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Bilan 2010 des Musiques de films
Classements

- Publié le 29-12-2010
best_of_cinezik, - Bilan 2010 des Musiques de films


Cinezik dresse son bilan de l'année écoulée avec le TOP des deux rédacteurs réguliers du site. Du côté des Musiques de films, les grands gagnants sont BAD LIEUTENANT : ESCALE A LA NOUVELLE-ORLEANS par Mark Isham, INCEPTION par Hans Zimmer, THE GHOST-WRITER par Alexandre Desplat et THE SOCIAL NETWORK par Trent Reznor.

Une précision tout d'abord. Cinezik choisit chaque année de faire un bilan basé sur les Musiques de films (les musiques originales écrites pour un film), et non exclusivement sur les sorties de disque. Cela implique trois choses : une musique non éditée peut figurer dans le bilan car elle a retenu notre attention dans le film, la date de sortie du film détermine de la présence de la BO dans le bilan 2010, et notre jugement d'une BO se fait au regard de son rapport au film. Il est bien question ici de Musiques de films, et non de simple musiques à écouter seules (une formidable musique qui ne fonctionnerait pas sur la toile blanche n'est pas une bonne Musique de film). Ce rappel semble évident mais des abus fusent sur la toile, discriminant doublement tous les compositeurs qui n'ont pas eu la chance d'avoir une musique éditée, d'être ainsi oubliés des classements. Voici maintenant notre bilan de l'année passée à écouter de la musique dans les salles de cinéma.

Voir aussi notre Bilan des films de 2010

Les TOP des internautes : vous pouvez poster vos TOP sur notre forum

TOP 15 DES BO - Benoit Basirico

1. BAD LIEUTENANT : ESCALE A LA NOUVELLE-ORLEANS (Mark Isham)*
2. THE GHOST WRITER (Alexandre Desplat)*
3. THE SOCIAL NETWORK (Trent Reznor)*
4. GREEN ZONE (John Powell)*
5. WOLFMAN (Danny Elfman)
6. LE DERNIER MAITRE DE L'AIR (James Newton-Howard)*
7. TAMARA DREWE (Alexandre Desplat)
8. SPLICE (Cyrille Aufort)*
9. AU FOND DES BOIS (Bruno Coulais)*
10. MYSTERES DE LISBONNE (Jorge Arriagada)
11. LIBERTE (Delphine Mantoulet et Tony Gatlif)*
12. BURIED (Victor Reyes)*
13. MONSTERS (Jon Hopkins)
14. NANNERL LA SOEUR DE MOZART (Marie-Jeanne Serero)
15. LA COMTESSE (Julie Delpy)*
* Musiques en écoute sur cette page. 

Commentaires :
En 2010, contrairement aux autres années, le TOP 3 des BO correspond exactement au TOP 3 des films, pour des musiques au niveau de la qualité de l'oeuvre cinématographique, c'est le cas de BAD LIEUTENANT, GHOST WRITER et SOCIAL NETWORK. Pour le premier, c'est la consécration du talent d'un compositeur trop discret, Mark Isham, qui éclate enfin au grand jour grâce à une collaboration majeure avec le cinéaste Werner Herzog, pour une partition délirante et inventive associée à la folie du personnage.

 

Pour GHOST WRITER, la collaboration Alexandre Desplat / Roman Polanski est une des grandes réussites de l'année. Le compositeur frappe fort avec une deuxième partition marquante pour Stephen Frears (TAMARA DREWE), sans oublier FANTASTIC MR FOX, et à chaque fois, un thème marquant. Desplat est indéniablement le compositeur de l'année.

 

Pour SOCIAL NETWORK, il s'agit d'un artiste de la scène electro-rock qui s'initie à la BO (Trent Reznor), et cela fonctionne grâce au talent de David Fincher qui a su employer la musique au service du rythme effréné de son montage. Malgré quelques présences électroniques marquantes (ROB - claviériste de Phoenix sur BELLE EPINE, OUTRAGE par Keiichi Suzuki ou LE LIVRE D'ELI par Atticus Ross), de manière générale, ce sont les classiques cordes orchestrales qui s'imposent, sous la baguette de Danny Elfman, James Newton-Howard, Cyrille Aufort (s'inspirant magnifiquement de Bernard Hermann), Bruno Coulais (notre numéro 1 en 2009 avec CORALINE, également présent cette année avec OCEANS et BABIES) avec une partition contemporaine audacieuse, un véritable Concerto de cordes pour Benoit Jacquot sur AU FOND DES BOIS, Yorge Arriagada qui retrouve son fidèle Raoul Ruiz pour le romanesque MYSTERES DE LISBONNE... et même Julie Delpy qui surprend avec sa partition lugubre et tragique de LA COMTESSE (surement aidée dans le travail par son compagnon Marc Streintenfeld).

AU FOND DES BOIS de Bruno Coulais (Extrait de 5' sur un concerto de 20')
- avec l'aimable concours du compositeur

De son côté, John Powell enfonce le clou dans l'action, avec une partition percussive radicale sur GREEN ZONE.
De la musique au son il n'y a qu'un pas, avec des partitions sonores qui deviennent musique (ONCLE BOONMEE et son ambiance florale), ou des partitions musicales qui deviennent bruit (celle du GUERRIER SILENCIEUX, où les guitares bruyantes nous accompagnent dans l'expérience extrême de l'oeuvre).
Un autre cas atypique et judicieux : Tony Gatlif et sa musique gitane qui est parvenue à devenir une véritable partition thématique grâce à l'apport classique de Delphine Mantoulet.

Liberté :

Enfin, mentionnons trois révélations : Victor Reyes et ses cordes dramatiquement tendues (BURIED), Jon Hopkins et son ambiance électrique crépusculaire (MONSTERS) et Marie-Jeanne Serero qui a fait le lien entre l'époque de Mozart et la modernité actuelle (NANNERL).
Cinezik était présent toute l'année pour accompagner ces oeuvres pour des interviews (Desplat, Gatlif, Coulais, Serero...) ou critiques (Social Network, Splice, Buried, Monsters...), nous vous laissons les découvrir en parcourant le site.

BB

TOP 10 des BO - Sylvain Rivaud

1. INCEPTION (Hans Zimmer)
2. THE SOCIAL NETWORK (Trent Reznor & Atticus Ross)
3. DRAGONS (John Powell)
4. LE DERNIER MAITRE DE L'AIR (James Newton Howard)
5. THE GHOST-WRITER / FANTASTIC MR. FOX (Alexandre Desplat)
6. LE LIVRE D'ELI (Atticus Ross)
7. BAD LIEUTENANT : ESCALE A LA NOUVELLE-ORLEANS (Mark Isham)
8. SPLICE (Cyrille Aufort)
9. AU FOND DES BOIS (Bruno Coulais)
10. DAYBREAKERS (Christopher Gordon)

Après deux années plutôt faibles pour Hans Zimmer, le compositeur phare d'Hollywood renaît de ses cendres en 2010 avec INCEPTION et SHERLOCK HOLMES, deux bandes originales qui synthétisent assez bien tout son professionnalisme et l'originalité de son approche de la musique au cinéma. Aidé de plusieurs années d'expérimentations où il a développé sa propre idée de « conceptualisation » d'une musique au service d'un projet de cinéma, il signe avec INCEPTION un score très électronique dont la base mélodique est « Je ne regrette rien » de Piaf. Utilisant les technologies qui lui sont chères, le musicien a ralenti la piste digitalisée jusqu'à créer le motif qui ouvre le film et est développé par la suite. Il adapte ainsi le concept même du film (l'étirement du temps avec des rêves emboités les uns aux autres) allant jusqu'à construire puis parasiter sa propre création avec celle de Piaf. Littéralement, Zimmer hante sa musique avec du matériel existant comme un rêve humain se construit à partir d'éléments connus et refoulés. Par ailleurs, il développe avec INCEPTION une certaine idée de musique atmosphérique déjà approchée auparavant, avec des sonorités synthétiques en référence ici à BLADE RUNNER de Vangelis (film qui hante lui-même l'oeuvre de Christopher Nolan). Ce qui n'empêche pas le score d'être rudement efficace et impressionnant par ailleurs à tous les niveaux, dans les séquences d'action comme dans les séquences les plus oniriques. La musique participe pour beaucoup au mystère et à l'ambiance du film, et surtout à l'immersion du spectateur, indispensable au bon fonctionnement du film.

Comparaison entre "Je ne regrette rien" de Piaf et le motif composé par Zimmer pour l'ouverture d'INCEPTION

INCEPTION : musique originale de Hans Zimmer ("Dream is collapsing")

Avec SHERLOCK HOLMES (non mentionné dans ce classement car pas très intéressant sur les images), Zimmer développe son côté ludique, bricoleur, iconoclaste, en écrivant une musique un peu déglinguée à l'image du personnage excentrique interprété par Robert Downey Jr. Il utilise les racines tziganes du personnages pour suggérer ce que le scénario ne dit pas (puisqu'il n'en est jamais fait mention dans le film). Le résultat est parfois inégal mais hautement ludique et n'empêche jamais Zimmer, malgré une totale liberté de ton, de donner de l'ampleur aux images et une profondeur au personnage.

Dans un registre complètement opposé puisque très froid et distant, le score de Trent Reznor et Atticus Ross pour THE SOCIAL NETWORK impressionne surtout pour l'alternance de ruptures et l'effets fusionnels qu'il provoque sur le film de David Fincher. Là aussi les musiciens adoptent pour une approche un peu conceptualisée mais en se permettant fantaisies et digressions qui font plaisir à entendre. Un score sombre et anxiogène, glacial comme le personnage, mais ciselé comme le film.

Beaucoup plus chaleureux, la réussite de l'année dans un registre plus classique est la bande originale du film d'animation DRAGONS des studios Dreamworks. John Powell n'est décidément jamais aussi inspiré que pour l'animation et accouche ici de son quasi chef d'oeuvre du genre, après les pourtant très inspirés CHICKEN RUN (avec Harry Gregson-Williams), HORTON, L'AGE DE GLACE 2 & 3 et VOLT. Il signe un score survolté et aérien, empruntant des sonorités celtiques pour évoquer l'univers des vikings du nord. Toujours bourré d'idées rythmiques, de sonorités singulières, et mélodiquement très riche, on ne se lasse décidément jamais de son travail. D'autant plus qu'il continue d'explorer d'autres voies en continuant sa collaboration avec Paul Greengrass sur GREEN ZONE, où son travail rythmique et électronique se radicalise après la trilogie Bourne.

Toujours dans un registre mélodique et classique, on attendait beaucoup de la nouvelle collaboration entre James Newton Howard et M. Night Shyamalan avec THE LAST AIRBENDER, fable pour enfants très premier degré mal aimée de la presse comme du public. A tort d'ailleurs, puisque le film est enveloppé d'une troublante mélancolie qui n'a rien de confortable, grâce entre autres à la superbe musique d'Howard qui confirme une fois de plus qu'il n'a jamais autant foi en sa musique qu'avec ce cinéaste singulier qu'est Shyamalan. Un score ample et inspiré qui porte littéralement le film.
C'est aussi un peu le cas du score d'Atticus Ross que l'on retrouve ici en solo (avant THE SOCIAL NETWORK) sur le film post-apocalyptique des frères Hugues, LE LIVRE D'ELI. Une réussite.

Du côté français, difficile de commenter tous les travaux d'Alexandre Desplat tellement celui-ci est présent sur les écrans (il est au générique de 6 films de cinéma et de télévision en 2010). Mais avouons que c'est souvent au bénéfice des films en question, tels que le burlesque et tendre TAMARA DREWE pour lequel il retrouve Stephen Frears pour la troisième fois. Sa collaboration avec Wes Anderson sur FANTASTIC MR. FOX (film pour lequel Desplat fût nommé aux Oscars) est également une grande réussite, très inspiré des expérimentations de Morricone pour Leone allié à des idées mélodiques très fortes, avec un thème principal à la fois malicieux et nostalgique. Mais le Desplat de l'année est sans doute THE GHOST WRITER pour Roman Polanski et ses sonorités intrigantes suggérant la paranoïa ambiante du film. De son côté, Bruno Coulais impressionne par la maîtrise de ses orchestrations et de ses ambiances dans AU FOND DES BOIS pour Benoit Jacquot, qu'ils retrouve pour la seconde fois au cinéma (après l'épatant VILLA AMALIA), signant ici une partition où son expérience de la musique contemporaine est la plus prégnante. Cyrille Aufort, lui, signe un grand score orchestral sombre et lyrique pour le film de monstres SPLICE de Vincente Natali, confirmant tout l'espoir que l'on portait en lui depuis quelques années déjà.

Impossible de conclure sans parler des français de Daft Punk qui signent en 2010 la bande originale du remake de TRON. Une partition qui ne figure pas dans ce classement (mais sans doute dans le prochain ?) car le film sort en février 2011, mais qui assurément fait partie des claques de l'année. Une grande BO analysée dans cet article.

SR

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- Publié le 29-12-2010

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