Quebec - Belgique - Suisse - Afrique 

EN

VOIR

PLUS

 

Compositeurs

Romain Trouillet : composer à partir d’une note d’intention et de références
Rencontre / Court-métrage

- Publié le 07-02-2014
trouillet,37-4,@, - Romain Trouillet : composer à partir d’une note d’intention et de références


Le jeune compositeur Romain Trouillet a signé la musique du court-métrage « 37°4S » de Adriano Valerio présenté au Festival de Clermont Ferrand 2014.

 Retrouvez toutes nos interviews liées aux court-métrages du Festival de Clermont Ferrand 2014

="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"> Comment avez-vous rencontré le réalisateur de « 37°4S », Adriano Valerio ?

Romain Trouillet : J'ai rencontré Adriano en faisant l'atelier du « Troisième personnage » au Festival d'Aubagne en 2013. Quelques semaines après, il m'a annoncé que j'ai été retenu sur le film. Normalement, dans le cadre de cet atelier, on travaille sur un scénario, alors que son film était déjà monté. Je devais lui présenter, parmi d'autres compositeurs, une maquette conçue avant d'arriver sur le festival à partir du film que j'avais reçu. Le film était accompagné d'une note d'intention, donc je savais ce qu'il voulait. Je savais qu'il voulait une chanson, elle fait partie du scénario. Il voulait quelque chose de moderne dans la musique.

Qu'entendez-vous par « musique moderne » ?

R.T : Moderne par son coté électro, que j'ai manifesté avec de petites percussions électroniques et un clavier électrique. Il voulait une musique dans un style trip-hop. il fallait une musique que le jeune adolescent du film pouvait écouter.

Y avait-il des références précises ?

="http://download.macromedia.com/pub/shockwave/cabs/flash/swflash.cab#version=6,0,40,0"> R.T : Dans sa note d'intention, était mentionnée la chanson « Bang Bang » (la version interprétée par Nancy Sinatra). Il m'a aussi fait écouter deux morceaux de Youth Lagoon. Il voulait au départ utiliser une de ses chansons, « Cannons », mais le chanteur a refusé. Donc il a dû ensuite faire appel à un compositeur pour en écrire une. Sauf que c'est une référence que je ne maitrisais pas. Je suis alors allé dans une autre direction, plus proche de CocoRosie. Le réalisateur avait du mal à se libérer du Temp Track initial mais a accepté ma proposition.

Comment considérez-vous cette méthode d'utiliser un Temp Track, une musique temporaire pour afficher ses intentions ?

R.T : Je travaille dans le jeu-vidéo où il est fréquent de procéder ainsi. Mais c'est la première fois pour le cinéma que je travaillais avec un réalisateur aussi attaché à son temp track. Il y a du pour et du contre. Cela permet d'aller vite, on comprend les intentions.

Vous avez donc rencontré le réalisateur à Aubagne (en mars 2013). Pourtant, le film a été programmé parmi les court-métrages du Festival de Cannes (mai 2013). Cela s'est fait vite, en deux mois...

R.T : Le film a été envoyé au Festival de Cannes avant Aubagne, avant que le film soit terminé, donc sans ma musique, mais avec le temp track. Il fallait ensuite que je livre une musique originale en trois semaines.

Quelle est votre méthode de travail dans la composition ?

R.T : A la base, j'ai une formation classique, je pratique le piano et la guitare, et je suis actuellement au CNSM de Lyon. Mais dans mes musiques de films, je fabrique essentiellement des maquettes avec des instruments virtuels. Je suis à l'aise avec cela. C'est une question de budget, le court-métrage ne permet pas d'enregistrer avec un orchestre. Lorsque j'ai travaillé sur une pièce de théâtre (« Des pieds et des mains », 2013), le metteur en scène (Arthur Jugnot) voulait un gros orchestre, mais la seule possibilité était de le faire virtuellement. C'est une étape frustrante car j'aimerais bien travailler avec des musiciens. Ma formation actuelle me permet de rencontrer des musiciens pour faire jouer ma musique par les élèves du conservatoire.

Quels sont vos goûts en matière de musique de film ?

R.T : J'aime les compositeurs français comme Philippe Rombi, Pierre Adenot, Alexandre Desplat, Mais aussi les américains Marco Beltrami et Thomas Newman. Je suis très influencé par cette musique de film contemporaine. Je me sens loin des compositeurs savants des siècles passés même si j'aimerais savoir écrire comme eux, je pense à Stravinsky par exemple. Je suis à un âge où j'apprends énormément. Dans les discussions avec le réalisateur, les premières questions sont de savoir dans quel style se diriger, vers quel compositeur se rapprocher. Pour la pièce de theâtre, la grosse référence était Philip Glass.

Quels sont vos projets ?

R.T : Je travaille actuellement sur un film en post-production, « Adentro ». Mais ce qui me fait vivre, c'est le jeu vidéo. Je travaille pour différentes boites de Lille où il y a un gros réseau implanté. Et puis peut-être que je retrouverai Adriano Valerio puisqu'il prépare son long métrage.

Interview réalisée en janvier 2014 par Benoit Basirico.

 

- Publié le 07-02-2014

Vos avis