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Critiques BO

Bouleversante ballade pop avec le piano, la guitare, la batterie, et la voix de Danny Elfman
Happiness Therapy (Danny Elfman)

Benoit Basirico - Publié le 06-02-2013


Danny Elfman surprend en empruntant un style pop-rock teinté de mélancolie, en chantant lui-même un morceau. 

Le compositeur de Tim Burton laisse l'orchestre de côté pour préférer une formation minimale avec guitare, piano et batterie, avec une ligne mélodique simple mais forte qui circule, un seul thème se déroule tout le long des 20 minutes de Score, avec des effets de crescendo, des variations rythmiques, pour une instrumentation digne d'une chanson des Tindersticks ou de Antony and the Johnson, voire même des Arcade Fire qui ont pu livrer comme c'est le cas ici un véritable hymne langoureux. Le compositeur emploie d'ailleurs sa propre voix au sein d'un choeur exprimant des "aah" et "ooh" romantiques, dans le style rétro 60's de Henry Mancini chez Blake Edwards. Elfman va même jusqu'à libérer sa parole en dernier morceau où il chante une ballade délicieuse ("Goof Track"). Retour aux sources pour le musicien de Oingo Boingo, qui semble renouer avec ses premiers amours rock, après les films d'horreur en hommage dans "Frankenweenie", et avant Herrmann (une de ses références de toujours) convoquée dans "Hitchcock". Ce rock céleste soutient la mélancolie et le rythme de cette comédie romantique menée par Jennifer Lawrence et Bradley Cooper, deux êtres perdus et amoureux qui interprètent magnifiquement cette partition par leur dialogue, leur corps et leur visage. Danny Elfman s'est refusé à aller vers les violons, à donner de l'emphase à la romance, et son choix instrumental élève le récit vers la fable, le conte, comme l'avait fait Carter Burwell (aidé de Karen O) pour le "Max et les maximonstres" de Spike Jonze. Après la vision du film, l'émotion croissante de l'histoire d'amour s'incarne dans la mélodie qui reste dans nos mémoires. Hormis "Hitchcock", Danny Elfman est en grande forme puisque nous le retrouverons en mars dans "Le Monde fantastique d'Oz" (Sam Raimi) et "Promised Land" (Gus Van Sant).

 

Benoit Basirico - Publié le 06-02-2013

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