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BO Culte - Films d'Animation #3 : TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE (Elmer Bernstein, 1985), noirceur et frivolité ajoutés au romantisme des Ondes Martenot
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par Benoit Basirico - Publié le 13-06-2019
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Voici le 3e épisode de notre série consacrée aux B.O cultes du cinéma d'animation des années 80 à 2000, avec celle de TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE (The Black Cauldron, 1985) de Ted Berman et Richard Rich.

Elmer Bernstein retrouve le cinéma d'animation après MÉTAL HURLANT (1981) pour des Studios Disney en pleine crise qui comptaient sur ce film pour revenir au premier plan dans le cinéma d'animation. Mais ce fut un échec monumental (il leur faudra attendre LA PETITE SIRÈNE quatre ans plus tard pour retrouver leur magie et leur suprématie, tout en débutant une nouvelle ère musicale auprès de Alan Menken). Pour ce BLACK CAULDRON ils s'étaient pourtant démenés pour se moderniser, influencés par ce qui se faisait à côté, en renonçant d'y inclure les habituelles chansons (une première !), en incorporant des éléments numériques aux images dessinées à la main, en créant un univers plus sombre et plus effrayant, et en faisant appel pour la musique à un vétéran d'Hollywood tout juste auréolé du succès de GHOSTBUSTERS. Elmer Bernstein, connu pour avoir participé à des péplums (LES 10 COMMANDEMENTS de Cecil B. DeMille) ou des westerns (LES SEPT MERCENAIRES de John Sturges) peut mettre son sens de l'épique et de l'action au service de ce dessin animé. Malgré l'échec commercial du film, la partition demeure une réussite artistique culte ! 

Elmer Bernstein propose d'abord de nombreux thèmes au sein de son orchestration abondante, dans la pure tradition de la musique de film, chaque thème et ses variations étant associés à un personnage ou une situation. Il y a celui du héros, Taram, illustrant sa détermination par des cuivres graves (faisant surgir des souvenirs de péplum), puis sous la forme d'une marche joyeuse évoque son héroïsme insouciant. Le thème puissant, plus massif, celui qui est le plus présent, revient au méchant du film. Il surgit dès que l’action se déplace dans le château maléfique. Il y a aussi un thème d'amour, très doux, et un thème comique, malicieusement ludique. Le compositeur élabore ainsi un riche matériau thématique, d'une complexité rare dans le cinéma de Disney jusqu'ici, dont le developpement n'est volontairement pas limpide, pas évident à déceler. Car en dépit de cette grande gamme thématique, ce que l'on retient surtout de cette musique est la présence d'un instrument soliste insolite de premier plan : Les Ondes Martenot. 

En effet, dans le contexte historique de la fin des années 80, Elmer Bernstein vient d'enchaîner des films dans le registre de la fantasy et de la science-fiction (METAL HURLANT, SATURN 3, GHOSTBUSTERS, SLIPSTREAM, SPACEHUNTER). Il a ainsi l'idée de reprendre le timbre si singulier des Ondes Martenot, très utilisés dans la SF, au son s'apparentant à une voix céleste, pour illustrer la princesse Elonwy et lui conférant une dimension romantique. Sa présence se fait sentir tout au long de la partition, sous différentes formes, notamment incarnée par une mélodie douce et délicate. Le compositeur est ainsi parvenu à créer un environnement unique pour le monde de Prydain, mêlant la noirceur, le désespoir, la peur, avec le merveilleux, l'héroïsme et la frivolité.

Tous les épisodes : 

BO Culte - Films d'Animation #1 : LE ROI ET L'OISEAU (Wojciech Kilar, 1980), mélancolie et allégresse du conte 

BO Culte - Films d'Animation #2 : BRISBY ET LE SECRET DE NIMH (Jerry Goldsmith, 1982), épique et terrifiant

BO Culte - Films d'Animation #3 : TARAM ET LE CHAUDRON MAGIQUE (Elmer Bernstein, 1985), noirceur et frivolité ajoutés au romantisme des Ondes Martenot

BO Culte - Films d'Animation #4 : BASIL DÉTECTIVE PRIVÉ (Henry Mancini, 1986), atmosphère sombre et ironique

BO Culte - Films d'Animation #5 : MON VOISIN TOTORO (Joe Hisaishi, 1988), mélodies limpides et richesse instrumentale

BO Culte - Films d'Animation #6 : AKIRA (Shoji Yamashiro, 1988), entre expérimentation et tradition

BO Culte - Films d'Animation #7 : LE PETIT DINOSAURE ET LA VALLÉE DES MERVEILLES (The Land Before Time - James Horner, 1988), une aventure complète

BO Culte - Films d'Animation #8 : ALADDIN (Alan Menken, 1992), un véritable feu d’artifice

BO Culte - Films d'Animation #9 : LE ROI LION (Hans Zimmer, 1994), une flûte soliste pour le lionceau Simba

BO Culte - Films d'Animation #10 : L'ETRANGE NOËL DE MR. JACK (Danny Elfman, 1994), une comédie musicale inventive sur tous les registres

BO Culte - Films d'Animation #11 : GHOST IN THE SHELL (Kenji Kawaï , 1995), méditation synthétique et vocale

BO Culte - Films d'Animation #12 : CHICKEN RUN (Harry Gregson-Williams et John Powell, 2000), dynamisme, héroïsme et humour 

BO Culte - Films d'Animation #13 : LES INDESTRUCTIBLES (Michael Giacchino, 2004), la renaissance d'une aspiration contenue

BO Culte - Films d'Animation #14 : AZUR & ASMAR (Gabriel Yared, 2006), un enchantement entre deux cultures

BO Culte - Films d'Animation #15 : VALSE AVEC BACHIR (Max Richter, 2008), la force émotionnelle du souvenir

BO Culte - Films d'Animation #16 : CORALINE (Bruno Coulais, 2009), inventivité débordante pour le cauchemar d'une petite fille

par Benoit Basirico - Publié le 13-06-2019

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