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Arthur Harari : PEINE PERDUE, à partir d’une chanson de Bertrand Belin
Rencontre / Court-métrage

- Publié le 06-02-2014
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Après un premier moyen-métrage remarqué en 2007 (LA MAIN SUR LA GUEULE), Arthur Harari a pu faire l’acteur dans LA BATAILLE DE SOLFERINO (2013) avant de présenter au festival de Clermont Ferrand 2014 son nouveau court-métrage PEINE PERDUE, Grand Prix au Festival Entrevue de Belfort.

 Retrouvez toutes nos interviews liées aux court-métrages du Festival de Clermont Ferrand 2014

Quelle est l'origine de ce projet avec le chanteur Bertrand Belin ?

Arthur Harari : Au départ, il y a eu une commande du producteur Nicolas Anthomé (Bathysphere Productions) qui imaginait un projet collectif avec plusieurs réalisateurs. Il s'agissait de réaliser un film autour de l'album d'un musicien. Mon projet ne devait pas se faire avec Bertrand Belin mais avec Mehdi Zannad (son nom de musicien est Fugu, il a fait la musique de « La France » de Serge Bozon). Son album s'appelle « Fugue ». Chaque réalisateur avait carte blanche autour d'une chanson. Mais le projet s'est interrompu. J'ai tout de même gardé l'idée. Je me suis rendu compte une fois "libéré" de la commande de départ, que Mehdi, dont j'aime beaucoup la musique, ne correspondait pas du tout au personnage du chanteur dandy parisien que j'avais écrit. Mon producteur m'a donc fait découvrir Bertrand Belin. J'ai choisi une chanson de son dernier album « Comment ça se danse » sur laquelle on a ajouté le prénom du personnage féminin, Julia.

En plus d'y entendre cette chanson, Bertrand Belin joue dans le film. Quel a été pour vous l'enjeu dans le fait de diriger un chanteur ?

A.H : Bertrand est très bon acteur. C'était la première fois que je dirigeais un chanteur, mais il est très à l'aise devant une caméra, il joue avec son personnage, il est à la fois lui-même et quelqu'un d'autre. Il est moins dragueur dans la vie, c'est de la composition, mais il joue avec l'image qu'il dégage, ce côté dandy, urbain. Il l'a joué avec de l'auto-dérision. Même sur scène, il a toujours un jeu avec un personnage. Il est déjà acteur sur scène, il aime la représentation, cela a aidé.

Les musiques entendues dans le film ont-elles été enregistrées au moment du tournage ?

A.H : Tout a été joué sur le tournage en effet. Lorsque les personnages dansent sur la chanson « Comment ça se danse », je tenais à ce que ce soit une prise directe, qu'il y ait une interaction entre les dialogues, la musique, et le corps des comédiens. Je ne voulais pas qu'ils fassent semblant de danser. Nous n'avons pas fait d'enregistrements en studio.

Le public vous a connu acteur dans LA BATAILLE DE SOLFÉRINO de Justine Triet (2013) dans lequel vous tenez un discours sur la musique (la scène du salon avec Chopin). Est-ce votre personnage qui parlait ou alors vous avez ce même intérêt pour la musique classique ?

A.H : Je n'en écoute pas énormément, mais plus qu'avant car Justine Triet, la réalisatrice et aussi ma compagne, est elle-même très mélomane et musicienne (elle a une formation de pianiste). Elle m'a ainsi fait découvrir plein de choses, dont le morceau de Chopin entendu dans le film. Elle écoute beaucoup de musiques, et pas uniquement du classique d'ailleurs. Quand je sors dans le film cette théorie sur la musique qui est un art totalisant, c'est une chose que j'avais dite dans une conversation avec Justine. C'est donc un mélange de fiction et de réalité.

Quelle est votre relation à la musique en tant que réalisateur ?

A.H : J'ai un rapport fort à la musique, mais pour l'instant essentiellement sur des chansons jouées en direct, ou écoutées par les personnages. Je trouve puissant d'enregistrer une chanson qui surgit dans une scène, car les gens chantent beaucoup dans la vie. J'aime d'ailleurs chanter pour ma fille. Je suis aussi en train de domestiquer une certaine défiance pour la musique de film qui accompagne l'action. J'aime de plus en plus les thèmes musicaux obsessionnels, mais j'aime moins les musiques qui soulignent ce qui est déjà à l'image.

D'ailleurs, pour la première fois dans PEINE PERDUE, j'ai utilisé une musique OFF car j'en avais besoin pour la narration. Il fallait une musique mentale obsessionnelle, je ne pouvais pas l'exprimer autrement. J'ai donc utilisé cet air de flûte, un thème classique (« Fantaisie No. 3 » de Georg Philipp Telemann) que j'ai découvert sur Youtube en recherchant "solo flute". Je me suis rendu compte du besoin de cette musique au montage. Je pense que pour le prochain film que je prépare, DIAMANT NOIR, il y aura un thème musical qui sera composé, sûrement orchestral. Cela se prête au romanesque du film.

Avez-vous une idée du compositeur pour cette partition ?

A.H : Je n'ai pas encore d'idées sur le compositeur mais j'ai déjà le thème qui me trotte dans la tête depuis longtemps et m'a accompagné dans l'écriture. Je ne suis pas musicien donc l'idée est de faire entendre ce thème à un compositeur en le fredonnant. Je pense dans un premier temps commencer ce travail avec mon frère Tom, qui est musicien en plus d'être chef opérateur. Mais au final ce ne sera pas lui qui le fera car il faut un enregistrement orchestral, ample, qui se rapproche de la musique classique, et ce n'est pas le domaine de Tom qui est guitariste. Je n'ai pas du tout d'idée de qui le fera. Je me souviens juste d'une musique de film qui m'a plu récemment, celle de Bertrand Burgalat pour « My Little Princess » que je trouve très belle, inattendue.

A suivre donc...

Interview réalisée à Paris le 30 janvier 2014 par Benoit Basirico

 

- Publié le 06-02-2014

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