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Critiques BO

BO des Palmes d'Or #5 : CONVERSATION SECRÈTE (1974), le dénuement du piano
Conversation Secrète (David Shire)

par Benoit Basirico - Publié le 10-05-2019
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Voici le 5e épisode de notre série consacrée aux B.O des Palmes D'Or dans l'histoire du Festival de Cannes, avec celle de CONVERSATION SECRÈTE (1974) de Francis Ford Coppola.

Après le succès du PARRAIN qu'il considérait comme une commande commerciale, Francis Ford Coppola (âgé seulement de 35 ans) décide de réaliser ce film plus intime, et fait appel à David Shire, de deux ans son ainé (et seulement deux ans d'expérience au cinéma derrière lui), qui succède dans son oeuvre à Nino Rota (qui avait 61 ans). Ce désir de renouvellement et de modestie passe aussi par la musique. Alors que le compositeur souhaitait au départ écrire pour ce film d’espionnage une partition pour orchestre, à la mesure du grand cinéaste qu'il avait devant lui, le réalisateur exigea cependant une musique pour un seul instrument (le piano) afin d’illustrer la solitude du personnage (Gene Hackman).

Avec cet air épuré, Shire accompagne la simplicité du projet, et le dénuement du protagoniste. Mélancolique, teintée de jazz, cette partition est troublante. Elle transmet des émotions inhabituelles dans le cinéma américain d'alors. Cette musique de film contribue au renouveau d'un Nouvel Hollywood qui se détourne des grosses formations pour des ensembles plus restreints. On peut même imaginer que la proposition de David Shire, guidée par une première intuition du cinéaste, a orienté la direction prise par Martin Scorsese (et Bernard Herrmann) pour la complainte cuivrée de "Taxi Driver" (avec un autre personnage solitaire et une autre Palme d'Or deux ans plus tard).

Tous les épisodes : 

BO des Palmes d'Or #1 : LE TROISIÈME HOMME (1949), la cithare alter ego du héros

BO des Palmes d'Or #2 : LA DOLCE VITA (1960), une ritournelle qui mène à l'ivresse 

BO des Palmes d'Or #3 : LES PARAPLUIES DE CHERBOURG (1964), un film chanté

BO des Palmes d'Or #4 : UN HOMME ET UNE FEMME (1966), quand la musique embrasse le visuel 

BO des Palmes d'Or #5 : CONVERSATION SECRÈTE (1974), le dénuement du piano

BO des Palmes d'Or #6 : TAXI DRIVER (1976), le saxophone de la nuit

BO des Palmes d'Or #7 : PARIS TEXAS (1984), une guitare contemplative et spectrale

BO des Palmes d'Or #8 : MISSION (1986), réconcilier les antagonismes

BO des Palmes d'Or #9 : BARTON FINK (1991), le chemin de l'inspiration

BO des Palmes d'Or #10 : LA LEÇON DE PIANO (1993), l'instrument d'une expression 

BO des Palmes d'Or #11 : L'ETERNITE ET UN JOUR (1998), un thème romanesque et nostalgique

BO des Palmes d'Or #12 : LA CHAMBRE DU FILS (2001), sur le fil de l'émotion 

par Benoit Basirico - Publié le 10-05-2019

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