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Cannes 2015 : Panorama des BO en compétition officielle #2
#Cannes2015

Benoit Basirico - Publié le 23-05-2015
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Voici le second compte rendu des présences musicales dans les films vus en compétition officielle du Festival de Cannes. 

 Voir le 1er épisode : Panorama des BO en compétition officielle #1

(dans l'ordre des préférences musicales, en commençant par la BO la plus appréciée)

Les trois BO préférées de ce panorama ont le point commun de parvenir à associer une fonction climatique de la musique (construire un decorum musical) et la fonction dramatique (créer une émotion, participer à l'action). Par ailleurs, les 3 dernières BO citées, les moins appréciées de ce panorama, ont le point commun de saturer l'oreille par une omniprésence et une surenchère, la musique devient alors un long fleuve sans perspective ni point de vue.

NIE YIN NIANG / THE ASSASSIN (Hou Hsiao Hsien) - BO : Lim Giong

Le compositeur chinois Lim Giong retrouve son compatriote Hou Hsiao Hsien une 5e fois après "Le maître de marionnettes" (1993), "Good Men, Good Women" (1995), "Goodbye South, Goodbye" (1996) et "Millennium Mambo" (2001) avec des tambours en arrière plan marquant une ambiance sonore (différente pour chaque "tableau" du film), ainsi que des morceaux electro pour les batailles de sabre. Voici une partition qui joue un double rôle : à la fois dans l'instauration d'un climat, et dans la participation à l'action. On entend par ailleurs dans une scène finale du film la pièce "Rohan" de Pierrick Tanguy (écrite pour 17 musiciens bretons et 20 percussionnistes sénégalais enregistrés à Dakar en mars 2000). 

SICARIO (Denis Villeneuve) - BO : Jóhann Jóhannsson

Jóhann Jóhannsson retrouve le cinéaste québecois Denis Villeneuve après PRISONERS. Pour ce drame violent situé dans une zone de non-droit entre les Etats-Unis et le Mexique, la partition parvient à instaurer un climant oppressant, sans tomber dans le pur sound-design, sans laisser de côté la mélodie. En effet, un violon soliste peut se faire entendre délicatement au milieu du chaos. 

DHEEPAN (Jacques Audiard) - BO : Nicolas Jaar 

Pour son film tourné entre Paris et le Sri-Lanka, Jacques Audiard fait appel au jeune compositeur américano-chilien de musique électronique Nicolas Jaar. Il met ainsi un terme à sa collaboration avec Alexandre Desplat (sans interruption depuis "Regarde les homes tomber" en 1994). Là encore, le compositeur joue sur les atmosphères, les nappes, sans se faire oublier pour autant, ses choix instrumentaux peuvent interpeler. 

SHAN HE GU REN / MOUNTAINS MAY DEPART (Jia Zhang-Ke) - BO : Yoshihiro Hanno

Le compositeur japonais Yoshihiro Hanno retrouve le cinéaste chinois Jia Zhang-Ke après "Platform" (2000) et "24 City" (2008). Sa participation assume un aspect lyrique tandis que des séquences musicales du film assument le côté pop et désuet, comme lorsqu'on entend "Go West" des Pet Shop Boys (qui ouvre et clôt le film, les personnages dansent dessus).

MACBETH (Justin Kurzel) - BO : Jed Kurzel

Le compositeur australien Jed Kurzel signe la musique de cette relecture viscérale de la tragédie de Shakespeare signée par son frère Justin Kurzel. Sa partition grandiloquente et omniprésente sature les oreilles et ne rend pas service à un film lui-même indigeste. 

YOUTH / LA GIOVINEZZA (Paolo Sorrentino) - BO : David Lang

Le compositeur américain de musique minimaliste David Lang signe sa première BO pour le cinéaste italien Paolo Sorrentino. Le film contient tellement de titres preéxistants (dont la pièce classique jouée à l'image en fin de film) qu'on a du mal à percevoir la trace de la musique originale, ni son intérêt. 

MARGUERITE ET JULIEN (Valérie Donzelli) - BO : Pierre-Alexandre Busson (Yuksek)

Valérie Donzelli convoque un patchwork de titres existants, et accueille une musique originale signée Yuksek, de son vrai nom Pierre-Alexandre Busson, musicien de musique électronique français. Sa partition lyrique redonde avec les débordements sentimentaux des personnages, et accompagne avec pléonasme chaque mouvement (notamment la course du couple). Cela prête à sourire comme devant un cartoon, sauf qu'il ne s'agit pas d'une comédie, et que la musique aurait été plus judicieuse en contrepoint ou avec un discours qui n'est pas déja celui de l'image. 

 

Benoit Basirico - Publié le 23-05-2015

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