pourra que conseiller 'Young Sherlock Holmes' pour tout ceux qui s'intéressent de très près au travaux de ce compositeur toujours autant sous-estimé mais pourtant plein d'inspiration, à condition qu'on lui donne des projets qui lui permettent d'épanouir sérieusement sa créativité et son inspiration.

Quentin Billard

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