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Critiques BO

AKIRA (Shoji Yamashiro, 1988), entre expérimentation et tradition
#Akira #ShojiYamashiro

par Benoit Basirico - Publié le 15-06-2019
akira,@,yamashiro, - AKIRA (Shoji Yamashiro, 1988), entre expérimentation et tradition


B.O culte du cinéma d'animation des années 80 à 2000, avec celle de AKIRA (1988) de Katsuhiro Ôtomo.



Cet article figure dans ces dossiers :  

• Liste B.O : Focus sur 16 musiques conçues pour des films d'animation cultes

 



Le musicien japonais Shoji Yamashiro signe pour ce manga de Katsuhiro Ôtomo son unique musique pour le cinéma. Son collectif Geinoh Yamashirogumi qui participe pour l'interprétation a pu guider le style de la partition, très expérimentale, avec des influences ethniques marquées : on y entend des chants bouddhistes, des éléments de musique japonaise traditionnelle, des polyphonies pygmées, l'utilisation du gamelan (instrument sundanaise), de synthétiseurs new-age, et de percussions indonésiennes. Le compositeur n'a vu aucune image pour son inspiration, il a pu d'autant plus, sans être soumis à l'illustration, livrer une musique audacieuse et singulière. Puisqu'il est question dans le film d'expérimentations scientifiques, il est cohérent de trouver de véritables innovations musicales.  

L'histoire de ce manga de science-fiction se déroule dans le futur, mais la musique conserve un côté ancestral, non seulement par ses instruments traditionnels, mais aussi par l'aspect primitif de son écriture élaborant des rythmes tribaux enivrants. Le compositeur mélange ainsi l'expérimentation et la tradition, associant les synthétiseurs aux sonorités étranges et apaisées (imitant le souffle humain, avec des sonorités cristallines pour une couleur plus atmosphérique) à des rythmiques plus frénétiques retranscrivant une certaine brutalité (liée à l'affrontement entre motards). 

Sur la durée du film (2h10), la présence musicale est mesurée, parcimonieuse, mais parvient à se faire remarquer à chacune de ses apparitions, prolongeant l'expérience hypnotique, favorisant d'angoissantes hallucinations. Le chant polyphonique s'apparentant à des voix d'enfants nous berce autant qu'il nous terrifie. Et malgré le dosage musical, le film se termine par un final apocalyptique accueillant un requiem de 15 minutes associant les percussions japonaises à des choeurs humains et autres solistes.  




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par Benoit Basirico - Publié le 15-06-2019

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