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Critiques BO

BO des Palmes d'Or #12 : LA CHAMBRE DU FILS (2001), sur le fil de l'émotion
La Chambre du Fils (Nicola Piovani)

par Benoit Basirico - Publié le 12-05-2019
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Voici le 12e et dernier épisode de notre série consacrée aux B.O des Palmes D'Or dans l'histoire du Festival de Cannes, avec celle de LA CHAMBRE DU FILS (2001) de Nanni Moretti, dernière Palme en date à contenir une partition originale de premier plan.

Le dernier thème marquant issu d'une Palme d'Or à Cannes fut celui en 2001 écrit par Nicola Piovani pour sa dernière collaboration avec son compatriote italien Nanni Moretti. Il s'agit comme de l'aboutissement d'une oeuvre commune qui a de film en film élaboré une même mélancolie introspective en véritable osmose avec le personnage central, en remise en question permanente, incarné par le réalisateur lui-même : "Sogni d'oro" (1981), "La messe est finie" (1985), "Palombella rossa" (1989), et "Journal intime" (1993). Cette série de films évolue vers toujours plus d'émotion, ce dernier acte étant le climax puisqu'il est question du deuil d'un fils.

La musique va alors prendre en charge ce mélo, en soutenant le drame puis la tristesse, mais en même temps en le maintenant légèrement à distance par une pudeur délicate dans la manière de faire intervenir par vagues successives la reprise d'un même thème au piano, laissant du silence entre chaque moment musical. De plus, les notes ne sont jamais là pendant les moments forts, les ellipses du montage aidant à échapper au pathos, la musique devenant des intermèdes pour maintenir un sentiment proche du "spleen". Ni dans le larmoyant, ni dans le décalage, Nicola Piovani est un équilibriste qui a su doser les ingrédients de l'émotion, tout comme la sobriété de Nanni Moretti, dans sa réalisation comme dans son jeu (il incarne le père en deuil).

Tous les épisodes : 

BO des Palmes d'Or #1 : LE TROISIÈME HOMME (1949), la cithare alter ego du héros

BO des Palmes d'Or #2 : LA DOLCE VITA (1960), une ritournelle qui mène à l'ivresse 

BO des Palmes d'Or #3 : LES PARAPLUIES DE CHERBOURG (1964), un film chanté

BO des Palmes d'Or #4 : UN HOMME ET UNE FEMME (1966), quand la musique embrasse le visuel 

BO des Palmes d'Or #5 : CONVERSATION SECRÈTE (1974), le dénuement du piano

BO des Palmes d'Or #6 : TAXI DRIVER (1976), le saxophone de la nuit

BO des Palmes d'Or #7 : PARIS TEXAS (1984), une guitare contemplative et spectrale

BO des Palmes d'Or #8 : MISSION (1986), réconcilier les antagonismes

BO des Palmes d'Or #9 : BARTON FINK (1991), le chemin de l'inspiration

BO des Palmes d'Or #10 : LA LEÇON DE PIANO (1993), l'instrument d'une expression 

BO des Palmes d'Or #11 : L'ETERNITE ET UN JOUR (1998), un thème romanesque et nostalgique

BO des Palmes d'Or #12 : LA CHAMBRE DU FILS (2001), sur le fil de l'émotion 

par Benoit Basirico - Publié le 12-05-2019

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